18.08.2018 à 13:47

ONUKofi Annan se disait très attaché à la Suisse

L'ancien secrétaire général de l'ONU, décédé samedi dans un hôpital alémanique, appréciait particulièrement la Suisse.

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L'ONU a abaissé à mi-mât les drapeaux des Nations Unies à Genève en hommage à l'ancien secrétaire général Kofi Annan décédé samedi. Redécouvrez en quelques dates sa carrière. (Dimanche 19 août 2018)

L'ONU a abaissé à mi-mât les drapeaux des Nations Unies à Genève en hommage à l'ancien secrétaire général Kofi Annan décédé samedi. Redécouvrez en quelques dates sa carrière. (Dimanche 19 août 2018)

Keystone
8 avril 1938: naissance à Kumasi au Ghana, dans une famille aristocratique de la tribu des Fante. (Samedi 18 août 2018)

8 avril 1938: naissance à Kumasi au Ghana, dans une famille aristocratique de la tribu des Fante. (Samedi 18 août 2018)

AFP
1962: après des études d'économie à Genève, il entre à l'Organisation mondiale de la Santé (OMS). Il travaillera ensuite dans diverses agences de l'ONU, et notamment au Haut-Commissariat des Nations unies aux Réfugiés (HCR). (Samedi 18 août 2018)

1962: après des études d'économie à Genève, il entre à l'Organisation mondiale de la Santé (OMS). Il travaillera ensuite dans diverses agences de l'ONU, et notamment au Haut-Commissariat des Nations unies aux Réfugiés (HCR). (Samedi 18 août 2018)

AFP

Kofi Annan avait largement plaidé en faveur de l'adhésion de la Suisse aux Nation unies lors d'une visite officielle de trois jours en mars 2001. Il avait effectué sa première visite diplomatique en Suisse en 1997. Il se disait très attaché à ce pays.

«La Suisse serait accueillie à bras ouverts. Elle représente un soutien important pour l'ONU», avait déclaré Kofi Annan lors d'une conférence de presse à Berne le 29 mars 2001, véritable opération de charme avant le vote prévu en 2002. Il avait toutefois insisté sur le respect de la décision du peuple.

Et le 3 mars 2002, les Suisses disaient oui à l'adhésion de la Suisse à l'ONU. Puis le 10 septembre de la même année, l'Assemblée générale de l'organisation accueillait son 190e membre par acclamation.

«Je m'y sens chez moi»

Toujours lors de cette visite en 2001, Kofi Annan avait souligné son attachement personnel à la Suisse. «Je m'y sens comme chez moi», évoquant ses études et la rencontre de son épouse à Genève. Il avait entamé sa visite de trois jours à Zurich.

Le lendemain à Berne, Kofi Annan avait rencontré le président de la Confédération de l'époque, Moritz Leuenberger, ainsi que les conseillers fédéraux Joseph Deiss, Kaspar Villiger, Ruth Dreifuss et Ruth Metzler. Le secrétaire général s'était ensuite rendu à Bienne où il avait visité l'Ecole d'ingénieurs.

L'ami d'Ogi et de Deiss

Lors de sa toute première visite officielle en Suisse, en 1997, Kofi Annan, alors fraîchement nommé, avait déjà espéré «que la Suisse devienne membre de l'ONU d'ici quelque temps». Il avait assisté à un concert d'un Stephan Eicher entouré pour l'occasion de musiciens du monde entier.

Mais c'est sans doute avec l'ancien conseiller fédéral Adolf Ogi qu'il avait tissé le plus proche lien d'amitié. Lors de sa dernière année présidentielle en 2000, il avait reçu Kofi Annan à Kandersteg pour une randonnée dans l'Oberland bernois.

Un an après, le secrétaire général de l'époque le nommait conseiller spécial des Nations unies pour le sport au service du développement et de la paix (2001-2007), un poste directement rattaché à Kofi Annan.

Plus anecdotique, Kofi Annan avait signé l'avant-propos de la biographie du Bernois «Dölf Ogi, c'est formidable», sorti en français en 2013. Il avait aussi développé un lien d'amitié particulier avec l'ancien conseiller fédéral Joseph Deiss.

Un homme «droit et honnête»

L'ancien conseiller fédéral et président de la Confédération Adolf Ogi se dit choqué et affecté par la mort de Kofi Annan. Les deux hommes étaient des amis proches. Il salue un homme «droit et honnête».

«C'était un homme exceptionnel de par son humanisme, son charisme et son amabilité», a dit à Keystone-ATS le Bernois. Leur relation était basée sur le respect, la confiance et la sympathie, selon lui.

«C'était un antipoliticien (...) Un homme droit et très attentif (...) C'est pourquoi il jouissait d'une aussi grande crédibilité», a encore expliqué Adolf Ogi au Blick en ligne. «Kofi Annan était peut-être même trop droit et honnête pour le poste de secrétaire général de l'ONU», ajoute-t-il.

«Cela l'affectait vraiment quand les choses ne prenaient pas la bonne direction», confie-t-il au journal alémanique. Il cite en exemple l'invasion américaine en Irak en 2003: «Cela s'est produit contre la volonté de Kofi Annan. On s'est parlé au téléphone à l'époque, il était désespéré».

(ats)

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