22.09.2020 à 15:46

ChroniqueStefan Küng: «Conserver mes forces»

Dans sa chronique parue dans le «Matin Dimanche», le Suisse fait le point sur son Tour de France et sa prochaine grande échéance.

von
Stefan Küng
KEYSTONE

Avec mon équipe de la Groupama-FDJ, on était venus sur ce Tour de France avec l’ambition de faire un podium avec Thibaut Pinot à Paris. Mais du coup, avec la chute qu’il a connue lors du premier jour à Nice, on était très mal partis.

Au début ça allait, on était bien dedans, dans le match avec les autres, surtout après l’étape des bordures, à Lavaur, où on a toujours été à l’avant et réussi à reprendre du temps à certains leaders. Malheureusement, quand on a attaqué les Pyrénées, ça n’a pas répondu comme on le voulait. Ou plutôt comme Thibaut le voulait. Avec son hématome au dos, il n’y avait rien de plus à faire dans l’optique de jouer le classement général.

Après la journée de repos, on s’est regroupés, on s’est dit qu’on allait faire une course active, qu’on allait montrer qu’on était forts. On s’est dit que tout le monde allait avoir sa chance, car il y a encore pas mal d’étapes de montagne où ça allait être dur de tout contrôler. Primoz Roglic a bien la course en main et son équipe Jumbo-Visma n’a pas intérêt à travailler tous les jours pour empêcher des échappées. Personnellement, j’avais coché sur mon roadbook cette étape de samedi à Lyon, j’avais l’impression qu’elle convenait bien à mes qualités.

Malheureusement, pas grand monde n’a voulu venir dans l’échappée. Ils ont eu peur des formations Bora-Hansgrohe et CCC, qui ont contrôlé la course quasiment dès le départ! Je me suis dit, sur une étape comme ça, il faut y aller, il faut attaquer, car on ne sait jamais ce qu’il peut se passer derrière. Il y a encore une bonne quinzaine d’équipes qui ont intérêt à aller devant, les autres ayant un leader désigné pour le classement général. Ça ne s’est pas fait et je me suis retrouvé seul avec un collègue belge, Dylan Teuns, de l’équipe de Bahreïn. Du coup, on a essayé de creuser l’écart au maximum dès le départ, mais j’ai vu qu’il était juste dans un des cols et je me suis dit que j’étais mieux tout seul, finalement. J’ai monté le col à mon rythme, géré derrière, puis perdu du temps au fur et à mesure, avant de me faire reprendre. Je ne me suis pas mis dans le rouge, parce que je pensais que le final aurait potentiellement pu être intéressant pour moi. En plus, quand le peloton m’a repris, je me suis dit que cet effort m’avait fait du bien aux jambes.

Honnêtement, je me suis senti mieux que les jours précédents. Dans la dernière bosse toutefois, j’ai pris trop large dans un virage, j’ai perdu les roues et ma course s’est terminée ici. C’était au même moment où Richie Porte a crevé. C’est dommage et j’étais un peu frustré à l’arrivée, parce que je crois que c’était ma dernière chance de faire quelque chose de bien sûr cette Grande Boucle. Dans cette dernière semaine, je préfère essayer de conserver mes forces en vue des Mondiaux. On est à deux semaines de cette date fatidique et c’était donc bien de faire un tel effort ce samedi. Je l’ai pris comme un bon petit entraînement pour les Championnats du monde. Voilà le résumé de mon Tour jusqu’ici!

Cette chronique est assurée en alternance par Julien Wanders, Théo Gmür, Alan Roura, Ana-Maria Crnogorcevic, Stefan Küng et Jolanda Neff.

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