01.11.2018 à 06:46

VotationJura ou Berne: Moutier retient son souffle

La préfecture validera ou invalidera lundi prochain le scrutin favorable au transfert de la cité bernoise dans le canton du Jura. Quel que soit le verdict, il sera contesté.

par
Vincent Donzé
Le 18 juin 2017, le oui l’avait emporté à 51,7%.

Le 18 juin 2017, le oui l’avait emporté à 51,7%.

Le Matin

Moutier retient sa respiration: dans cinq jours, la préfète du Jura bernois Stéphanie Niederhauser s’exprimera sur la validité du scrutin du 18 juin 2017 favorable pour 137 voix au rattachement de la cité bernoise au canton du Jura. Le oui l’avait emporté à 51,7% (2067 oui contre 1930 non). Taux de participation: 89,72%.

Le résultat de ce vote historique a été validé par les observateurs de l'Office fédéral de la justice (OFJ), dépêchés dans cette cité charnière du conflit jurassien. Problème: douze recours ont été formulés. Seize mois après le scrutin, il en reste sept, traités conjointement par la préfecture.

Seize mois

Seize mois d’attente, c’est long. La tension est à son comble. «Le Quotidien Jurassien» a sondé les deux camps. Côté pro-bernois, «tout cela a pris beaucoup de temps. Nous restons confiants à quelques jours du verdict, même si nous n’avons évidemment aucune certitude», réagit Patrick Roethlisberger, porte-parole de Moutier-Prévôté.

«Côté jurassien, le porte-parole de Moutier Ville jurassienne «appréhende «la grosse crise politique qui s’annonce» en cas d’annulation du scrutin: «Nous repartirions pour des dizaines d’années de lutte, ce que personne ne veut», déclare ce militant.

Tribunal fédéral

Quelle que soit la décision qui sera rendue lundi, elle sera contestée par un camp ou un autre auprès du Tribunal administration bernois, du Tribunal fédéral, voire de la Cour européenne des Droits de l’Homme.

Lundi prochain, la préfecture rendra une seule décision englobant tous les recours. Théoriquement, le scrutin pourra être invalidé même si des recours sont rejetés ou admis.

Chaque électeur

Les sept recours encore pendants contestent un courrier des autorités envoyé à des parents d’élèves, un envoi du maire à ses collègues enseignants et un éditorial qu’il a publié dans le journal «moutier.ch». Un recourant regrette que l’identité de chaque électeur n’ait pas été contrôlée devant les urnes.

Un recours suspecte un citoyen d’avoir rempli plusieurs bulletins et la régularité du vote par correspondance est contestée. Les opposants s’attaquent aussi au registre des électeurs en relayant des rumeurs de votes achetés, une accusation de manipulation rejetée au plan pénal.

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