Chronique: Juste (encore) un verre avec Jack White
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ChroniqueJuste (encore) un verre avec Jack White

Ce mardi au Stravinski, c’est la soirée du natif de Detroit. Huit ans après sa venue avec The Dead Weather et quatre mois après la sortie de «Boarding House Reach», on n’en pouvait plus d’attendre. Pourquoi? Parce qu’on l’aime.

par
Caroline Piccinin
Ce mardi, Jack White jouera des titres de «Boarding House Reach» et aussi les classiques de ses différents groupes.

Ce mardi, Jack White jouera des titres de «Boarding House Reach» et aussi les classiques de ses différents groupes.

DAVID JAMES SWANSON

Aujourd’hui, Jack White a 42 ans et 1 jour. Oui, à l’heure où j’écris ces lignes, c’est son anniversaire. Le 9 juillet donc, et ce papier est écrit à la première personne parce que Jack White est mon deuxième dieu du rock, juste derrière Robert Plant. Alors, «happy + 1, Mister Jack» et merci aussi. Merci pour ces 19 ans depuis «The White Stripes» et depuis lesquels le rock a ce petit quelque chose en plus à mes oreilles. Ce son reconnaissable entre mille. Ce truc un peu embourbé du goudron dont j’aime tant l’odeur quand le soleil d’été le réchauffe.

En cette période de tourments sportifs (ou de Coupe du monde de foot), même ceux qui ignorent qui est Jack White ont déjà fredonné «Seven Nation Army» sorti en 2003 sur le mastodonte «Elephant». Un bijou musical pour les uns qui a muté en hymne populaire pour les autres.

Jamais rassasié

Oui, Jack White est un héros. Un guitare héros, un héros insatiable qui, deux ans avant son «succès interplanétaire», fondait son label Third Man Records, car le succès de son duo avec Meg – son ex – le poussa à fonder sa propre structure pour gérer les droits de sa musique et pour pouvoir manufacturer ses vinyles comme il l’entend. Jack White est en effet un control freak. Un de ces instinctifs au cerveau si prolifique que lorsque l’ombre de la rupture plane sur les Stripes, Jack fonde The Raconteurs (avec Brendan Benson, Jack Lawrence et Patrick Keeler) puis, peu après, The Dead Weathers (avec Alison Mosshart, Dean Fertita et encore Jack Lawrence), deux «power groupes» dans lesquels il peut encore exprimer son talent, à la voix, à la guitare ou à la batterie.

Malheureusement pas présente en 2008 pour le concert de The Raconteurs, celui des Dead Weathers en 2010 me laissera un souvenir de transe (et un acouphène). Un moment 100% rock’n’roll dans une ambiance moite et jubilatoire. Une ambiance que je craignais de ne plus retrouver, une peur vite évaporée comme la fumée d’une cigarette quand le maestro offrait au monde «Blunderbuss», son premier album solo, en 2012. J’ai «shaké», j’ai aimé sans interruption, mais stupeur: Jack n’est pas programmé au Montreux. Ni en 2014 quand «Lazaretto», deuxième excellente galette solo du Third Man, est sortie. J’ai grimpé dans des bagnoles et des avions pour aller l’écouter ailleurs. Toujours avec bonheur, toujours avec ce goût de fureur de l’an 2000, ici au bord du lac.

Un concept, une annonce et amen

Mars 2018. Jack White lance son troisième album, «Boarding House Reach». Une bombe conceptuelle. Un mois plus tard, Mathieu Jaton lance la sienne de bombe: «Jack White est à l’affiche de la 52e édition du Montreux Jazz Festival.» Merci pour le cadeau. Jubilation. Enfin, c’est le moment de retrouver Jack, et c’est au Stravinski que celui qui voulait devenir prêtre viendra prêcher ses concepts, ses distorsions rauques, sa divine créativité et sa fureur que j’aime tant.

Amateurs de rock, de foot, nostalgiques, athées, croyants, curieux, jeunes et vieux, ce soir venez communier remplis d’amour avec et pour Jack White. Venez sentir la grâce du rock sur vous. J’en prendrai un peu pour moi, car ce sera juste un (de mes derniers) verre(s) en ces terres montreusiennes.

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