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L'interview indiscrèteKev Adams: «Petit, j'avais peur des vampires»

Aux derniers Césars, il s'est offert un «selfie» sur scène avec Cécile de France. Pour ce jeune célibataire, la fille idéale serait Adèle Exarchopoulos, «en version suisse».

par
Catherine Hurschler
Francois BERTHIER/W9

«Je suis un grand fan des films américains. Rencontrer Tarantino aux Césars, c'était incroyable». Samedi dernier, alors que son film «Fiston» est projeté en avant-première à Genève, Kev Adams nous montre sur son téléphone portable ses photos souvenirs prises le soir précédent, lors de la cérémonie française. Du haut de ses 22 ans, il vient de faire salle comble au Théâtre du Léman avec son spectacle «Voilà voilà». Il sera de retour à l'Arena de Genève le 16 décembre 2014.

Kev Adams, qui êtes-vous?

Je suis un jeune comédien humoriste, qui débarque dans le métier, qui joue dans la série «Soda» et qui a aussi deux one man show à son actif.

Votre tout premier souvenir?

Quand j'étais enfant, mes grands-parents avaient un appartement sur la Côte d'Azur, à Juan-Les-Pins. J'y ai passé beaucoup de temps avec eux. Je me rappelle de la mer, de leur terrasse. J'essaie d'y retourner le plus régulièrement possible.

Etiez-vous un enfant sage?

Plutôt sage, oui, Oh, j'aimais bien faire quelques bêtises mais rien de bien grave.

Enfant, de quoi aviez-vous peur?

J'ai toujours eu un peu peur des vampires. J'ai toujours eu l'impression que cela pouvait exister. Quand j'étais petit, dans mon lit, je leur disais: «Les vampires, si vous êtes là, ben moi, je suis avec vous. Je ne veux pas d'embrouilles, ok?».

Dans l'enfance, quel fut votre plus grand choc?

La mort de mon grand-père. J'avais 13 ans et il y a eu clairement un avant et un après. Cet événement m'a fait grandir d'un coup. Mon grand-père était un exemple pour moi.

Votre mère vous dit-elle «Je t'aime»?

Oui, tout le temps. Moi aussi, c'est quelque chose que je lui dis, ainsi qu'à mon père et à mes frères. Quand les gens qu'on aime partent trop vite, parfois on regrette de ne pas leur avoir dit certaines choses. Et puis j'ai la chance d'être dans une famille dans laquelle on s'aime tous vraiment, on est tous fiers des uns des autres.

Comment avez-vous gagné votre premier argent?

Je faisais des scènes ouvertes à Paris, qui sont des petites scènes où l'on peut faire 3 minutes de sketch. On n'est pas payé, mis à part une pizza. Pour y aller et en revenir, j'avais super peur de prendre le métro. Je sais, ça fait un peu idiot de le dire mais bon. Les scènes ouvertes, c'était tard, le plus souvent entre 22h et minuit. Je sortais donc de l'école à 18h. A 18h30 j'étais chez un gamin à qui je donnais des cours de soutien jusqu'à 20h30. A la fin, je recevais mon argent de poche et je m'en servais pour payer le taxi aller et retour. Cela a duré deux ans.

Que vouliez-vous devenir?

C'est assez dingue, parce que j'ai toujours rêvé d'être comédien et cela fait bizarre d'y être arrivé. Souvent, les histoires des acteurs, c'est «J'ai accompagné un pote à un casting et puis d'un coup, c'est tombé sur moi». Moi, je n'ai accompagné personne. Que moi. Depuis le début, je veux que ça le fasse. Je me bats pour exister dans ce milieu. Si cela n'avait pas marché, je pense que j'aurais fait du droit.

L'amour pour la première fois. C'était quand et avec qui?

C'était une fille dont j'étais fou amoureux et cela a été catastrophique. J'avais environ 17 ans.

Pour vous, c'est quoi, le vrai bonheur?

Le vrai bonheur, c'est de faire caca la porte ouverte. (Il éclate de rire.)

Quelle est la plus belle de vos qualités?

(Il réfléchit) Mais est-ce que j'arrive déjà à citer une de mes qualités? Je suis un ami fidèle. Mes amis proches savent que je ne les laisserai jamais tomber.

Avez-vous déjà volé?

Non, je n'ai pas été élevé comme ça.

Si vous aviez le permis de tuer quelqu'un, qui serait-ce?

Un dictateur ou une de ces personnes qui ne pensent qu'à faire la guerre. C'est quelque chose que je ne comprends pas. Quelle est la bonne raison d'envoyer des gamins au combat? Cela fait un peu «Miss France» de dire ça mais oui, c'est vrai, ça m'énerve.

Avez-vous payé pour l'amour?

Non.

Avez-vous déjà menti à la personne qui partage votre vie?

Je n'ai personne en ce moment.

Avec qui aimeriez-vous passer une agréable soirée?

Avec pleins de filles.

Qui trouvez-vous sexy?

Aux Césars, j'ai vu Scarlett Johnansson mais non, ce n'est pas elle que je citerais. Attendez. je réfléchis. Ah oui, une de mes copines. Elle est très belle: Malika Ménard, ancienne Miss France.

Pour qui était votre dernier baiser?

Pour ma mère.

Pourquoi avez-vous pleuré la dernière fois?

Je m'en rappelle très bien. C'était le premier jour du tournage de «Fiston». J'étais dans la voiture qui m'emmenait sur le plateau. Je me suis mis à pleurer, mais c'était de joie. Petit, j'ai eu peur de ne jamais faire de films et tout cela s'est bel et bien produit. Il y a eu un truc qui m'a bouleversé à ce moment-là.

De quoi souffrez-vous?

Ma famille me manque beaucoup. Je les vois très peu.

Avez-vous déjà frôlé la mort?

Non, je ne crois pas. Oh, vers l'âge de 15 ans, je me rappelle d'avoir failli me noyer une fois, en vacances au Maroc avec des amis. On a nagé un peu trop loin et les vagues ont commencé à nous engloutir. Des sauveteurs à peine plus âgés que nous sont venus nous chercher.

Croyez-vous en Dieu?

Oui. je crois en Dieu. J'ai une grande foi. C'est une colonne vertébrale, cela permet de ne pas oublier certaines valeurs. Surtout dans un métier où tout peut s'arrêter du jour au lendemain.

Quel est votre péché mignon?

Le chocolat. Evidemment, le chocolat suisse parce que c'est le meilleur. En étant à Genève, difficile de parler du chocolat français, non?

Trois objets culturels (livres, CD ou DVD) que vous emmenez sur une île déserte?

Je prends un CD de Corneille, parce que j'adore ce chanteur. Je prends un film de DiCaprio et je prends une «meuf» (Rires).

Combien gagnez-vous par an?

Les sous, je m'y intéresse peu car je ne veux pas que mes choix soient influencés par l'argent. C'est ma mère qui gère les entrées et les sorties d'argent. Je sais que je gagne bien ma vie mais contrairement à ce que l'on pense, je suis loin d'être millionnaire. A part ça, je préfère ne pas savoir combien je gagne parce le jour où je le saurais, bizarrement cela va me donner un objectif. Je devrais faire en sorte de ne surtout pas gagner moins.

Vous êtes-vous offert quelque chose de spécial pour vous récompenser de votre succès?

Pour moi non, mais j'ai offert une Mini Cooper neuve à ma mère.

Pensez-vous que vous gagnez assez par rapport au travail que vous fournissez?

Oui. Il n'y a pas de honte à le dire, les gens le savent que l'on est très bien payé dans ce métier.

Qui sont vos vrais amis?

Ils s'appellent Ben, Dylan, Marvin. Ce sont mes potes de toujours. Pour les Césars par exemple, j'ai répété devant eux mon discours.

Que souhaitez-vous à vos pires ennemis?

Je n'en ai pas.

Qui aimeriez-vous voir répondre à ce questionnaire?

Adèle Exarchopoulos. Je la trouve super mignonne et pleine de talent.

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