Football: Kosovo - Albanie, premier match officiel ce soir à Zurich
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FootballKosovo - Albanie, premier match officiel ce soir à Zurich

Ce soir, à Zurich, le Kosovo défie l’Albanie dans un match à valeur symbolique. L’entraîneur Bernard Challandes y voit surtout une occasion de faire progresser sa sélection.

par
Simon Vuille
La jeune sélection du Kosovo défiera l’Albanie pour la première fois dans un match amical officiel ce mardi au Letzigrund.

La jeune sélection du Kosovo défiera l’Albanie pour la première fois dans un match amical officiel ce mardi au Letzigrund.

AFP

Les négociations pour organiser un match amical entre l’Albanie et le Kosovo sur pelouse helvétique n’ont pas été simples. La volonté commune des deux fédérations s’est longtemps heurtée aux exigences de sécurité. «Finalement, on a trouvé cette solution à Zurich où on sait parfaitement gérer ce genre d’événements. D’ailleurs, il n’y a pas de grands problèmes entre les supporters des deux pays, clarifie Bernard Challandes. Il fallait encore persuader l’ASF que tout était en ordre.»

Mission réussie donc pour le sélectionneur du Kosovo, qui a aussi profité de ses bonnes relations avec le vice-président de Zurich pour rendre possible cette rencontre amicale entre deux voisins qui partagent beaucoup. On se rappelle que, pour une question d’infrastructures, tous les matches à domicile du Kosovo se sont déroulés en Albanie pendant la campagne de qualification pour la Coupe du monde 2018.

Un quinzième match officiel

Les deux nations s’étaient déjà rencontrées lors d’un match amical à Pristina en 2015, mais la sélection du Kosovo n’était pas encore reconnue officiellement par la FIFA. Ce 29 mai sera donc une date historique dans les Balkans, celle du premier duel officiel. «Je suis conscient de l’importance de cette rencontre pour les deux fédérations. Mais je vois surtout l’intérêt sportif, tempère Bernard Challandes. L’Albanie est un adversaire de qualité qui a du potentiel et de l’expérience. J’espère qu’on arrivera à grandir comme ils l’ont fait», ajoute le Neuchâtelois de 66 ans.

Cette valeur d’exemple, on la retrouve aussi dans les paroles de Bashkim Iseni, directeur du site d’information Albinfo, qui évoque «des relations magnifiques entre deux pays frères. Pour l’instant, le Kosovo est plus une équipe d’État avec un côté artificiel sans véritable identité culturelle. L’Albanie est davantage l’équipe d’une nation.» Contre l’Albanie, au Letzigrund, le Kosovo disputera seulement la quinzième rencontre de son histoire. Après une campagne qualificative pour la Coupe du monde où le joueur du Lausanne-Sport Benjamin Kololli et ses coéquipiers n’ont récolté qu’un seul point face à des adversaires bien plus expérimentés (Turquie et Croatie notamment).

Comme un Suisse-Albanie

«Contre l’Albanie, l’objectif ne sera pas le résultat mais la performance», assure Bernard Challandes. L’ancien sélectionneur de l’Arménie a débuté son mandat avec deux succès consécutifs contre Madagascar (2-0) et le Burkina Faso (1-0). Mais il sait très bien qu’Armando Sadiku et Taulant Xhaka lui offriront une tout autre opposition ce soir au Letzigrund où les spectateurs albanais sont attendus en nombre. «À mon avis, la majorité du public soutiendra l’Albanie. Cette équipe est devenue extrêmement populaire dans la diaspora ces dernières années», explique le politologue Bashkim Iseni. La qualification des Albanais pour l’Euro 2016 et leur match courageux face à la France en phase de groupes a contribué à renforcer la côte de cette formation. En dix ans, l’Albanie a su professionnaliser ses infrastructures pour progresser de manière régulière.

Dans ce contexte, Bashkim Iseni imagine un état affectif étrange pour les fans des deux nations. «Il y aura parmi les supporters un sentiment partagé. Comme à l’époque des matches Suisse-Albanie. Je me souviens du match de l’Euro 2016 à Lens qui s’était terminé par une superbe fête.» Des émotions contrastées que les joueurs devront aussi gérer ce soir à Zurich. «Je ne vais pas changer pour autant. Mon travail reste le même: faire en sorte qu’ils donnent le meilleur sur le terrain», promet Bernard Challandes.

«L’Albanie est un adversaire de qualité qui a du potentiel et de l’expérience. J’espère qu’on arrivera à grandir comme elle l’a fait»

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