12.11.2020 à 13:00

FranceJugé pour avoir fait vitrioler son ex-femme

Le procès d’un Albanais de 52 ans, accusé d’avoir commandité il y a quatorze ans l’agression à l’acide sulfurique de son ex-femme en France, s’est ouvert jeudi devant la Cour d’assises de la Savoie.

Un homme est jugé en Savoie pour actes de torture ou de barbarie aggravés contre son ex-femme.

Un homme est jugé en Savoie pour actes de torture ou de barbarie aggravés contre son ex-femme.

AFP/photo d’illustration

De nationalité albanaise mais ayant longuement vécu en France depuis les années 1990, l’accusé comparaît pour complicité d’actes de torture ou de barbarie aggravés contre son ex-femme.

L’homme a demandé au début de l’audience, via son avocat, à être assisté par un interprète.

Le 14 septembre 2006, l’ex-femme de l’accusé avait été aspergée d’acide sulfurique par un individu ganté et encagoulé, devant chez elle, à Chambéry (Savoie), alors qu’elle rejoignait son véhicule, entourée de ses deux filles.

La victime avait été brûlée au deuxième et troisième degrés, au visage et au corps. Une incapacité temporaire de travail de trente jours lui avait initialement été prescrite.

En fuite en Albanie

Son ex-mari Nexhmédin D. avait été immédiatement soupçonné d’être le commanditaire de cette agression, alors qu’il avait divorcé de la victime en septembre 2004 et que leurs relations étaient tumultueuses. Il se trouvait au moment des faits en Albanie.

L’enquête avait révélé qu’il considérait son ex-épouse comme «une femme à abattre». En 2006, la victime avait déjà porté plainte à deux reprises contre lui pour sabotage de son véhicule et menaces de mort.

Un premier procès devant la Cour d’assises de la Savoie, en 2009, avait condamné l’auteur de l’agression à l’acide sulfurique à dix ans de réclusion criminelle. Celui qui lui avait servi de chauffeur avait été condamné pour complicité d’actes de torture et de barbarie aggravés à cinq ans d’emprisonnement dont six mois avec sursis et mise à l’épreuve.

A cette époque, Nexhmédin D. était, lui, toujours en fuite en Albanie, pour s’occuper de sa mère, a-t-il avancé jeudi devant la Cour d’assises. Il avait été condamné par défaut à vingt ans de réclusion criminelle, assortis d’une peine de sûreté aux deux tiers. Soit le maximum toujours encouru par l’accusé.

Alors qu’un mandat d’arrêt avait été délivré en septembre 2006, le quinquagénaire a finalement été interpellé en Italie en 2019. D’où la tenue de son procès quatorze ans après les faits.

(AFP/NXP)

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