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FootballKöbi Kuhn, grands succès et déceptions

Le décès mardi de l’ancien sélectionneur de l’équipe de Suisse a ému le monde du football helvétique. Petit retour dans le temps avec ses victoires marquantes et ses défaites rageantes à la tête de la Nati.

par
Sport-Center
La joie avant le désespoir. Hakan Yakin ouvre la marque face à la Turquie lors de l'Euro 2008. Une heure plus tard, la Suisse était battue et éliminée.

La joie avant le désespoir. Hakan Yakin ouvre la marque face à la Turquie lors de l'Euro 2008. Une heure plus tard, la Suisse était battue et éliminée.

Keystone

Le 15 août 2001, Kübi Kuhn dirigeait pour la première fois l’équipe de Suisse aux côtés de Michel Pont dans un match sans enjeu face à l’Autriche (remporté 1-2 à Vienne). Deux semaines plus tard, sa Nati s’inclinait à Bâle (1-2) pour ce qui était le premier match qualificatif en vue du Mondial 2002 de l’entraîneur zurichois, face à celle qu’on appelait encore la Yougoslavie. Déjà mal embarquée dans son groupe après un parcours compliqué sous la conduite d’Enzo Trossero, la Suisse avait alors perdu toute chance de se rendre en Asie pour la Coupe du monde.

Mais l’aventure ne faisait que commencer. Elle se poursuivra jusqu’au 15 juin 2008 à Bâle, avec une victoire pour beurre mais de prestige face au Portugal (2-0) en guise de chant du cygne pour l’Euro 2008 conjointement organisé par la Suisse et l’Autriche. Au total, Köbi Kuhn aura dirigé 73 matches de la sélection à croix blanche, pour un bilan de 32 victoires, 17 nuls et 24 défaites. Voici une sélection des parties les plus marquantes.

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Les meilleurs souvenirs:

1. La folie turque

Pour voir la Coupe du monde 2006 en Allemagne, la Suisse doit se défaire de la redoutable Turquie dans un barrage aller-retour de tous les dangers. Après avoir remporté le match aller au Stade de Suisse le 12 novembre 2005 (2-0, buts de Philippe Senderos et Valon Behrami), la Nati est attendue de pied ferme quatre jours plus tard au stade Sükrü Saracoglu d’Istanbul.

Dans une atmosphère explosive, Alexander Frei commence par ouvrir la marque sur un penalty accordé dès la 1re minute. Les Suisses vivront cependant ensuite une longue période de souffrance et de doute. Tuncay marquera deux fois (22e et 36e minutes) pour relancer la rencontre. Necati Ates donnera ensuite sur penalty deux longueurs d’avance aux Turcs, à la 52e. Un but de plus pour l’équipe locale et c’est elle qui passera l’été suivant en Allemagne. Mais bien lancé par Frei, Marco Streller s’envole en contre à la 84e pour aller éliminer le gardien Volkan et marquer ce qui restera sans doute son plus beau but. Ne reste plus qu’à tenir pour ne pas encaisser deux fois, ce qui n’est pas une mince affaire. Tuncay y va d’ailleurs de son coup du chapeau à la 89e. Dans le temps additionnel, Emre Belozoglu manque de peu l’un de ses coups francs diaboliques. Mais la Nati tient le choc et se qualifie dans l’un des soirées les plus mémorables de son histoire.

Au coup de sifflet final, les joueurs visiteurs n’auront toutefois pas le temps de savourer leur exploit. Lancés à leurs trousses dans ce qui restera l’une des plus honteuses démonstrations de frustration à l’encontre d’une équipe nationale, joueurs et staff turcs s’en prendront physiquement à eux à la sortie du terrain. Le défenseur Stéphane Grichting sera même sérieusement blessé.

2. Le miracle irlandais

Lancée dans sa campagne de qualification pour l’Euro 2004 au Portugal, la Nati a la rude tâche d’aller affronter au mythique Lansdowne Road de Dublin une sélection irlandaise autrement plus reluisante que celle de ces jours-ci. Après une nette victoire à domicile contre la Géorgie (4-1) et un match nul poussif et décevant en Albanie (1-1), voici le moment de défier, le 16 octobre 2002, une formation composée entre autres de Damien Duff, Robbie Keane et Kevin Kilbane et invaincue dans son stade fétiche depuis six ans.

Hakan Yakin ouvre le score juste avant la mi-temps (45e), profitant d’un long ballon en avant de son frère Murat pour battre Shay Given d’une habile pichenette. L’exploit semble à portée de crampons pour la bande de Köbi Kuhn. Mais l’Eire, fidèle à son légendaire «fighting spirit», ne se laisse pas faire et domine complètement la seconde mi-temps, même si les Suisses se créent de belles occasions en contre. Ludovic Magnin finit par marquer contre son camp à la 78e sous la pression de Gary Breen. On se dit alors qu’un match nul en Irlande serait un résultat des plus honorables. C’est alors que le sélectionneur helvétique fait entrer Fabio Celestini à la place de Hakan Yakin à la 85e. Le milieu de terrain arrivé à l’Olympique de Marseille quelques mois plus tôt ne se pose aucune question lorsqu’il se retrouve en position de frapper sur une contre-attaque trois minutes plus tard. Son tir fait mouche et tout un pays se met déjà à rêver d’un été lusitanien et d’un retour dans une phase finale de grande compétition pour la première fois depuis l’Euro 1996. Un exploit qui sera parachevé le 11 octobre 2003 face aux Irlandais à Bâle (buts de Hakan Yakin et Alexander Frei).

3. Le bras de fer avec la France

Avant de vivre l’enfer d’Istanbul en barrages, la route de l’équipe de Suisse croise celle de la France dans sa poule qualificative. Contre le voisin tricolore, la sélection dirigée par Kuhn reste sur deux défaites. La plus récente en phase de groupes d’un Euro 2004 terminé en queue de classement derrière les Bleus, l’Angleterre et la Croatie (1-3 avec un but de Johan Vonlanthen, alors devenu plus jeune buteur d’une phase finale de championnat d’Europe, à 18 ans et 7 mois). La précédente confrontation s’était déroulée en août 2003, à l’occasion d’un match amical au Stade de Genève ponctué par une victoire 0-2 des Français. Des résultats logiques face à un adversaire prestigieux, même si celui-ci reste sur un échec au Mondial 2002 et qu’il sera ensuite éliminé par la Grèce, futur champion d’Europe, en quarts de finale de l’Euro après avoir balayé la Nati. Mais quelque chose est en train de changer dans la mentalité helvétique. Grâce, surtout, au travail de son sélectionneur zurichois, l’équipe de Suisse a pris conscience qu’elle est capable de perturber les plus grandes équipes. C’est donc avec cet esprit conquérant qu’elle se déplace à Paris pour y défier les Bleus au Stade de France le 26 mars 2005, à l’occasion de son 4e match qualificatif. Seul le grand Zinédine Zidane manque à l’appel, lui qui avait annoncé sa retraite internationale à la suite de l’Euro au Portugal. Aidés par un Pascal Zuberbühler en état de grâce devant sa cage, les Suisses font bien mieux que se défendre et repartent avec un bon nul (0-0) au terme d’un match animé.

Le 8 octobre suivant, les Français débarquent au Stade de Suisse pour la revanche. Cette fois, Zidane est présent, après avoir accepté de revenir aider ses coéquipiers à se qualifier pour le Mondial (dont il sera un acteur inoubliable, jusqu’à sa célèbre expulsion en finale). Djibril Cissé profite d’une mésentente dans la défense adverse pour ouvrir le score (52e). Loin de se liquéfier, l’équipe emmenée par son capitaine Johan Vogel, s’accroche. Elle obtient un coup franc d’apparence anodine à la 79e. Sans complexe, Ludovic Magnin tente sa chance à 30m et enroule parfaitement son ballon, dévié involontairement par Lilian Thuram, pour égaliser face à des Français incrédules.

Le bras de fer avec les hommes de Raymond Domenech se poursuivra encore jusqu’au Mondial 2006, puisque la Nati affrontera les futurs finalistes du tournoi dès son premier match de poule. Les Suisses se procureront d’énormes occasions de but signées Alex Frei et Daniel Gygax, mais la réussite n’accompagnera pas les deux attaquants. Les filets ne trembleront finalement pas à Stuttgart, mais ces trois matches nuls consécutifs face au voisin hexagonal feront souffler un joli vent de fierté sur la Suisse, en particulier romande.

4. La parfaite communion à Dortmund

Dans l’enchaînement de ce nouveau 0-0 arraché par l’équipe de Suisse face à la France en ouverture de sa Coupe du monde 2006 en Allemagne, la sélection à croix blanche ne doit surtout pas trembler face au Togo. Emmanuel Adebayor et ses compatriotes ne sont pas les adversaires les plus redoutables de la Nati, mais un match raté la mettrait dans une situation des plus compliquées dans la course à la qualification pour les huitièmes de finale.

Alex Frei et consorts livreront d’ailleurs un match truffé d’imprécisions. «Köbi Kuhn le reconnaîtra, on a rarement assisté à un tel déchet dans le jeu helvétique. La rapide ouverture du score de Frei – quelle joie pour lui! – aurait dû libérer l’équipe de Suisse. Mais elle l’a au contraire étrangement crispée. Elle dominait, elle avait le ballon (un pic à 68% de possession de balle juste après le but!)… mais elle a étrangement lâché prise, abandonnant le jeu et le terrain aux Togolais après l’ouverture du score. Adebayor s’en est donné coeur-joie une heure durant, perforant la défense à chaque fois qu’il le voulait, ou presque», relatait à l’époque notre envoyé spécial sur place. La Nati s’impose 2-0 grâce à une action lumineuse impliquant Ludo Magnin, Tranquillo Barnetta et conclue par le buteur maison (16e). Il s’agit là du premier but en Coupe du monde pour la Suisse depuis 12 ans. Barnetta expédiera une frappe croisée terrible en fin de match pour boucler l’affaire (88e). La Suisse sortira ensuite en tête de son groupe en battant encore avec maîtrise la Corée du Sud (2-0).

Mais cette rencontre face aux Togolais restera avant tout mémorable pour son contexte. Un magnifique Westfalenstadion plein à craquer (65'000 spectateurs, guichets fermés) avec un véritable mur rouge et blanc. Des dizaines de milliers de fans se sont en effet déplacés à Dortmund pour y remplir le stade. La ferveur et la communion entre l’équipe nationale et son public restent, à ce jour, inégalées. Même le Parc Saint-Jacques, plus grand stade de Suisse avec 38’000 places, ne pourrait réserver un tel accueil à la Nati.

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Les pires déceptions:

1. L’insipide échec ukrainien

Après la joie d’une qualification pour un la deuxième phase d’un grand tournoi pour la première fois depuis le Mondial 1994, la Suisse s’apprête à affronter l’Ukraine en huitièmes de finale de la Coupe du monde 2006 en Allemagne. Malgré la présence dans les rangs adverses de la superstar Andrei Shevchenko, l’affaire paraît à la portée de la Nati avec un match à priori idéal contre l’une des équipes les moins bien cotées encore en course, juste devant l’Australie et le Ghana.

Manquant d’expérience dans les matches à élimination directe, les Suisses se prennent toutefois les pieds dans le tapis. Le match est d’un colossal ennui et d’un niveau déplorable, sans la moindre flamme ou prise de risque, malgré un tir sur la transversale dans chaque camp.

Sans but marqué au terme des 90 minutes réglementaires, les deux adversaires se lancent dans des prolongations qui n’apporteront pas davantage de satisfaction aux deux formations. Alors que les tirs au but s’approchent inexorablement, Köbi Kuhn fait le choix resté aujourd’hui encore incompréhensible de remplacer Alexander Frei, roi des buteurs dans l’histoire de la Nati, par Mauro Lustrinelli à la 117e. L’attaquant tessinois en sera lui-même interloqué lorsque Michel Pont lui donnera la consigne de retirer son survêtement. Les Suisses vivront ensuite la pire série de tirs au but de toutes les Coupes du monde. Pas une fois ils ne transperceront le gardien Oleksandr Shovkovskiy, alors que les supporters s’étaient mis à y croire lorsque Pascal Zuberbühler avait brillamment stoppé d’entrée l’envoi de Shevchenko. D’entrée, la tentative de Marco Streller résume à elle seule ce match complètement manqué. Le tir de l’attaquant bâlois, incapable de contrôler ses nerfs, est d’une incroyable faiblesse. Barnetta et Cabanas feront à peine mieux.

La Suisse réussit le peu enviable exploit d’être éliminée sans jamais perdre dans le temps réglementaire et sans encaisser le moindre but.

2. Le désastre de l’Euro à la maison

La pression est grande pour l’équipe de Suisse, qui dispute l’Euro 2008 à domicile, en tant que pays coorganisateur avec l’Autriche. Qualifiée d’office pour «son» tournoi, la Nati n’a disputé que des matches de préparation en amont de l’événement. Avec quelques succès face à des équipes de petit calibre, comme la Slovaquie et le Liechtenstein, des défaites logiques contre l’Allemagne et l’Angleterre, mais aussi plus frustrantes face aux USA et au Nigéria, même si ces équipes pointent alors au-dessus de la 44e place occupée par la Suisse au classement FIFA.

Les trois rencontres de la sélection helvétique se déroulent à Bâle, dans le plus grand stade du pays. D’entrée, le scenario vire au cauchemar face à la République tchèque. Le talisman Alex Frei se blesse juste avant la mi-temps lors d’un choc avec un adversaire. Il est accompagné aux vestiaires et fond en larmes en quittant le terrain. C’est grave, docteur! La Suisse se procure l’essentiel des occasions de but et Hakan Yakin est tout proche d’ouvrir enfin le score à la 66e. Malheureusement pour les hommes de Köbi Kuhn, ce sont les Tchèques qui profitent d’un ballon contré pour inscrire l’unique but du match, signé Vaclav Sverkos à la 71e. En face Petr Cech garde sa cage inviolée et met d’entrée les Suisses dos au mur.

Dans le deuxième match de groupe, l’heure de la revanche a sonné pour la Turquie, après l’affront du barrage de la honte en 2005. Sous des trombes d’eau et une pelouse qui s’apparente davantage à une pataugeoire, les Suisses parviennent tout de même à ouvrir le score. Hakan Yakin a le triomphe discret à la 32e, lorsqu’il pousse le ballon au fond de la cage, après que celui-ci se soit arrêté net dans une gouille, juste sous son nez. Il s’agit sans doute du but le plus facile de sa carrière et il ne veut pas trop en faire en tant que joueur d’origine turque. Hélas, le joker bâlois se montrera bien maladroit quelques instants plus tard dans une situation identique, avec un ballon décollé du sol, en cadrant juste à côté de la cage grande ouverte.

Après la pause, la pluie s’est calmée et le terrain est un peu moins marécageux. Les Turcs en profitent pour retrouver des couleurs. A la 57e, le centre de Nihat est superbe et assassin. Il dépose le ballon sur la tête de Semih Sentürk et tout est à refaire. Yakin et Ricardo Cabanas se procurent l’occasion la plus nette de l’emporter, mais c’est finalement Arda Turan qui surprend tout le monde dans le temps additionnel avec une terrible frappe déviée. La Suisse devient en ce 11 juin 2008 l’un des rares pays organisateurs d’un Euro à se faire éliminer dès la phase de poules.

«L’Euro 2008, cet Euro que tout un peuple attendait depuis décembre 2002, quand l’UEFA a attribué le tournoi à la Suisse et à l’Autriche, aura en fait duré… cinq jours pour les Suisses. Une défaite imméritée samedi contre la République tchèque, un revers amer hier contre la Turquie: adieu à tes rêves de grandeur, petite Suisse. Car même si l’équipe de Köbi Kuhn bat le Portugal dimanche, elle sera éliminée à la confrontation directe en cas d’égalité avec la République tchèque ou la Turquie», se lamentait «Le Matin» au lendemain de ce cinglant échec.

Pour la bonne mesure, grâce à deux buts tardifs de Yakin, les Suisses battront bien les Portugais (avec un Cristiano Ronaldo sur le banc) pour sauver l’honneur, mais le mal est fait. Il s’agissait là du dernier match dirigé par le duo Kuhn-Pont.

3. La piquette canadienne

«Suisse: eins, Canada: drei: la honte. Non, le score affiché à Saint-Gall n'était pas une pub cachée. Sombrant corps et âme face à un visiteur qui en voulait tout simplement plus, les Suisses n'ont pas vu le puck. Ils se sont couverts de ridicule. En jouant de la sorte, cette équipe-là n'a pas d'avenir. Köbi Kuhn, son sélectionneur, non plus.» Voilà pour le constat et la prédiction faits par l’envoyé spécial désespéré du «Matin», après la débâcle du 15 mai 2002 à l’Espenmoos. Certes, il s’agit d’un match de préparation peu enthousiasmant et à une période qui ne convient à personne, mais à quelques mois du lancement de la campagne de qualification pour l’Euro 2004, la Nati se doit de prendre au sérieux son renouveau, pour aider son sélectionneur à véritablement démarrer son travail. Il n’en sera rien. Les amateurs canadiens, qui pointent à la 75e place du classement FIFA (la Suisse n’est que 64e, mais tout de même nettement mieux armée) sont meilleurs dans tous les domaines. «La Suisse a soigné son bronzage à défaut de peaufiner ses automatismes. Pour le reste, elle a manqué de tout, à commencer d'orgueil envers elle-même et de respect envers un public qui l'a copieusement sifflée», s’énervait encore «Le Matin» à l’époque. Les visiteurs du grand nord marquent trois buts sans réponse par Tomasz Radzinski (20e et 47e) et Paul Stalteri (38e). Blaise Nkufo sauvera ce qu’il restait d’honneur à la 80e, mais la menace plane déjà rapidement sur un Köbi Kuhn en poste depuis moins de dix mois. Une gifle salvatrice à ce moment-là? Toujours est-il qu’avant de parvenir à rejoindre le Portugal à l’été 2004, la Nati n’en menait pas large. «Pour avoir une chance de regoûter au succès et de retrouver un moral en berne, la Suisse devrait de toute urgence fixer un match à sa portée. Contre le Liechtenstein ou les gardes suisses du Vatican par exemple. Et encore...», imaginait en conclusion «Le Matin».

4. Le sketch du Maroc B

Le 18 février 2004, la Suisse vit encore un vilain camouflet à l’approche de son deuxième Euro, après celui de 1996. Un match de préparation est organisé au Maroc, au complexe sportif Moulay-Abdallah de Rabat. Seul problème, les Marocains viennent de vivre un magnifique parcours à la Coupe d’Afrique des nations, battus seulement en finale par la Tunisie, et partent en vacances bien méritées. Köbi Kuhn tape du poing sur la table pour que la Fédération de football marocaine lui donne quand même un adversaire. On est à deux doigts de l’incident diplomatique. Mais c’est la Suisse qui finira une nouvelle fois par se couvrir de ridicule. Face à un Maroc B, composé de joueurs certes solides mais loin d’être géniaux, la Nati est battue 2-1. «Dans le genre faux départ, il est difficile de faire mieux! La Suisse était venue à Rabat pour lancer sa campagne européenne, elle a quitté la capitale maghrébine la queue entre les jambes, après s'être fait largement dominer par une deuxième garniture marocaine – tous les joueurs qui la composaient évoluent tout de même en première division de leur pays – qui a su se montrer à la hauteur de «l'événement», peste l’envoyé spécial du «Matin» à l’époque. «C'est le genre de match qui, en général, se termine sur le score de 0-0, a lâché Köbi Kuhn. Ma foi, nous avons pris deux buts coup sur coup... Cela étant, nous ne sommes qu'au début de notre préparation. Nous avons encore du temps devant nous avant l'Euro.» Peut-être. Reste que cette première de l'année a débouché sur un fiasco total. Ahmed Ajeddou (79e) et Mouhssine Iajour (82e) sont les buteurs côtés marocain. La riposte tardive d’Alex Frei (90e) apporte peu de satisfaction.

Oliver Dufour

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