04.12.2017 à 12:27

MalteJournaliste assassinée: dix arrestations

Une blogueuse anticorruption a été tuée mi-octobre après avoir révélé des pans sombres de la politique maltaise.

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Les appels à la démission du Premier ministre se sont multipliés à Malte. Il est reproché à Joseph Muscat d'avoir protégé son chef de cabinet dans l'enquête sur le meurtre de la journaliste Daphne Caruana. (Vendredi 29 novembre 2019)

Les appels à la démission du Premier ministre se sont multipliés à Malte. Il est reproché à Joseph Muscat d'avoir protégé son chef de cabinet dans l'enquête sur le meurtre de la journaliste Daphne Caruana. (Vendredi 29 novembre 2019)

Keystone
Joseph Muscat a nommé un juge à la retraite pour diriger une enquête sur la mort de la journaliste. (21 septembre 2019)

Joseph Muscat a nommé un juge à la retraite pour diriger une enquête sur la mort de la journaliste. (21 septembre 2019)

AFP
Malte enterre sa journaliste assassinée ce vendredi. Tous les drapeaux sont en berne partout dans l'île. (3 novembre 2017)

Malte enterre sa journaliste assassinée ce vendredi. Tous les drapeaux sont en berne partout dans l'île. (3 novembre 2017)

AFP

La police maltaise a arrêté dix suspects dans l'enquête sur l'assassinat le 16 octobre de la journaliste et blogueuse anti-corruption Daphne Caruana Galizia. Tous les suspects sont des Maltais et la plupart étaient déjà connus des services de police.

«J'ai été informé d'une opération de sécurité menée ce matin» dans le cadre de l'enquête sur la mort de M. Caruana Galizia, tuée par l'explosion d'une bombe sous sa voiture a indiqué le premier ministre maltais Joseph Muscat dans un communiqué. «Au cours de cette opération, huit personnes ont été arrêtées, soupçonnées d'être impliquées dans le meurtre», a-t-il ajouté. «Les huit personnes arrêtées sont toutes maltaises, parmi elles se trouvent des individus connus de la police».

Le Premier ministre a également indiqué que les suspects avaient été surveillés durant un certain temps avant leur arrestation. Un peu plus tard, Joseph Muscat a ajouté sur Twitter que deux autres personnes avaient été arrêtées et que des perquisitions étaient en cours.

Aide américaine et européenne

Les suspects ont été placés en garde à vue. La police a 48 heures pour décider de les déférer ou non en justice, auquel cas les forces de l'ordre se chargeront de fournir plus d'informations à la presse, a précisé Joseph Muscat.

Le Premier ministre a aussi rappelé que les enquêteurs maltais avaient bénéficié de l'aide du FBI américain, d'Europol et de la police finlandaise. «Je voudrais insister sur l'engagement de l'Etat et sur mon engagement personnel à faire en sorte que les éventuels commanditaires et les auteurs de ce crime soient jugés», a-t-il dit.

«Comme je l'ai dit dès que j'ai été informé de cet acte barbare, nous ne négligerons aucune piste jusqu'à ce que l'affaire soit résolue. J'y suis engagé plus que jamais», a assuré le Premier ministre. Le gouvernement maltais a promis un million d'euros de récompense pour faire avancer l'enquête.

«Wikileaks à elle toute seule»

Souvent qualifiée de «Wikileaks à elle toute seule», Mme Caruana Galizia, 53 ans, a été tuée dans l'explosion de sa voiture alors qu'elle circulait près du village de Bidnija, dans le nord de Malte.

Elle tenait un blog extrêmement populaire dans lequel elle dénonçait sans relâche des affaires de corruption impliquant des responsables politiques de l'île méditerranéenne. Elle s'en était prise avec virulence à Joseph Muscat, et plus récemment aussi au chef de l'opposition.

Après sa mort, ses fils ont réclamé la démission de Joseph Muscat, l'accusant de s'être entouré d'escrocs et d'avoir créé une culture d'impunité ayant transformé Malte en «île mafia».

Hypocrisie

Dans un communiqué publié la semaine dernière, la famille de Daphne Caruana Galizia a encore accusé d'hypocrisie Joseph Muscat et son ministre de la Justice. «Vous mentez quand vous dites que votre résolution à faire juger les coupables est maximale. Ce n'est pas le cas, elle est au niveau zéro», a-t-elle affirmé.

Dans le plus petit pays de l'Union européenne, les manifestations se sont d'ailleurs succédé ces dernières semaines pour exprimer la méfiance envers les responsables judiciaires et policiers, dont plusieurs avaient été visés par les attaques au vitriol de la blogueuse.

(AFP)

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