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BruxellesJuncker veut faciliter l'immigration pour éviter les drames

La Commission européenne doit présenter le 13 mai une stratégie globale pour les migrations.

Jean-Claude Juncker: «Nous devons travailler sur l'immigration légale. Si nous fermons les portes, les migrants entreront par effraction par les fenêtres.»

Jean-Claude Juncker: «Nous devons travailler sur l'immigration légale. Si nous fermons les portes, les migrants entreront par effraction par les fenêtres.»

Keystone

Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a demandé ce mercredi 29 avril aux pays de l'Union européenne de faciliter l'immigration légale pour éviter les drames en Méditerranée. Il s'est attiré l'hostilité du Parti populaire européen (PPE, droite), sa famille politique, au Parlement européen.

«Nous devons travailler sur l'immigration légale. Si nous fermons les portes, les migrants entreront par effraction par les fenêtres», a-t-il averti lors d'un débat au Parlement européen sur les résultats d'un sommet européen extraordinaire la semaine dernière, qu'il a jugé «insuffisants».

La Commission européenne doit présenter le 13 mai une stratégie globale pour les migrations. Elle va faire des propositions pour faciliter une immigration économique légale dans l'UE et réclamer des quotas obligatoires d'accueil des réfugiés pour tous les Etats membres.

Opposition des droites européennes

Le président du groupe PPE, Manfred Weber, s'est opposé à Jean-Claude Juncker. «Quiconque affirme qu'il faut ouvrir les portes du marché du travail de l'UE à l'immigration légale se leurre», a-t-il soutenu. «Un jeune sur cinq n'a pas de travail sur notre continent». Le PPE a bloqué toute référence à l'immigration légale dans le projet de résolution du Parlement européen consulté par l'AFP.

La proposition de Jean-Claude Juncker a également été rejetée par le groupe ECR dirigé par les conservateurs britanniques, par les europhobes britanniques de l'Ukip et par les partis d'extrême-droite.

«Ce sera une catastrophe si le message que nous lançons est que toute personne qui vient sera acceptée (...) Je suis désolé, mais nous ne pouvons pas les accueillir. 77% de nos concitoyens disent non à cela», a lancé Nigel Farage, le patron de l'Ukip.

«Nous ne pouvons pas fermer la porte à tout le monde, mais nous ne pouvons pas accueillir tout le monde, tous ceux qui veulent arriver», a renchéri le Britannique, Syed Salah Kamall, chef de file du groupe ECR. «Vous voulez la migration, c'est votre projet. Mais avez-vous demandé au peuple, aux Nations, ce qu'ils en pensent ?», a pour sa part lancé Marine Le Pen.

Déclarations «populistes et méprisables»

L'élue libérale néerlandaise Sophie In't Veldt a déploré «l'utilisation des tragédies en Méditerranée à des fins populistes et xénophobes». «L'UE a besoin d'une politique migratoire car sa population décline. Nigel Farage, vos déclarations sont populistes et méprisables», a-t-elle accusé.

Favorable à l'ouverture de voies d'immigration légales, l'eurodéputée verte allemande Ska Keller a pour sa part interpellé le PPE. «Vous devriez écouter plus souvent Jean-Claude Juncker. Il a été votre candidat et il est votre président», a-t-elle lancé.

(ats)

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