23.09.2015 à 12:36

Burkina FasoKafando, le président de la transition, reprend la main

Après le coup d'Etat survenu jeudi dernier, la situation prend le chemin d'un retour à la normale, sans pour autant qu'on puisse parler de sortie de crise.

Michel Kafando s'est exprimé mercredi devant la presse.

Michel Kafando s'est exprimé mercredi devant la presse.

AFP

Le président de la transition au Burkina Faso, Michel Kafando, a été officiellement rétabli mercredi à la tête du pays une semaine après avoir été renversé par un putsch. Les élections prévues en octobre seront elle reportées de quelques semaines.

«Depuis ma prise de fonctions, je n'ai eu cesse de prôner le dialogue entre les forces vives de la nation et d'aller aux élections, qui demeurent l'objectif primordial», a déclaré M. Kafando, lors d'une cérémonie en présence de chefs d'Etat de la région à Ouagadougou.

«Nous restons déterminés à poursuivre cette exaltante mission que les Burkinabè nous ont confiée, celle de mettre en place des institutions crédibles et fiables pour le Burkina nouveau que nous sommes décidés à bâtir dans la démocratie vraie et la justice», a-t-il également poursuivi.

«La réaction de notre jeunesse, la réprobation générale de la communauté internationale, la condamnation unanime de ce coup d'Etat confortent notre certitude que nous sommes sur la bonne voie et que notre cause est juste, advienne que pourra», a-t-il conclu sous les applaudissements.

Premier ministre aussi rétabli

Les présidents du Bénin Thomas Boni Yayi, du Ghana John Dramani Mahama, du Niger Mahamadou Issoufou, ainsi que le vice-président nigérian Yemi Osinbajo assistaient à la cérémonie. Et le Premier ministre Isaac Zida, le gouvernement, le président de l'assemblée intérimaire Chérif Sy ont également été rétablis dans leurs fonctions et étaient présents.

«Cette cérémonie symbolise la poursuite de la transition vers une élection libre et apaisée. (...) Le rôle de la CÉDÉAO ne peut être que de soutenir et accompagner les efforts des Burkinabè dans la poursuite de la transition civile», a de son côté souligné le président Boni Yayi, l'un des médiateurs de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (CÉDÉAO). Quelques heures plus tôt, les putschistes et les forces loyales au gouvernement de transition avaient signé un accord d'apaisement censé éviter des affrontements.

Accord avec Diendéré

M. Kafando avait été renversé le 17 septembre par un coup d'Etat mené par le Régiment de sécurité présidentielle (RSP), unité d'élite de l'armée burkinabè et garde prétorienne de l'ancien président Blaise Compaoré. Les putschistes avaient déclaré suspendre toutes les institutions du régime de transition.

Le putsch avait porté un brusque coup d'arrêt à l'organisation d'élections générales prévues en octobre, censées clore la période de transition ouverte par la chute de l'ex-président, chassé par un soulèvement populaire en octobre 2014. Pour justifier leur coup de force, la garde présidentielle réclamait notamment que les anciens partisans de M. Compaoré puissent participer aux élections dont ils avaient été exclus par la transition.

Mardi soir, le chef des putschistes et ancien bras droit de Blaise Compaoré, le général Gilbert Diendéré, avait dit à l'AFP que M. Kafando serait «remis en selle» mercredi.

Militaires putschistes évoqués

M. Zida a évoqué mercredi un report de «plusieurs semaines» des élections initialement prévues le 11 octobre. Il a jugé «inimaginable» de «conserver en l'état» l'unité des putschistes, le RSP.

Lundi soir, un soldat du RSP avait été tué et un autre blessé lors d'une attaque en périphérie d'Ouagadougou, selon le général Diendéré, qui avait rejeté tout accrochage avec les troupes loyalistes. Outre cette victime, les violences qui ont accompagné le coup d'Etat ont fait au moins 10 tués.

En octobre 2014, le soulèvement populaire, provoqué par la volonté de Blaise Compaoré de modifier la Constitution pour se maintenir au pouvoir, avait contraint celui-ci à fuir. Il avait mis fin à un règne de 27 ans sur ce pays de 17 millions d'habitants.

(AFP)

Votre opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!