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InterviewKeanu Reeves: «Je n'ai pas encore trouvé le grand amour»

Il fait son grand retour dans un film d'arts martiaux pour lequel il a dû apprendre le japonais. L'éternel héros de la trilogie «Matrix» n'a rien perdu de sa fougue.

par
Henry Arnaud
Passadena
Dans «47 Ronin» qui a coûté 175 millions de dollars, Keanu Reeves est le seul samouraï d'origine caucasienne.

Dans «47 Ronin» qui a coûté 175 millions de dollars, Keanu Reeves est le seul samouraï d'origine caucasienne.

Entre 2007 et 2009, l'acteur faisait presque partie du décor lausannois pour des raisons familiales: sa sœur Kim, souffrant d'une leucémie, est restée longtemps hospitalisée dans la région. Keanu Reeves s'est ensuite replongé dans le travail, que ce soit en Chine pour réaliser son premier film, «Man of Tai Chi», ou à Budapest pour la production de «47 Ronin», bientôt sur les écrans. «Cela fait près de deux ans que je n'ai pas fait cet exercice, je suis frais comme un gardon», dit-il avant de commencer l'interview.

A votre avis, quelle est la chose la plus fausse qui a été dite sur vous?

Que je suis un garçon triste et dépressif, alors que je suis au contraire plutôt jovial et j'adore rigoler.

Vous avez eu votre lot de drames, en perdant l'enfant que portait votre compagne, Jennifer Syrne, puis elle est décédée dans un accident de voiture en 1999.

Présentez-moi une personne qui n'a jamais eu de soucis dans sa vie, cela n'existe pas. Oui, j'ai connu des épreuves, mais je n'ai pas eu le sentiment de porter le poids du monde sur mes épaules. Je vis dans le présent, pas dans le passé.

Vous semblez pourtant attiré par les personnages tristes comme celui de «47 Ronin», qui sortira le 2 avril…

C'est vrai. Il y a une certaine tristesse dans mon personnage, Kai, et j'admire la grâce dont il fait preuve face aux samouraïs qui l'ont renié. Kai n'a aucun désir de vengeance.

Votre personnage a été inventé pour ce film?

Au Japon, «47 Ronin» est un conte que les parents racontent à leurs enfants depuis des générations. Il est aussi enseigné dans les écoles. Cela fait partie de la manière d'enseigner la loyauté et le sacrifice. Il y a eu de multiples versions à la télé comme au cinéma, mais c'est la première fois qu'une grande adaptation moderne veut faire découvrir cette épopée au monde entier. C'est pour cela que l'intrigue a été modifiée en partie pour incorporer Kai. «47 Ronin» est aussi important au Japon que les westerns le sont pour l'Amérique.

Quels souvenirs gardez-vous de votre entraînement pour les scènes de combat?

Eprouvant! C'est dans ces moments-là que je commence à sentir le poids des années. (Rires.) J'ai pas mal galéré avec l'apprentissage du maniement du sabre à deux mains, un mouvement qui donne une certaine élégance. J'ai appris chaque chorégraphie au fur et à mesure du tournage.

Quels ont été les autres challenges?

De tourner chaque séquence en anglais puis en japonais. J'aurais certainement été plus rapide si l'on m'avait demandé de tourner un film en français car j'ai au moins quelques bases, même si je suis loin de m'exprimer couramment.

Que savez-vous dire en français?

J'arrive à choisir mes plats sur une carte au restaurant, demander mon chemin dans la rue et je connais aussi des gros mots. Mais pour le reste, c'est plus difficile.

Vous allez fêter vos 50 ans le 2 septembre. Quel regard portez-vous sur votre carrière?

J'ai eu la chance de décrocher des films intéressants depuis mes débuts, et cela s'est encore accentué ces dix dernières années. On me propose des rôles fabuleux et différents depuis le succès de «Matrix». Cela s'explique par le facteur chance, les millions de dollars qu'a rapportés la trilogie et peut-être aussi grâce à mes compétences… Je pense que je m'améliore avec les années. je regarde arriver la cinquantaine avec sérénité.

Pensez-vous parfois à ce qu'aurait pu être votre vie si vous n'aviez pas quitté le Canada pour Hollywood?

Entre 6 et 20 ans, j'ai grandi au Canada. Ado, ma seule passion était de jouer au hockey, comme des millions de jeunes. Je m'entraînais énormément et je rêvais de faire partie de l'équipe nationale canadienne aux Jeux olympiques. C'était avant de découvrir la comédie à 15 ans. Je me suis inscrit pour prendre des cours d'arts dramatiques et j'ai commencé à faire du théâtre dans une troupe locale. Ma première pièce a changé toute ma vie.

Vous avez tourné plusieurs fois avec Sandra Bullock. Est-elle votre partenaire favorite?

Disons que je trouve que nous formons un beau couple, mais seulement au cinéma. Dans l'âge d'or de Hollywood, j'apprécie des couples mythiques comme Katharine Hepburn et Spencer Tracy. Et cela n'a rien à voir avec leurs vies privées. Je trouve sympa l'idée de retrouver des duos au fil des décennies. J'adorerais retrouver Sandra pour un prochain film.

Est-ce que vous croyez à l'amour éternel?

Je suis le mauvais mec pour dire ça et ce n'est pas à moi qu'il faut poser une question sur l'amour éternel car s'il existe, je ne l'ai pas encore trouvé. Mais je crois qu'il existe une personne idéale pour chacun d'entre nous et que toute notre vie s'arrange si l'on a la chance de trouver cette perle rare. Lorsque vous trouvez l'amour avec un grand A, votre vie devient une succession de moments parfaits.

Que pensez-vous de l'adaptation de l'un de vos plus grands succès, «Point Break», en parodie au théâtre? Cela fait d'ailleurs beaucoup rire aux Etats-Unis.

J'adore! Le côté drôle au second degré de «Point Break» ne m'a jamais échappé. Patrick Swayze et moi étions tout à fait au courant que certaines scènes se prêteraient bien à la parodie. De la même manière, le côté «érotique» de nos deux rôles de surfeurs était aussi une évidence. Kathryn Bigelow, qui a réalisé ce film, voulait tout pousser à l'extrême, que cela soit dans l'action, la rivalité ou l'amitié entre les deux personnages.  

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