Chronique: Julien Wanders: «Bien dans mon assiette»
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ChroniqueJulien Wanders: «Bien dans mon assiette»

Retrouvez la chronique que le coureur à pied genevois tient dans «Le Matin Dimanche».

par
Julien Wanders
Julien Wanders, photo prise à Bâle le 3 juin 2019.

Julien Wanders, photo prise à Bâle le 3 juin 2019.

Urs Lindt/freshfocus

Tous les matins, je me réveille à 4 h 30 (une heure plus tard maximum pour les journées easy). Je cours à jeun. Ma première séance d’entraînement dure entre une et trois heures. La seule chose que j’avale avant de partir de la maison, c’est un café. Il faut que je vous fasse une confession: j’ai ramené au Kenya une machine d’une célèbre marque suisse. Les capsules adaptées sont un bien rare à Iten, et je profite pour en remplir mes bagages à chaque fois que je rentre à Genève.

Puisqu’on est dans la confidence, je dois aussi vous avouer que le chocolat noir est mon péché mignon. Mes amis sont obligés de m’en apporter quand ils viennent me rendre visite. J’en trouve aussi dans une épicerie de la ville. Forcément, le prix est quadruplé et cela coûte vraiment cher comparé au coût de la vie locale. Mais je suis prêt à ce «sacrifice».

Le petit-déjeuner, c’est donc pour plus tard. Plusieurs études tentent de prouver que c’est bénéfique de courir le ventre vide. Le corps brûle les graisses plutôt que les sucres. Mais si je m’y suis mis, c’est surtout parce que tous les coureurs kenyans le font. Au réveil, la première chose que tu fais dans ta journée, c’est courir, t’entraîner. La course est la principale activité de ta journée. Tout tourne autour de ça. Vers 8 heures, on mange souvent ensemble avec les gars de mon groupe. On se retrouve au café tenu par ma copine. Tout le monde est souvent fatigué. On boit un «tchaï» (thé mi-eau, mi-lait) accompagné de la version kényane du chapati. Ensuite, pour le petit-déjeuner, je fais attention à manger des protéines avec des crêpes ou une omelette avec du bacon et un peu de fromage.

En sortant de table, j’essaie de me reposer un peu. Les séances matinales sont violentes. Ce n’est pas toujours possible de faire une sieste, parce que mon corps me fait mal. Tous les muscles me tirent. Pour midi, j’avale souvent un plat de lentilles. J’adore ça. Un jour sur deux, je mange aussi de la viande (souvent du poulet), sans sauce, avec du riz. Puis je repars pour la seconde séance d’entraînement du jour. Quand on a fini, le corps est souvent vidé. J’ai rapidement besoin de prendre de l’énergie. C’est pour ça que je bois facilement une boisson énergisante ou sucrée. Je suis parfois invité chez un coéquipier pour manger le porridge traditionnel des quatre-heures. Je ne sais pas comment ils le préparent, mais c’est bon.

J’essaie encore de fermer un peu l’œil avant le repas du soir qui est souvent le plus lourd de la journée. La base est composée d’ugali, galette locale à base de maïs. On la mange avec une sauce, des légumes et de la viande. Au début, je me lassais un peu de manger toujours la même chose. J’avais aussi des problèmes de digestion, parce que c’est très riche en fibres. Je me faisais encore des pâtes ou des plats suisses de temps en temps. Aujour­d’hui, c’est l’inverse. Je mange kényan même lorsque je suis en compétition.

On arrive déjà à la fin de cette chronique culinaire. Mon début d’année a été un peu perturbé par une inflammation à un tendon du pied. J’ai parfois dû me reposer, mais je suis désormais remis. D’ailleurs je dois vous laisser parce que je dois filer à l’entraînement. À bientôt.

Cette chronique est assurée en alternance par Julien Wanders, Théo Gmür, Alan Roura, Stefan Küng et Jolanda Neff.

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