Politique - Kirghizistan: un référendum étend les pouvoirs du président
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PolitiqueKirghizistan: un référendum étend les pouvoirs du président

La révision constitutionnelle approuvée dimanche avec 79% des voix rapprochera le régime politique kirghiz de ceux d’États autoritaires ou de la Russie.

Le président du Kirghizistan, Sadyr Japarov, s’est vu accorder dimanche plus de pouvoir et la possibilité de briguer un second mandat.

Le président du Kirghizistan, Sadyr Japarov, s’est vu accorder dimanche plus de pouvoir et la possibilité de briguer un second mandat.

Via REUTERS

Les électeurs du Kirghizistan ont largement approuvé dimanche par référendum une révision constitutionnelle accordant plus de pouvoir au président et autorisant l’actuel chef de l’État, Sadyr Japarov, à briguer un second mandat.

Dimanche, après le dépouillement de quasi tous les bulletins de vote, la révision constitutionnelle recueillait 79% des voix.

La participation a été faible – près de 37% – mais elle a franchi la barre des 30% requise pour que le référendum soit validé, a déclaré le vice-Premier ministre Oulougbek Karmychakov devant la presse. «Le référendum est validé», a-t-il déclaré.

Le système politique sur lequel les Kirghiz devaient se prononcer rapprocherait le Kirghizistan, le plus pluraliste mais aussi le plus instable des pays de la région, de ses voisins aux régimes autoritaires ou de la Russie.

La révision constitutionnelle supprime notamment le mandat unique de six ans du président, introduit en 2010 après que deux chefs d’État successifs eurent été chassés par la rue sur fond de dérive clientéliste et autoritaire.

À la place, le président pourra faire deux mandats de cinq ans et les pouvoirs du Parlement seront réduits, avec un nombre de députés passant de 120 à 90. Les détracteurs du projet de nouvelle Constitution l’ont qualifiée par dérision de «khan-stitution».

Rivaux politiques arrêtés

L’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) ainsi que la Commission «pour la démocratie par le droit» (dite «de Venise») du Conseil de l’Europe ont toutes deux déploré le manque de «consultations publiques significatives et inclusives et de débat au parlement» au sujet du texte. Les deux institutions disent aussi s’inquiéter du «rôle et des prérogatives trop importantes du président» qu’il prévoit.

Sadyr Japarov, un populiste de 52 ans porté au pouvoir en octobre à la faveur d’un mouvement de contestation violent et élu en janvier chef de l’État, s’est depuis employé à évincer ses rivaux politiques. Deux de ses opposants au moment du scrutin présidentiel, ainsi qu’un ancien Premier ministre ont été arrêtés dans les semaines qui ont suivi le vote.

Le président russe, Vladimir Poutine, avait déclaré fin février, à l’occasion du déplacement à Moscou de Sadyr Japarov, espérer que la révision constitutionnelle renforcerait la stabilité du Kirghizistan et les relations bilatérales entre Moscou et Bichkek.

(AFP)

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