Chronique - Julien Wanders: «Une semaine très chargée»
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ChroniqueJulien Wanders: «Une semaine très chargée»

Retrouvez la chronique que l’athlète genevois Julien Wanders a publiée dans la dernière édition du «Matin Dimanche»

par
Julien Wanders
Urs Lindt/Freshfocus

Hier à Morton, en France, j’ai tenté de battre le record d’Europe du 5 km sur route lors d’un événement organisé par mon nouveau sponsor, Asics. Malheureusement, je ne suis pas parvenu à approcher la marque détenue depuis février 2020 par le Français Jimmy Gressier, en 13’ 18”. Il faut dire que j’ai eu une infection pulmonaire il y a deux semaines et que j’ai laissé pas mal de force dans la bataille. Je voulais malgré tout tenter le coup, car j’avais retrouvé de bonnes sensations durant les derniers jours. Même si je savais que je n’étais pas en pleine possession de mes moyens, ça n’a pas suffi. Mon temps de 14’ 13” est loin de mes attentes, comme de mon record personnel sur la distance (13’ 29”), mais ça m’a quand même fait du bien de retrouver le rythme de la compétition ici en Europe.

Je dois avouer que le voyage depuis le Kenya, où je vis et m’entraîne, avait été plutôt éprouvant. Nous sommes partis mardi d’Itten, avec deux collègues d’entraînement, pour rejoindre Nairobi en voiture. On a fait six heures de route, le plus souvent sur des pistes, juste pour arriver à l’aéroport. Ensuite nous avons encore attendu l’avion durant cinq heures avant d’embarquer pour huit heures de vol jusqu’à Amsterdam. Là, on a raté la connexion pour Paris. Lorsque nous sommes enfin arrivés en France, on a encore dû faire quatre heures de voiture jusqu’à Morton. En gros vingt-quatre heures de voyage non-stop, au cours duquel j’ai malgré tout pu dormir un peu.

Dès qu’on est arrivés sur place, on a tout de suite fait un footing pour se dégourdir les jambes. Ensuite, il a fallu enchaîner les shootings. C’était assez chargé: en deux jours, on a fait quatre séances, le plus souvent à l’extérieur pour profiter de belles lumières. C’était la première fois que je travaillais avec cette nouvelle équipe, et ça s’est très bien passé. Ça fait partie du travail d’athlète professionnel, il faut se prêter au jeu et enchaîner les différentes situations, de la course, bien sûr, et aussi des escaliers ou encore des étirements.

Entre deux, on s’est bien sûr également entraînés, tout en essayant d’aménager quelques plages de repos. Jeudi après-midi, pour la première fois de la semaine, j’ai pu souffler un peu pour récupérer. Je sais que ce n’était pas une préparation idéale mais, là encore, c’est de l’expérience qui rentre. À chaque fois, j’apprends à mieux connaître mon corps et à mieux l’écouter, pour savoir ce que je peux lui demander.

Au final, je suis quand même un peu déçu, car je pense que ce record d’Europe était dans mes cordes. Avec mon coach, on travaillait dessus depuis plusieurs semaines, d’entente avec mon sponsor. Ce n’est pas une distance habituelle pour moi sur la route mais, comme la saison sur piste approche, je crois que c’était une bonne décision de m’y frotter, parce que la transition vers les stades sera plus naturelle grâce au bagage emmagasiné. La saison ne fait que commencer et j’ai confiance dans le processus engagé.

Cette chronique est assurée en alternance par Alan Roura, Stefan Küng, Théo Gmür et Julien Wanders.

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