30.09.2020 à 09:07

ChroniqueJulien Wanders: «Sur la piste, on ne peut pas mentir»

Retrouvez la chronique que le coureur à pied genevois tient dans «Le Matin Dimanche».

von
Julien Wanders
KEYSTONE

Je suis de retour au Kenya depuis le début du mois. Mon passage en Europe cet été ne s’est pas passé comme prévu et mes résultats n’ont pas été à la hauteur de mes attentes. Après le meeting de Monaco, j’ai encore pris une 10e place à Stockholm. Je m’attendais à faire mieux.

Il y a quelques années encore, j’aurais évacué cette frustration en me mettant des mines à l’entraînement. Heureusement, j’ai appris à gérer cela depuis, à prendre du recul pour analyser mes erreurs et les corriger. Je me suis donc remis au travail, sereinement. Une fois par semaine, tous les mardis, on prend la route pour rejoindre le stade d’Eldoret. À environ trente minutes d’Iten, où je réside. On loue un «matatu» avec la vingtaine de coureurs qui composent mon groupe d’entraînement. C’est un minibus public, à mi-chemin entre le taxi et le car, qui relie les différents villages de la région. Il n’y a pas d’horaire à proprement parler. Il part quand il est plein et chacun descend où il veut en chemin.

Nous avons toujours le même chauffeur. Il s’appelle Kandi. Cela fait quelques années qu’on travaille avec lui. Il nous suit aussi lors de nos longues sorties d’entraînement à Iten, nous donne de l’eau pour les ravitaillements et fait des vidéos. La virée nous coûte 3000 shillings kényans, soit environ 25 francs suisses. Le plus souvent, c’est moi qui paie pour le groupe. La plupart des athlètes qui s’entraînent avec moi sont des coureurs en devenir. Ils n’ont pas encore de temps de référence et n’ont pas les moyens pour assumer ce genre de dépenses.

À Eldoret, il suffit de donner un petit billet au gardien pour entrer dans le stade. J’aime m’entraîner sur piste. On ne peut pas mentir. C’est le meilleur moyen de sentir le tempo et de chronométrer nos temps de passage. En règle générale, on arrive sur place vers 6 h 15 pour l’échauffement. La séance dure souvent plus de deux heures.

Ces jours-ci, beaucoup de groupes y répètent leurs gammes. Parfois toute la piste est prise. Il doit y avoir 100, 150 coureurs en même temps. C’est impressionnant à voir. Le niveau y est très élevé. Eliud Kipchoge (ndlr: champion olympique en titre du marathon et premier homme à descendre sous les deux heures) est souvent là avec ses coéquipiers. Les meilleures marathoniennes du pays se préparent aussi pour la course de Londres, dimanche 4 octobre.

Pour moi, le prochain gros objectif sera les Championnats du monde de semi-marathon, prévus le 17 octobre à Gdynia, en Pologne. Il y aura du beau monde au départ. Les Ougandais seront très forts, dans la foulée de Jacob Kiplimo et de Joshua Cheptegei, qui vient de battre le record du monde sur 5000 mètres. Mon but sera de faire mieux que ma 8e place en 2018. On se retrouve début novembre pour en reparler.

Cette chronique est assurée en alternance par Julien Wanders, Théo Gmür, Alan Roura, Ana-Maria Crnogorcevic, Stefan Küng et Jolanda Neff.

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