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HypothèseKhodorkovski pourrait s'installer en Suisse

Mikhaïl Khodorkovski, grâcié après dix ans de prison et en exil en Allemagne pourrait venir s'installer en Suisse, selon le conseiller national Andreas Gross.

Mikhaïl Khodorkovski en conférence de presse à Berlin après sa libération.

Mikhaïl Khodorkovski en conférence de presse à Berlin après sa libération.

Keystone

C'est Andreas Gross qui le dit: Mikhaïl Khodorkovski, actuellement en exil en Allemagne, pourrait venir s'installer en Suisse.

L'ex-magnat du pétrole russe a rendu hommage au parlementaire dimanche devant la presse.

Mikhaïl Khodorkovski «doit peut-être sa libération à la Suisse» et le fait qu'il se souvienne de cette visite en prison «sont des indications qu'il va venir en Suisse», a déclaré le socialiste zurichois sur les ondes de la RTS lundi.

«Je suis extrêmement reconnaissant du fait qu'un parlementaire suisse (...) m'a rendu visite en prison», a déclaré Mikhaïl Khodorkovski à Berlin lors de sa première conférence de presse depuis sa libération. «Il a parlé à l'administration pénitentiaire, il a mentionné mes conditions de détention et a œuvré pour empêcher qu'elles ne s'aggravent», a-t-il souligné.

A un journaliste qui lui demandait s'il allait rester en Allemagne, il a répondu: «On m'a donné un visa d'un an, donc j'ai un an devant moi». Son épouse Inna vit en Suisse.

Gel de fonds levé par le TF

Andreas Gross a également rappelé que si l'ancien homme d'affaires possède encore de l'argent, «de quoi lui permettre de ne plus travailler jusqu'à la fin de sa vie», c'est grâce à une décision du Tribunal fédéral (TF) de lever le séquestre de ses avoirs en Suisse en juin 2004.

Dans le cadre d'une demande d'entraide judiciaire de la Russie, le Ministère public de la Confédération (MPC) avait fait bloquer la même année 6,2 milliards de francs dans cinq banques, un record en Suisse. Ces fonds figuraient sur les comptes de 20 actionnaires de Ioukos.

La mesure a toutefois été contestée par les parties visées. Le TF a jugé que la procédure avait violé le principe de proportionnalité et levé le séquestre.

Soupçon d'instrumentalisation

La demande d'entraide de la Russie a même été catégoriquement refusée par le TF en 2007. Les juges de Mon Repos ont estimé que «tous les éléments du dossier corroborent clairement le soupçon selon lequel la procédure pénale ouverte à Moscou serait instrumentalisée par le pouvoir en place».

L'affaire Ioukos, que de nombreux observateurs ont présentée comme une tentative du président Vladimir Poutine de museler Mikhaïl Khodorkovski en raison de ses ambitions politiques, s'était ainsi soldée par un désaveu complet du MPC.

(ats)

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