Diplomatie: Kiev accuse Moscou de fomenter des troubles

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DiplomatieKiev accuse Moscou de fomenter des troubles

Les tensions autour de la Crimée inquiète la communauté internationale. La Russie a déployé des systèmes antimissiles sur la péninsule.

Sébastopol en Crimée célébrait le jour de la Marine, le 31 juillet dernier.

Sébastopol en Crimée célébrait le jour de la Marine, le 31 juillet dernier.

Archives, Reuters

L'Ukraine a accusé vendredi la Russie de fomenter des troubles sur son territoire. La communauté internationale s'inquiète de la tension entre les deux voisins, ravivée autour de la Crimée, péninsule ukrainienne annexée par Moscou en 2014.

«L'ennemi prévoit des provocations de masse le long de la ligne de front dans l'Est de l'Ukraine, qui seront suivies d'accusations selon lesquelles la partie ukrainienne ne respecte pas les accords de Minsk», a déclaré l'antenne spécialisée dans le renseignement du ministère de la Défense ukrainien, sur sa page Facebook.

Défense russe

La Russie a annoncé vendredi avoir déployé des systèmes de défense antiaérienne et antimissile dernier cri S-400 en Crimée. Un régiment russe basé en Crimée a «reçu le système de défense antiaérienne "Triumph"», a indiqué un communiqué militaire cité par les agences de presse russes.

Le Premier ministre Dmitri Medvedev a estimé que les actions, présumées, de Kiev étaient un «crime contre la Russie et le peuple russe», selon les agences de presse. Il a ajouté que le président Vladimir Poutine pourrait rompre les liens diplomatiques avec l'Ukraine s'il n'y avait pas d'autres «moyens d'influer sur la situation».

Face à ce regain de tension, les Etats-Unis se sont déclarés «extrêmement inquiets» et ont appelé les deux camps à éviter toute «escalade».

Troupes en alerte

L'Ukraine a placé ses troupes en état d'alerte rouge le long de la ligne de démarcation avec la Crimée et dans l'Est du pays, après que la Russie a affirmé avoir déjoué des «attentats» fomentés selon elle par Kiev dans la péninsule annexée en 2014 à l'issue d'un référendum jugé illégal par les Occidentaux.

Les services de renseignements russes accusent Kiev d'avoir organisé plusieurs incursions de «saboteurs-terroristes» qui se sont soldées par des affrontements armés et ont coûté la vie, selon Moscou, à un agent du FSB (ex-KGB) et à un militaire russe.

Vers un affrontement militaire

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault a également souligné jeudi «l'importance pour l'Ukraine et la Russie de résoudre, par le dialogue, les récentes tensions au sujet de la situation en Crimée».

C'est «un nouveau pas vers la sortie de la logique du processus politique et un pas vers la logique d'un affrontement militaire», avait déclaré pour sa part jeudi le représentant spécial du gouvernement allemand pour la Russie Gernort Erler. «Tout cela est très alarmant», avait-il ajouté.

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov avait lui appelé les Occidentaux à mettre en garde Kiev «contre des mesures dangereuses qui pourraient avoir les conséquences les plus négatives», selon son ministère.

Autre version

L'Ukraine dément fermement les accusations russes. Au cours d'une séance à huis clos du Conseil de sécurité de l'ONU, elle a demandé à la Russie de fournir des preuves pour étayer ses accusations, également mises en doute par les Etats-Unis et l'OTAN.

Vendredi, le secrétaire du Conseil de sécurité nationale ukrainien, Olexandre Tourtchinov, a exposé une toute autre version des faits, affirmant que Moscou cherchait à «couvrir» des fusillades au sein des forces russes «qui traditionnellement abusent de l'alcool».

(ats)

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