Actualisé

Football«Köbi se comportait comme un père avec ses enfants»

Johann Lonfat évoque le côté paternaliste, la bienveillance et l'espièglerie de celui qui a été son sélectionneur en équipe de Suisse.

par
Sport-Center
Köbi Kuhn et Johann Lonfat (à dr.) lors d'un entraînement de l'équipe de Suisse en avril 2002.

Köbi Kuhn et Johann Lonfat (à dr.) lors d'un entraînement de l'équipe de Suisse en avril 2002.

Keystone

La disparition de Köbi Kuhn a plongé la Suisse dans la tristesse. A l’heure des hommages, qui se multiplient depuis l’annonce de son décès, mardi en début de soirée, chacun a une histoire qui le rapproche de l’ancien sélectionneur helvétique. C’est le cas de Johann Lonfat (46 ans), qui appréciait en lui la bonhomie autant que l’éternelle bonne humeur. «Köbi, témoigne le Valaisan, c’est quelqu'un que l’on ne pouvait pas ne pas aimer. Il avait un côté taquin, l’air toujours espiègle, prêt à faire une petite blague pour mettre tout le monde en confiance et dérider l’atmosphère. Il était proche des gens, qu’il aimait. Il se comportait comme un père avec ses enfants. Oui, il faisait confiance à son équipe et à ses joueurs comme un père de famille fait confiance à ses enfants.»

Sous ses airs de père tranquille de la nation, KK savait néanmoins y faire pour atteindre l’objectif qu’il s’était fixé. «Les données, les statistiques, reprend Lonfat, ce n’était pas trop son truc. Mine de rien pourtant, il savait faire passer son message. Il a quand même dû gérer des conflits, comme entre Sforza et Vogel. Entre eux, c’était la guerre. Mais il l’a fait à sa manière. Et sa manière, ce n’était pas de taper du poings sur la table mais d’agir en douceur.»

Au sein de l’équipe nationale sous la maillot de laquelle il a évolué entre 1997 et 2005 (24 sélections), l’ancien milieu de terrain de Sion, Servette et Sochaux n’était pas un cadre ni un titulaire indiscutable. Une situation qui lui a permis de découvrir le Zurichois sous une autre facette. «Le jour du match, lorsqu’il s’agissait d’annoncer l’équipe et les recalés, il montait dans les étages et s'en allait frapper aux portes de ceux qui n’allaient pas jouer. Quand il frappait à la mienne, il avait chaque fois l’air désolé de devoir me dire que ce ne serait pas pour cette fois.» Au printemps 2005, Johann Lonfat avait eu les honneurs du stade de France contre les Bleus de Barthez, Trezeguet & Cie (0-0). « Il faisait les choses à sa manière et c’est ce qui nous convenait. Si je ne devais retenir qu’une chose de Köbi, je mettrais en avant son côté paternaliste et toujours bienveillant. Je crois bien que je ne l'ai jamais vu énervé.»

Nicolas Jacquier

Votre opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!