Nucléaire iranien: Kerry: «on ne se précipitera pas vers un accord»

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Nucléaire iranienKerry: «on ne se précipitera pas vers un accord»

John Kerry se dit prêt, si nécessaire à «mettre fin» aux négociations sur le nucléaire iranien.

Le secrétaire d'état américain John Kerry.

Le secrétaire d'état américain John Kerry.

Keystone

Les Etats-Unis, comme Téhéran, ne veulent pas se «précipiter» pour un accord sur le nucléaire iranien. Les négociations internationales vont se poursuivre encore, le secrétaire d'Etat américain John Kerry prévenant toutefois jeudi qu'il ne resterait pas indéfiniment à la table des négociations.

«Vu que les travaux sont extrêmement techniques et les enjeux très, très élevés, on ne se précipitera pas et on ne se laissera pas précipiter vers un accord», a déclaré M. Kerry à la presse devant le palais Coburg à Vienne, où se déroulent les négociations.

A Vienne «aussi longtemps que nécessaire»

Presque au même moment, son homologue iranien Mohammad Javad Zarif twittait : «nous travaillons dur, mais sans précipitation. On ne change de pas de cheval au milieu du gué».

«Combien de temps allez vous rester à Vienne ?» ont hurlé, un peu plus tard, les journalistes à Mohammad Javad Zarif, apparu au balcon du palace. «Aussi longtemps que nécessaire», a répondu ce dernier.

Mais dans ce ping-pong verbal soigneusement orchestré, John Kerry avait tenu à préciser dans son allocution que les Etats-Unis ne resteraient pas «à la table de négociations pour toujours». «Si les décisions difficiles ne sont pas prises, nous sommes tout à fait préparés à mettre fin au processus», a-t-il ajouté, mettant la pression dans cette phase finale des négociations.

Avant 06h00 heure suisse

Si le texte d'un accord n'est pas soumis au Congrès américain ce vendredi 10 juillet à 06 heures, heure suisse), cela retardera d'au moins deux mois, vacances parlementaires obligent, sa mise en application.

En outre, vendredi à minuit, le cadre légal des négociations offert par l'accord-cadre conclu en novembre 2013 entre les grandes puissances et l'Iran, expire. Les mesures prévues par cet accord-cadre, qui instaure un gel de certaines activités nucléaires iraniennes en échange d'une levée partielle de sanctions, ont déjà été renouvelées pour une semaine puis pour trois jours depuis le début de la négociation de Vienne, le 27 juin dernier.

Toutefois, «nous ne devrions pas nous lever et partir parce que l'horloge sonne minuit», a souligné John Kerry, laissant entendre que les négociations n'étaient soumises à aucune échéance précise.

Si des décisions importantes ne sont pas prises dans les heures qui viennent, l'Iran et les grandes puissances impliquées dans les négociations ne pourront pas s'entendre, a averti pour sa part Federica Mogherini, cheffe de la diplomatie européenne.

Choix les plus difficiles

Treize jours après la reprise formelle à Vienne des discussions entre les grandes puissances et l'Iran, l'accord se dérobe toujours en dépit des progrès accomplis, que toutes les délégations s'accordent à reconnaître.

La communauté internationale veut placer le programme nucléaire iranien sous étroit contrôle, afin de s'assurer que Téhéran ne cherche pas à se doter de la bombe atomique, en échange d'une levée de sanctions imposées depuis une décennie.

Les négociateurs ont un texte sur la table. Mais les choix les plus difficiles restent à faire. Les pourparlers vont donc se poursuivre dans la nuit de jeudi à vendredi entre les chefs de la diplomatie.

La Russie remerciée pour son soutien

Seuls manquent à l'appel le Russe Sergueï Lavrov et le Chinois Wang Yi, tous deux présents à Oufa, en Russie, pour le sommet des pays émergents des Brics. Sommet auquel participe également le président iranien Hassan Rouhani. Ce dernier, lors d'une conférence de presse avec Vladimir Poutine, a remercié Moscou «de ses efforts pour faire avancer la négociation».

Moscou a notamment apporté un soutien de poids aux demandes iraniennes en souhaitant la levée «dès que possible» de l'embargo sur les ventes d'armes à l'Iran, un des points de crispation de la négociation.

Téhéran réclame en effet la levée des restrictions sur les armes et sur son programme balistique. Il s'agit d'une des mesures figurant parmi la série de sanctions adoptées depuis 2006 par le Conseil de sécurité de l'Onu, mais l'Iran argue que cet embargo n'a rien à voir avec le dossier nucléaire.

Les Occidentaux, tout en convenant que chaque pays a droit à avoir un programme militaire conventionnel, jugent toutefois qu'une levée de l'embargo sur les armes maintenant ne pourrait pas passer politiquement, en raison du contexte régional.

(AFP)

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