Ski alpin – Justin Murisier, un point et des frissons sur le Lauberhorn

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Ski alpinJustin Murisier, un point et des frissons sur le Lauberhorn

Le skieur valaisan a découvert la descente mythique de Wengen ce week-end. Entre petite frayeur, premier point dans la discipline et souffle coupé, immersion au cœur de sa première.

par
Sylvain Bolt
(Wengen)
Justin Murisier a été au contact des meilleurs descendeurs sur le haut du Lauberhorn samedi.

Justin Murisier a été au contact des meilleurs descendeurs sur le haut du Lauberhorn samedi.

REUTERS

Il faut d’abord préciser que Justin Murisier s’élançait pour la troisième fois de sa carrière en descente vendredi. Sur un Lauberhorn certes amputé de ses trente premières secondes, le Valaisan a marqué son premier point en Coupe du monde (30e) à Wengen.

«C’est un petit point, ce n’est pas grand-chose, mais sincèrement ça prouve que je ne suis pas là pour faire de la figuration, a-t-il expliqué. C’est tout autre chose que le géant. En descente, tu dois y aller à fond, mais quand même aussi skier avec la tête, et ça m’a manqué un peu. J’ai encore trop envie d’y aller trop direct.»

Cela lui avait procuré quelques frayeurs lors de l’entraînement de mercredi. À la sortie du Kernen-S, le skieur de Bruson est arrivé un poil trop direct.

«C’est un rêve pour tout descendeur de dévaler le Lauberhorn. J’ai toujours voulu faire de la vitesse mais je ne savais pas si j’en avais les capacités»

Justin Murisier, qui a découvert le Lauberhorn en mode descente

«J’ai changé très vite de direction et il y avait le filet intérieur que j’ai passé comme une porte, mais rien de bien grave, a souri le géantiste. Un peu de peinture s’est décollée, mais je n’ai pas eu besoin de changer de casque.»

La trentième place du Valaisan lui a permis d’être aligné sur le «vrai» Lauberhorn samedi. Un rêve s’est réalisé pour le géantiste, qui a subi de nombreuses blessures au genou, 28 ans après la victoire de son cousin William Besse sur la même piste.

«C’est le Graal pour tout descendeur de dévaler le Lauberhorn. J’ai toujours voulu faire de la vitesse, mais je ne savais pas si j’en avais les capacités, a-t-il expliqué. C’est bien joli d’aimer l’adrénaline, mais il faut aussi avoir les qualités pour réussir en descente. Tout le monde ne peut pas descendre comme Feuz ou Odermatt.»

Manque d’oxygène dans les jambes

On a retrouvé le skieur de Bruson à bout de souffle dans l’aire d’arrivée du Lauberhorn samedi, après avoir bouclé la plus longue descente de Coupe du monde, avec 45 secondes supplémentaires qui ont mis à mal les organismes après deux épreuves de vitesse (super-G vendredi et descente samedi).



«Je suis rassuré, j’ai discuté avec les purs descendeurs et ils sont tous cuits, a-t-il rigolé. C’est difficile de mettre des mots sur cette douleur. Tu commences à la sentir sur le chemin avant le Brückli-S. Au Hanegg-Schuss, tu te dis que ça va être long! Et la «force G» que tu ramasses, ça te coupe le souffle! Du coup, impossible de ramener de loxygène dans les jambes.»

«Mon cœur voudrait aller à Kitzbühel, mais je dois être raisonnable»

Justin Murisier, 30e et 31e pour ses premières descentes sur le Lauberhorn ce week-end

Avec une 31e place et en étant privé d’un deuxième point pour un centième, le 6e mondial géantiste mondial a surtout voulu retenir son début de tracé.

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«J’étais au contact des meilleurs sur les longues courbes du haut du Lauberhorn, ce qui est un semi-exploit parce que ce sont des parties de glisse, s’est-il réjoui. Après, je suis un peu déçu d’avoir raté la partie technique qui aurait dû mieux me convenir.»

Au moment de quitter l’Oberland bernois, Justin Murisier avait une petite pensée vers l’Autriche. «Mon cœur voudrait aller à Kitzbühel, mais je dois être raisonnable, me reposer et faire du slalom avant les Jeux olympiques»», a souligné le Suisse, qui sera probablement aussi aligné en combiné à Pékin.

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