SKI ALPIN: Justin Murisier a vaincu le virus, le voilà de retour
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SKI ALPINJustin Murisier a vaincu le virus, le voilà de retour

Après dix jours de quarantaine, le Valaisan est prêt à en découdre ce week-end à Santa-Caterina. Aura-t-il les jambes pour ces deux géants, longs et éprouvants?

par
Christian Maillard
Justin Murisier retrouve petit à petit toutes ses sensations.

Justin Murisier retrouve petit à petit toutes ses sensations.

KEYSTONE

«Mal au cou, des courbatures, perte d’odorat et plus de goût du tout»: tout a commencé ainsi, aux alentours du 20 novembre, pour Justin Murisier, contraint, tout comme ses coéquipiers Marco Odermatt et Loïc Meillard - eux aussi positifs au Covid-19 -, de se mettre en quarantaine.

Après dix jours d’inactivité, les voilà de retour sur le Cirque blanc, où ils disputeront samedi et dimanche deux géants à Santa-Caterina. Onzième le 18 octobre à Sölden, le Bagnard a pris le chemin pour l’Italie avec des ambitions, tout comme ses deux compères de Hergiswil et de Hérémence, qui s’étaient classés respectivement aux deuxième et cinquième places sur le glacier autrichien.

‹‹Quand j’ai repris le sport après ma quarantaine, j’avais l’impression d’avoir 102 ans!››

Justin Murisier, après avoir guéri du coronavirus

Justin Murisier, comment avez-vous vécu cette quarantaine?

À part des maux dans les os durant les trois à quatre premiers jours, je ne peux pas trop me plaindre, car les symptômes du Covid ont vite disparu. Cela dit, lorsque j’ai repris le sport après un peu plus d’une semaine de quarantaine, j’avais l’impression d’avoir 102 ans! Or, dès que j’ai retrouvé Florian Lorimier, mon préparateur physique à Neuchâtel, c’est très vite revenu. Je dirai que j’ai pu m'entraîner normalement et retrouver une bonne forme une douzaine de jours après l’apparition de ces symptômes.

Avez-vous retrouvé toute votre tonicité sur les skis, celle que vous aviez à Sölden avant de vous hisser à un prometteur 11e rang?

Je dois avouer que le premier jour où j’ai remis mes lattes, c’était comme si je ne m’étais pas entraîné tout l’été. Mais là également, c’est très vite revenu. Franchement, je me sens bien. Entre mardi, jour de mon premier jour de ski, et mercredi, j’ai déjà senti une grande différence. Je skie déjà mieux avec une bonne énergie. J’ai encore les jambes lourdes au départ et un peu de difficulté à me propulser quand je pousse sur mes skis, mais j’espère bien que d’ici samedi et la course, avec l’adrénaline, ça va reprendre le dessus. De toute manière, on sait que ce coronavirus, ce n’est pas l’idéal. Mais heureusement que le ski n’est pas uniquement un sport basé sur la performance physique, on peut compenser ce manque avec le toucher de neige et le feeling…

Ce géant de Santa-Caterina est-il aussi long et exigeant que celui de Sölden?

Il est long et physique, oui, mais ce n’est pas un géant très engagé comme à Sölden, Adelboden ou Alta Badia. C’est relativement plat au départ, puis cela descend ensuite régulièrement. Mais ce n’est pas vraiment une piste difficile. Il n’y a pas comme à Sölden un mur à contrôler. Il faut toutefois beaucoup d’actions pour être rapide. On verra bien.

Vous y allez avec quelles ambitions, celle de confirmer ce bon 11e rang de Sölden ou de faire encore mieux?

A Sölden, se classer 11e, c’était top et une bonne base pour la suite. Maintenant, vous connaissez mon caractère, je ne peux pas me contenter d’une 11e place. Cela dit, pour ma première course avec ma nouvelle marque de skis (ndlr: Head), j’étais très content de ce résultat d’autant que je m’élance toujours avec des numéros de dossard très élevés. Je ne suis pas encore en mesure de viser un 5e rang. J’aimerais bien, mais je dois remonter gentiment, et actuellement je serais déjà ravi de terminer dans le top 15 ou le top 10.

‹‹Mon but serait de courir aussi en super G en Coupe du monde, car à l'entraînement, je suis rapide dans cette discipline››

Justin Murisier, 11e en géant à Sölden

N’allez-vous disputer que des géants cette saison, ou ajouter d’autres courses à votre programme, comme le super-G ou la descente?

Cette année, ce sera très spécial. Car j'imagine qu’il y aura énormément de cas Covid avec des skieurs qui ne pourront pas s’engager dans toutes les épreuves. A vrai dire, mon but serait de courir aussi en super-G en Coupe du monde, car à l'entraînement, je suis rapide dans cette discipline. Avec mon nouveau matériel, je suis autant performant sur le plat que dans des tracés plus tournants. Mais pour l’instant, avec la Suisse, on n’a que huit places disponibles, et elles sont toutes prises. Je vais tenter ma chance en Coupe d’Europe et qui sait? –, en fonction de mes résultats ou d’un cas de Covid dans l’équipe, on fera peut-être appel à moi.

Il ne vous reste plus qu’à réussir un top 15 en géant et vous serez qualifié pour les Mondiaux de Cortina. Est-ce que vous y pensez déjà?

Sincèrement, bien sûr que j’y pense, car on a tous envie d’y aller, aux Mondiaux. Pour l’instant, mon but est de vraiment intégrer le top 15 en Coupe du monde et de me battre à la régulière devant avec les autres, pas seulement les Mondiaux. Ce serait toutefois la cerise sur le gâteau. Je ne suis pas encore comme Pinturault, qui est toujours tout devant et qui a forcément fait de ces championnats du monde son principal objectif. Moi, pour l’instant, je me focalise surtout sur ma saison en Coupe du monde...

Justin Murisier est prêt à retrouver son sourire «masqué» ce week-end à Santa-Caterina.

Justin Murisier est prêt à retrouver son sourire «masqué» ce week-end à Santa-Caterina.

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