Débouchés économiques: L'accord sur le nucléaire iranien profitable à la Suisse?
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Débouchés économiquesL'accord sur le nucléaire iranien profitable à la Suisse?

La Suisse jouit d'une très bonne réputation à Téhéran. Elle a toujours occupé une position particulière, jouant notamment pendant 35 ans les intermédiaires entre les Etats-Unis et l'Iran.

L'ambassade de Suisse à Téhéran. Pendant 35 ans, notre pays a servi d'intermédiaire entre les Etats-Unis et l'Iran.

L'ambassade de Suisse à Téhéran. Pendant 35 ans, notre pays a servi d'intermédiaire entre les Etats-Unis et l'Iran.

ARCHIVES, Keystone

L'accord historique sur le nucléaire iranien pourrait ouvrir des portes à l'économie suisse. Une première délégation économique helvétique depuis plus de dix ans s'était rendue à Téhéran en avril dernier pour sonder le terrain.

La Suisse est bien positionnée pour développer des échanges avec ce pays, avait souligné la cheffe de la délégation suisse Livia Leu à l'issue du voyage. A ses yeux, la Suisse jouit d'une très bonne réputation en Iran. Elle a toujours occupé une position particulière, dont elle a usé quand elle a joué pendant 35 ans les intermédiaires entre les Etats-Unis et l'Iran.

«Cette compréhension politique et diplomatique sera très appréciée. Et notre neutralité joue aussi en notre faveur», avait affirmé Livia Leu, qui a occupé le poste d'ambassadeur de Suisse en Iran de 2009 à 2013.

Fort de 80 millions d'habitants au niveau d'éducation élevé, l'Iran représente un «marché très intéressant». Il dispose par exemple d'importants gisements de pétrole et de gaz. «Le potentiel est énorme dans de nombreux domaines. Mais au final cela dépendra de ce que l'Iran veut faire et des priorités qui seront fixées», avait précisé la responsable des relations bilatérales au Secrétariat d'Etat à l'économie (SECO).

Nombreuses possibilités

Il existe beaucoup de possibilités pour les entreprises suisses, qui ce soit dans les infrastructures, comme par exemple les transports, mais aussi dans le secteur des cleantechs. L'Iran représente également un marché intéressant pour les biens de consommation, comme les médicaments ou les denrées alimentaires.

Les Iraniens souhaitent en outre développer leur secteur touristique, ce qui pourrait entraîner des collaborations entre les deux pays, expliquait Livia Leu début mai dans un entretien accordé au quotidien Le Temps.

Le volume des échanges entre l'Iran et la Suisse se montait l'an dernier à 640 millions de francs. La Suisse fournit des marchandises à l'Iran pour environ 610 millions de francs, tandis qu'en sens inverse, les exportations iraniennes atteignent seulement 30 millions.

Besoin d'investissements

La levée des sanctions internationales contre l'Iran dans le cadre de l'accord nucléaire scellé avec les grandes puissances devrait relancer l'économie iranienne en crise. Cette reprise devrait toutefois mettre plusieurs mois à se faire sentir, selon des experts.

Le pays a désormais «besoin d'un développement technologique et industriel et il faudra (pour cela) dépenser des milliards de dollars, à moins que les investisseurs reviennent», a affirmé Daniel Bernbeck, responsable de la Chambre de commerce irano-allemande à Téhéran.

Le pétrole, secteur vital pour l'économie iranienne, mais vieillissant et sous-développé depuis dix ans, a un besoin urgent d'investissements. L'Iran, qui possède les quatrièmes réserves mondiales de pétrole, a vu sa production chuter à moins de 3 millions de baril par jour (mbj) depuis 2012, et ses exportations diminuer de moitié, environ 1,3 mbj actuellement contre 2,5 mbj en 2011.

(ats)

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