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FRANCEJugée pour avoir fait croire que sa maison était hantée

Une Française qui avait fait croire que sa maison était hantée s'est retrouvée devant le tribunal pour «dénonciation mensongère».

Tous les ingrédients étaient réunis pour que les médias locaux se saisissent de l'affaire cet été.

Tous les ingrédients étaient réunis pour que les médias locaux se saisissent de l'affaire cet été.

Un «esprit frappeur» brisant des objets, un fer à repasser volant: une habitante de l'est de la France qui avait fait croire que sa maison était hantée s'est retrouvée ce mercredi 8 octobre devant le tribunal de Metz pour «dénonciation mensongère».

Un expert-psychiatre a conclu à l'irresponsabilité pénale de cette femme de 57 ans en invoquant une fragilité mentale mais le ministère public a requis mercredi une contre-expertise: le psychiatre ayant analysé Chantal Hachette n'est autre que son médecin traitant.

Le tribunal correctionnel de Metz dira le 12 novembre s'il autorise cette contre-expertise ou s'il renonce aux poursuites.

Ci-dessous, un reportage de TF1 sur le sujet, datant d'août 2014:

Un fer à repasser volant

L'accusée a rapporté que «l'esprit frappeur» s'était manifesté le 20 août dernier par un téléviseur renversé, vitres et assiettes brisées, un fer à repasser volant ou encore des statues renversées dans le jardin de sa maison d'un quartier pavillonnaire de la petite commune d'Amnéville.

En pleine torpeur estivale, avec des propriétaires paniqués, plusieurs pseudo-témoins et des policiers embarrassés, tous les ingrédients étaient réunis pour que les médias locaux se saisissent de l'affaire, attirant une foule de curieux, «chasseurs de fantômes» et autres «spécialistes» du paranormal.

Une intervention humaine selon la police

Mais trois semaines plus tard, l'enquête de police concluait à une intervention humaine. L'analyse d'une vidéo prise par un témoin avait notamment permis de voir dans un miroir le reflet de la propriétaire en train de lancer un objet.

Placée en garde à vue mi-septembre, Chantal Hachette reconnaissait avoir saccagé elle-même la maison durant une crise de nerfs, tandis que son mari était mis hors de cause.

«S'il y a un fantôme dans cette affaire, c'est le délit»

C'est lui qui avait porté plainte contre X pour dégradations volontaires. «Ce n'est même pas ma cliente qui a porté plainte. S'il y a un fantôme dans cette affaire, c'est le délit», a plaidé l'avocat de la prévenue, Me Thomas Hellenbrand.

Pour lui l'abandon des poursuites est une évidence: «Est-il normal que les policiers enquêtent quand on affirme qu'on a un poltergeist chez soi? Si les policiers ont voulu y croire, ils n'ont qu'à s'en prendre à eux-mêmes. Ils auraient dû se rendre compte bien plus tôt qu'il y avait un problème chez ma cliente».

Le regard vague, dos voûté et tremblante de peur, Chantal Hachette, présente à l'audience, a gardé le silence. Elle et son mari, retraité, sont «des gens très simples, quasi analphabètes» qui n'étaient pas capables de relire correctement leurs dépositions à la police, selon leur avocat, pointant également des vices de procédure.

(AFP)

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