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PétroleL'action Petroplus en hausse après un accord temporaire

Un accord temporaire entre Petroplus et les banques a fait s'envoler jeudi matin l'action du premier raffineur indépendant en Europe.

Malgré la hausse de l'action de Pétroplus, la situation du groupe demeure opaque et tendue.

Malgré la hausse de l'action de Pétroplus, la situation du groupe demeure opaque et tendue.

Keystone

L'action Petroplus était en forte hausse jeudi après l'annonce mercredi soir d'un accord temporaire de facilité de crédit avec les banques.

Le premier raffineur indépendant en Europe doit ainsi pouvoir poursuivre ses activités sur les sites de Coryton (Angleterre) et Ingolstadt (Allemagne).

Vers 10h45, Petroplus s'envolait de 30,8% à 1,57 franc, dans des volumes de transactions élevés. A l'ouverture, l'action de la firme zougoise a même pris 47,5%. Ce rebond n'est toutefois pas à surestimer dans la mesure où le titre affiche toujours un repli de 31% par rapport à son cours de fin 2011.

Les intervenants saluent l'annonce de l'accord temporaire, qui ne représente rien de plus qu'une courte pause dans le processus de recherche de solutions en cours. La situation du groupe demeure opaque et tendue, mais il gagne du temps pour trouver une sortie de crise solide, commente la Banque cantonale de Zurich

UBS est également de cet avis. Avec cet accord, le scénario le plus noir, soit celui d'une faillite, s'éloigne temporairement. Si les activités des sites de Coryton et Ingolstadt sont pour le moment en partie assurées, l'avenir des sites de Cressier (NE), Petit- Couronne (F) et Anvers (B) n'a pas été évoqué hier et reste en suspens. Pour les analystes de la banque, il faut s'attendre à une fermeture définitive ou une vente.

Seule alternative: un repreneur

L'intersyndicale de la raffinerie de Petit-Couronne considère de son côté que «la seule alternative passe par un repreneur». La dernière annonce en date du groupe «ne doit pas être prise comme la fin d'un processus mais un simple changement de phase», a déclaré jeudi Yvon Scornet, porte.parole de l'intersyndicale CGT-CFDT-CFE/ CGC, dans un message aux salariés.

Le ministre français de l'industrie Eric Besson s'est quant à lui dit «choqué» par le «silence» de Petroplus sur l'avenir des trois sites non mentionnés. Il a par ailleurs indiqué qu'il devait recevoir dans l'après-midi Jean-Paul Vettier, le directeur de la société.

Le 27 décembre, Petroplus annonçait qu'elle s'était vu refuser une ligne de crédit de 1 milliard de dollars (1,21 milliard de francs) jugée «indispensable» au bon fonctionnement de ses opérations d'achat de brut. La situation était devenue critique depuis que le 5 janvier, la société avait indiqué que les banques avaient gelé toutes les facilités de crédit, qui totalisaient 2,1 milliards de dollars.

Les raffineries de Petit-Couronne et Anvers ont été fermées début janvier, alors que celle de Cressier, où travaillent 260 personnes, le sera la semaine prochaine. Le débit des raffineries de Coryton et Ingolstadt a été réduit.

(ats)

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