Publié

KenyaKenyatta remporte la présidentielle contestée

Le président sortant du Kenya a remporté avec plus de 98% des voix l'élection du 26 octobre, boycottée par l'opposition.

1 / 77
Le président kényan Uhuru Kenyatta a été investi mardi. (Mardi 28 novembre 2017)

Le président kényan Uhuru Kenyatta a été investi mardi. (Mardi 28 novembre 2017)

AFP
Il a été élu pour un second et dernier mandat à la tête de son pays après saga électorale, marquée notamment par l'invalidation en justice de la présidentielle du 8 août. (Mardi 28 novembre 2017)

Il a été élu pour un second et dernier mandat à la tête de son pays après saga électorale, marquée notamment par l'invalidation en justice de la présidentielle du 8 août. (Mardi 28 novembre 2017)

Réélu à la présidentielle d'octobre, boycottée par l'opposition, Uhuru Kenyatta a prêté serment sous les vivats des 60'000 personnes rassemblées dans un stade du nord-est de la capitale Nairobi. (Mardi 28 novembre 2017)

Réélu à la présidentielle d'octobre, boycottée par l'opposition, Uhuru Kenyatta a prêté serment sous les vivats des 60'000 personnes rassemblées dans un stade du nord-est de la capitale Nairobi. (Mardi 28 novembre 2017)

AFP

Uhuru Kenyatta, 56 ans, a remporté 98,26% des voix au scrutin présidentiel, boycotté par son principal opposant, Raila Odinga, a annoncé lundi le président de la Commission électorale (IEBC).

Le président de la Commission électorale (IEBC), Wafula Chebukati, a annoncé que M. Kenyatta avait recueilli 7,483 millions de voix, soit 98,26% des voix contre 73'228 à M. Odinga, qui a réuni sur son nom 0,96% des votes. Son appel au boycott semble donc avoir été largement respecté par ses partisans. «Ce n'est rien de plus qu'une nouvelle confirmation de (la) volonté» du peuple, a affirmé de son côté M. Kenyatta.

La participation, élément crucial de ce scrutin, ne s'élève cependant qu'à 38,8% de l'ensemble des électeurs inscrits, en très forte baisse par rapport au scrutin du 8 août (79%) annulé par la Cour suprême pour «irrégularités». Le taux de participation du 26 octobre est le plus faible enregistré depuis le retour du multipartisme en 1992.

Election tronquée

La victoire de M. Kenyatta pourrait faire l'objet de recours en justice. Elle fait aussi craindre de nouvelles violences dans les bastions de l'opposition et soulève déjà dans les médias locaux la question de la légitimité du président au terme d'une élection tronquée.

L'IEBC a en effet annoncé les résultats de la présidentielle sur la base des 266 circonscriptions où le vote a pu avoir lieu jeudi. Elle a considéré que le résultat global sur l'ensemble du pays ne pouvait être remis en cause, même si le scrutin devait finalement être organisé dans l'Ouest. Elle ne s'est pas prononcée lundi sur ce dernier point.

L'écrasante majorité des bureaux de vote de quatre comtés de l'Ouest (Homa Bay, Kisumu, Migori et Siaya) - sur les 47 que compte le pays - n'avaient pas ouvert leurs portes jeudi, en raison d'une situation chaotique et de graves troubles sécuritaires dans ces bastions de l'opposition. Ainsi, le vote n'avait pu avoir lieu dans 25 circonscriptions (sur 291 au total), représentant environ 9% du corps électoral.

Kényans épuisés

La Commission avait tenté d'organiser à nouveau le scrutin samedi dans ces circonscriptions, avant d'y renoncer in extremis. Elle avait estimé que la sécurité de son personnel n'y était pas garantie.

Cette crise politique, la pire depuis dix ans dans ce pays d'Afrique de l'Est, a déjà durement affecté l'économie la plus dynamique de la région. Elle a épuisé les Kényans, qui aspirent pour beaucoup d'entre eux à reprendre une vie normale.

L'élection de jeudi avait été organisée après l'invalidation, historique sur le continent, de la réélection le 8 août de M. Kenyatta avec plus de 54% des voix. La Cour suprême avait relevé des irrégularités dans le processus de transmission des résultats.

Violences meurtrières

M. Odinga, 72 ans et trois fois candidat malheureux à la présidence (1997, 2007, 2013), avait fait pression pour obtenir une réforme de la Commission électorale avant la tenue de ce nouveau scrutin. Mais l'opposition a jugé insuffisants les changements récemment mis en oeuvre et appelé au boycott de la nouvelle élection.

Plongé dans l'incertitude, le Kenya a aussi connu ces derniers jours des violences meurtrières: au moins neuf personnes ont été tuées par balle depuis jeudi dans les places fortes de l'opposition, les bidonvilles de la capitale Nairobi et l'ouest du pays. Et au moins 49 sont mortes depuis l'élection du 8 août, pour la plupart dans la répression brutale des manifestations par la police.

Pas de nouvelle élection

M. Odinga a annoncé la semaine dernière le lancement d'une campagne de «désobéissance civile». Il doit encore en préciser les modalités, afin de contraindre le pouvoir en place à accepter l'organisation d'une nouvelle élection dans les 90 jours. Mais le vice-président, William Ruto, a une nouvelle fois rejeté toute idée d'organiser un nouveau scrutin. «Il n'y aura pas d'élection dans 90 jours, il n'y aura pas de discussion sur des questions relatives aux élections», a-t-il martelé dimanche.

(afp/ats)

Votre opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!