Interview - Kate Winslet: «Si je devais exercer ce métier je serais la pire des détectives»
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InterviewKate Winslet: «Si je devais exercer ce métier je serais la pire des détectives»

Double actualité pour l’actrice: elle est sur grand écran dans «Ammonite» et sera sur le petit écran dans la série «Mare of Easttown» sur la RTS dès le 24 mai.

par
Henry Arnaud, Hollywood
Dans «Mare of Easttown» joue une détective d’une petite ville de Pennsylvanie qui enquête sur un meurtre. À voir dès le lundi 24 mai à 23 h 05.

Dans «Mare of Easttown» joue une détective d’une petite ville de Pennsylvanie qui enquête sur un meurtre. À voir dès le lundi 24 mai à 23 h 05.

Alors qu’elle célèbre ses trente ans de carrière devant la caméra, Kate Winslet, 45 ans, a décidé de revenir à la télévision où elle a fait ses débuts en 1991, bien avant son succès mondial dans «Titanic». L’actrice nous parle de la mini-série «Mare of Easttown». Elle y incarne Mare, une détective qui enquête sur des meurtres et disparitions dans sa petite ville natale d’Easttown, proche de Philadelphie.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de tourner «Mare of Easttown»?

Brad Ingelsby, le créateur et auteur, m’a envoyé le scénario. J’ai été fascinée par l’histoire de cette femme flic qui s’implique totalement dans sa petite ville dont elle connaît tous les habitants mais qui est incapable de gérer sa vie privée. Ce qui m’a surtout plu, c’est que Mare Sheehan est totalement différente de moi. J’étais terrorisée à l’idée de l’incarner. J’adore me faire peur et je cherche toujours un nouveau défi, donc j’ai dit oui. (Rires.)

Comment vous êtes-vous préparée pour ce rôle?

Même si je n’ai rien en commun avec Mare, je comprends son monde. Son sens des responsabilités et son appartenance à une communauté font qu’elle fait passer les autres avant elle. C’est un beau projet pour la télévision.

Qu’est-ce qui vous attire à la télé davantage qu’au cinéma?

Le luxe de pouvoir raconter une histoire en sept heures. Tout le monde n’est pas James Cameron qui peut faire un film de quatre heures! (Rires.) Au cinéma, les rôles secondaires ne sont souvent que des faire-valoir du héros car il faut tout raconter en moins de deux heures. Sur le petit écran, une mini-série offre la chance de développer des personnages en détail. Même si je suis la détective qui donne son nom à «Mare of Easttown», cette série est un vrai travail d’équipe avec des acteurs de grand talent comme Julianne Nicholson, Jean Smart et Guy Pearce. Avoir 7 épisodes permet de développer chaque rôle de manière satisfaisante.

Est-ce que vous pourriez faire une bonne détective dans la vie?

Moi détective? Jamais! Je serais la pire des détectives si je devais exercer ce métier. (Rires.) Je n’ai pas la force mentale qui est nécessaire pour ce job. Si je dois trouver un point commun avec Mare, le seul qui me semble évident est le sens de la famille. Elle est capable d’admettre ses erreurs qu’elle essaye désespérément de réparer car Mare veut tout faire pour aider ses proches. Je me reconnais dans cela.

Avez-vous regardé des séries policières pour vous inspirer?

Surtout pas. J’ai suivi une détective sur le terrain. Nous étions dans des véhicules banalisés à rouler dans ces quartiers. Cette femme, Christine, m’a corrigée plusieurs fois durant le tournage en me disant: «Les détectives ne font pas les choses comme ça. C’est ce qu’ils font dans les séries.» (Rires.) Un exemple: les menottes. J’étais obsédée par l’idée de bien les accrocher. Christine m’a dit que même les meilleurs policiers n’arrivent pas toujours à placer les menottes sur quelqu’un du premier coup. Au lieu de fictions TV, j’ai visionné des vidéos de faits réels sur YouTube sur la crise des opioïdes aux États-Unis.

La relation mère-fille ou entre femmes est souvent présente dans vos projets récents, aussi bien dans «Mare of Easttown» que dans vos derniers films comme «Ammonite», actuellement au cinéma. Pourquoi?

J’ai toujours pensé que les relations entre femmes d’une même famille étaient capitales dans l’existence. Que cela soit des mères, des grands-mères, des filles et même entre sœurs. Nous avons toutes besoin de soutien. Ma fille a 20 ans et je suis tout aussi impliquée dans sa vie aujourd’hui que je l’étais lorsqu’elle était bébé. C’est un privilège mais aussi un engagement de tous les jours pour vivre en harmonie avec ses enfants quand ils grandissent. Je ne sais pas ce que je serais devenue sans l’amour et les conseils de ma mère. Elle est décédée en 2017 mais je pense à elle chaque jour. Voilà pourquoi c’est un aspect que j’aime mettre en avant dans mes films.

Pour finir, que pouvez-vous nous dire sur «Avatar 2» puisque vous serez à l’affiche de cette suite tant attendue?

Sur le film, vous ne saurez rien! (Rires.) C’est un bonheur de retrouver James Cameron autant d’années après «Titanic». J’ai battu le record de Tom Cruise sous l’eau car j’ai réussi à retenir ma respiration 7 minutes et 14 secondes dans les réservoirs utilisés pour filmer les scènes sous-marines. Pour mon rôle, j’ai passé des journées avec des ailes à marcher au fond de l’eau comme si j’étais un poisson… ou une sirène. (Rires.) C’était magique! La plongée en apnée m’a fait découvrir une technique de relaxation qui m’aide au quotidien. Si je suis stressée, je plonge ma tête dans une baignoire et je retiens ma respiration. Cela me rend zen.

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