Actualisé 05.06.2017 à 07:08

Jupe et bermuda interdits pour les écoliers

Italie

Malgré la chaleur étouffante, les élèves d’une école de Vénétie sont priés d’éviter les tenues trop légères sous peine d’un zéro de conduite.

par
Ariel F. Dumont
S’ils veulent éviter d’être sanctionnés, les élèves de l’école Itis Silvio de Pretto ont intérêt à renoncer à porter des bermudas pour venir en classe. (Photo d'illustration)

S’ils veulent éviter d’être sanctionnés, les élèves de l’école Itis Silvio de Pretto ont intérêt à renoncer à porter des bermudas pour venir en classe. (Photo d'illustration)

Stocklib

À Schio (Vénétie), la proviseure de l’école Itis Silvio de Pretto ne badine pas avec le code de l’habillement: bermudas interdits pour les garçons, jupes laissant entrevoir un bout de genou proscrites pour les filles. Et tant pis si la chaleur est étouffante comme se plaignent les élèves qui pestent contre la sévérité de Madame la directrice. Car pour briser la désobéissance des contestataires qui constituent la quasi-totalité des adolescents inscrits dans son école, la proviseure brandit la menace du zéro de conduite.

Direction inébranlable

À deux semaines seulement des examens de fin d’année, cela pourrait avoir des conséquences très fâcheuses: dans le système italien, les élèves risquent d’être recalés avec une telle note. «Il ne s’agit pas d’entraver la liberté des élèves mais tout simplement de faire respecter le bon ton et les règles. Ici nous ne sommes pas au marché mais dans un environnement disciplinaire», détaille Barbara Scapin, le bras droit de la proviseure qui préfère rester en retrait et envoyer ses troupes pour défendre sa politique rigoureuse.

Les élèves, eux, ont bien sûr une tout autre interprétation de la situation. Certains ont tenté de braver la proviseure en arrivant en bermuda version élégante tandis que des jeunes filles tentaient la carte de la jupe évasée, mais au-dessus du genou. Des provocations inacceptables pour l’école qui a installé un système de contrôle.

Cette intransigeance a eu le don d’exaspérer les élèves qui ont haussé le ton de la protestation en empoignant la Déclaration universelle des droits de l’homme et la Convention internationale des droits de l’enfant. Selon les défenseurs du bermuda et de la jupe, la directive de la proviseure ne respecte pas des droits élémentaires reconnus par les Nations Unies. Et elle met leur santé en danger en cas de températures caniculaires. Mais leurs objections ont été balayées par la direction de l’école qui refuse de revenir sur sa décision.

Parents soucieux

Dans la petite ville de Schio, située près de Vicence, la bataille qui fait rage entre les élèves et la proviseure amuse la population. Selon la presse locale, les discussions vont bon train dans les bars. En revanche, du côté des familles des enfants, on ne trouve pas cela très drôle. Car pour briser le mouvement de protestation, la direction a déjà infligé quelques avertissements, une mesure qui précède le zéro de conduite. De quoi inquiéter les parents qui n’ont aucune envie de voir leur progéniture redoubler pour une question de bermuda ou de jupe.

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