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FootballKubi recherché par l'armée turque

Türkyilmaz ne peut se permettre d'avoir des problèmes avec la Turquie, car il sera ambassadeur FIFA à Istanbul cet été.

par
Alain Kunz
Laurent Crottet

La lettre a été oblitérée à Ankara, la capitale turque. Elle a atterri, en début d'année, dans la maison de la maman de Kubilay Türkyilmaz, entre-temps décédée. Son contenu? Sommaire et surprenant: Kubi, 46 ans et ex-star de l'équipe nationale, est recherché dans son pays d'origine. Motif: refus de servir. Il doit prouver qu'il a effectué son service militaire, sinon il risque une amende de 10 000 euros.

«Sur le moment, j'ai pensé à une plaisanterie. Je suis allé chercher le courrier chez ma mère et l'ai déchiré en rigolant», raconte Kubi. Mais lorsque l'une de ses connaissances de Bellinzone lui raconte qu'il a reçu le même type de sommation, l'ancien footballeur a réalisé que c'était sérieux. Le plus fou est que son ami affiche joyeusement 65 ans au compteur! «J'ai alors appelé l'administration de Yozgat, ma commune d'origine. Et ils m'ont tout confirmé.»

Binational

La possibilité de conscription en Turquie résulte du parcours de vie de Kubi. L'ancien footballeur est né à Bellinzone. Il ne possédait à l'époque que la nationalité turque. Ceci jusqu'en 1987, où il obtient, dans l'urgence, son passeport à croix blanche en raison d'une probable première convocation avec l'équipe nationale. «Je me souviens alors avoir rendu mon passeport turc. Cependant, je l'ai reçu en retour lorsque, en 1993, j'ai été transféré de Bologne à Galatasaray. A Gala, il n'était pas envisageable que j'occupe une des places d'étranger. Depuis lors, j'ai été considéré comme binational.» Avec pour effet secondaire de revenir dans le viseur de la bureaucratie turque.

Kubi n'est cependant pas un déserteur. «A l'époque où je jouais avec Servette, j'ai effectué mon école de recrues dans l'armée suisse: 17 semaines à dormir à la caserne des Vernets, à Genève.» C'est ce service militaire que l'ancien international doit aujourd'hui prouver aux officiels de l'ambassade de Turquie. Sinon? «Sinon, j'aurai des problèmes lorsque je me rendrai en Turquie. Mais je ne peux pas me le permettre. Parce qu'en juillet je serai engagé comme ambassadeur FIFA à Istanbul.»

Envie d'un cinquième enfant

Une bonne dose de stress supplémentaire, donc. Et cela dans une période où le sommeil est devenu un luxe dans la famille Türkyilmaz. En effet, fin mai, Kubi est devenu papa pour la quatrième fois. «La nuit dernière, j'ai à peine fermé l'œil, parce que le petit Evan ne voulait pas que l'on se repose.» Melanie, 24 ans, et Kevin, 20 ans, né d'un premier mariage. Asia, 2 ans et demi, et maintenant Evan. Kubi va-t-il maintenant s'arrêter? «Non. Avec mon épouse, Roberta, nous voulons encore un enfant. Et si cela ne marche pas, nous en adopterons un.»

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