Attaque – Jura: un agneau réduit en squelette
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AttaqueJura: un agneau réduit en squelette

Un agriculteur possédait huit moutons. Après le passage d’un loup ou d’un chien, il ne lui en reste que cinq, dont deux blessés.

par
Vincent Donzé
Le squelette d’un agneau découvert le 27 septembre dernier.

Le squelette d’un agneau découvert le 27 septembre dernier.

DR

Agriculteur à Soubey, au bord du Doubs, Denis Thiévent avait huit moutons dans un champ. Il n’en possède plus que cinq, dont deux blessés, la faute à un loup ou à un chien qui en a fait déguerpir deux et qui a croqué un agneau.

«Un squelette nettoyé en moins de 48 heures, je n’avais jamais vu ça», témoigne cet agriculteur. Denis Thiévent n’a pas de smartphone, c’est son frère qui a photographié le squelette de l’agneau, le 27 septembre dernier.

Un squelette proprement nettoyé, avec sa peau déposée à côté, comme si elle avait été retroussée, déculottée comme un lapin. «On n’a pas retrouvé les boucles des oreilles», précise le paysan jurassien. «Ce n’est pas le loup ou le chien qui a tout mangé: il a été suivi par un renard, un lynx ou des oiseaux», estime l’éleveur. Une buse et un corbeau ont été aperçus volant sur la dépouille.

Brebis effrayées

Denis Thiévent a gardé l’espoir de retrouver les deux brebis qui ont disparu pendant l’attaque survenue entre le 25 et le 26 septembre. Peine perdue. Son attention se porte sur les deux blessées: celle qui a un abcès sous le ventre et celle victime d’une paralysie qui fait trembler ses pattes.

Celles qui ont échappé à l’attaque sont épouvantées: l’autre jour, au passage d’un chien de chasse qui les a dédaignées, elles se sont précipitées à l’écurie. «Il y a de gros dégâts pour un petit butin», déplore l’agriculteur de Soubey.

Peau examinée

La peau a été examinée par le Service jurassien de la faune. «Cela ne fait nul doute que le loup a passé la frontière et déjà traversé le territoire cantonal», a indiqué au «Quotidien Jurassien» l’inspecteur cantonal de la faune, Amaury Boillat.

La présence du loup n’a jamais été formellement attestée. Le squelette de Soubey n’a pas fourni d’éléments déterminants, mais une attaque commise à St-Ursanne a fourni des traces ADN prélevées sur deux carcasses fraîches. Elles sont en cours d’analyse à l’Université de Lausanne.

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