Cyclisme - Küng: «Je ne peux pas non plus passer le rond-point en sens inverse»

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CyclismeKüng: «Je ne peux pas non plus passer le rond-point en sens inverse»

Le Thurgovien, vainqueur du chrono du Tour de Suisse, est notamment revenu sur l’avantage d’évoluer sur ses routes d’entraînement.

par
Sylvain Bolt
(Frauenfeld)
Stefan Küng a reçu les louanges de Fabian Cancellara, bluffé par sa maîtrise sur le contre-la-montre du Tour de Suisse à Frauenfeld.

Stefan Küng a reçu les louanges de Fabian Cancellara, bluffé par sa maîtrise sur le contre-la-montre du Tour de Suisse à Frauenfeld.

Andy Mueller/freshfocus

Stefan Küng, vous aviez déjà gagné le contre-la-montre par équipes ici à Frauenfeld en 2018. Vous semblez imbattable sur vos routes…

Je m’entraîne tous les jours sur ces routes et je connais quasi par cœur certains passages.

Quel est concrètement l’avantage de rouler à domicile?

C’est quand même un tracé en ville. Je ne peux pas non plus attaquer le rond-point en sens inverse à l’entraînement (rires). Mais j’ai pu repérer certains passages clés et c’est forcément un avantage sur un parcours aussi technique. Mais tous les autres l’ont aussi vu quatre à cinq fois. Je pense que le fait qu’il pleuve souvent ici fait qu’on a l’habitude de rouler dans ces conditions. Ici, les passages piétons ont du profil, donc il y a du grip pour éviter de glisser. Ce n’est pas le cas en Espagne par exemple. On a donc l’avantage de bien connaître ces caractéristiques propres à nos routes.

«Je me savais en forme et j’avais un plan. J’ai pris des risques mais sans dépasser les limites sur ces routes mouillées.»

Stefan Küng, maillot jaune du Tour de Suisse.

Vous avez pris plus de risques?

J’avais une sensation excellente sur le vélo, je me savais en forme et j’avais un plan. J’ai pris des risques mais sans dépasser les limites sur ces routes mouillées. Tout était sous contrôle. C’est ce qui m’a permis de pousser jusqu’au bout.

Où avez-vous gagné ces quatre secondes?

C’est difficile à dire. J’avais deux secondes d’avance après le deuxième temps intermédiaire, juste après la partie technique. Et cet écart a été doublé à l’arrivée. C’est la preuve que j’étais le meilleur techniquement et au niveau de la puissance. J’ai fait la différence sur la partie sinueuse et sur la partie plate.

Avez-vous vu la course de Stefan Bissegger?

Non. Lui a aussi eu une route mouillée. Je crois que les conditions étaient assez semblables pour nous deux et donc la course était fair-play. Je me suis fait un peu du souci quand c’est devenu plus sec mais finalement mon chrono a tenu le choc. Stefan est jeune et en forme. Je savais que ça allait être dur de le battre!

Vous avez discuté avec Fabian Cancellara. Peut-il encore vous donner des conseils en contre-la-montre?

Là, il m’a surtout félicité (rires). Il m’a dit que ma course avait été quasi parfaite. Quand un champion au palmarès aussi impressionnant que celui de Fabian te dit cela, ça fait forcément quelque chose. J’en suis assez fier.

«C’est une sensation unique de porter le maillot jaune en Suisse»

Stefan Küng

Pourrez-vous garder votre maillot jaune ces prochains jours?

Je suis en forme, je reviens d’un stage en altitude. Mais il va falloir que mon corps se réhabitue aussi à la plaine. Mes deux grands objectifs restent le Tour de France et les Jeux olympiques. Là, c’est un tour de préparation pour ces deux événements. Gagner le Tour de Suisse est utopique. Mais je vais évidemment donner mon maximum pour défendre mon maillot jaune. C’est une sensation unique de le porter en Suisse. Si je dois le rendre, je pourrai aussi me contenter d’enfiler mon maillot à croix-blanche.

Gagner à la maison sans public, c’est un peu triste non?
Oui, clairement. J’avais de la famille et des amis aujourd’hui. Je leur ai dit de rester à un kilomètre, comme ça, ils ont pu me voir aussi arriver. Mais là c’est clair que j’aimerais les voir et célébrer un peu avec eux.

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