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Suisse - UEL'adhésion de la Roumanie et la Bulgarie à Schengen est reportée

Les ministres de l'Intérieur de l'UE ont reporté jeudi l'adhésion de la Roumanie et de la Bulgarie à l'espace Schengen.

Simonetta Sommaruga estime que la Roumanie et la Bulgarie doivent encore faire des progrès dans le domaine de la justice.

Simonetta Sommaruga estime que la Roumanie et la Bulgarie doivent encore faire des progrès dans le domaine de la justice.

Même si la Roumanie et la Bulgarie remplissent les conditions techniques, ils doivent encore faire des progrès dans le domaine de la justice, a déclaré Simonetta Sommaruga.

En marge d'une réunion des ministres de l'Intérieur de l'UE, le ministre allemand de l'Intérieur Hans-Peter Friedrich a déclaré que «le moment» de l'adhésion roumaine et bulgare «n'est pas encore venu» et promis de revenir sur le sujet «d'ici la fin de l'année».

L'accord pour les adhésions des deux pays doit être pris à l'unanimité. Les candidats doivent démontrer qu'ils luttent contre la corruption et sont en mesure de contrôler leurs frontières, car elles vont devenir les frontières extérieures de l'espace Schengen.

Systèmes sociaux avantageux

Certains Etats, comme les Pays-Bas, ont justifié leurs réticences en évoquant le risque d'un afflux chez eux de citoyens roumains ou bulgares attirés par des systèmes sociaux avantageux.

Cependant, «aucun Etat membre n'a pu fournir une quelconque preuve sur les problèmes que poserait le tourisme des allocations», a fait remarquer le porte-parole du commissaire européen chargé des Affaires sociales, Laszlo Andor.

Dans l'attente depuis deux ans, les ministres roumain et bulgare ont déploré cette absence de décision. Ils ont rappelé que leurs pays ont dépensé beaucoup d'argent pour répondre à tous les critères d'adhésion. En vain.

Aides sociales prisées

La question des abus liés à la libre circulation au sein de l'Union européenne a par ailleurs été abordée par les ministres de l'Intérieur allemand, néerlandais, britannique et autrichien lors de discussions informelles. Les quatre pays veulent que la Commission européenne s'attaque au problème.

Pour l'Allemand Hans-Peter Friedrich, les personnes qui n'émigrent que pour bénéficier d'aides sociales plus élevées doivent être expulsées et interdites temporairement d'entrée dans le pays qui les a accueillies, comme c'est la règle pour les auteurs de crimes.

Il a exigé que la problématique soit discutée «à un niveau européen», proposant qu'elle soit inscrite à l'ordre du jour de la prochaine rencontre des ministres de l'Intérieur prévue en juin.

De son côté, la commissaire européenne en charge des affaires intérieures Cecilia Malmström a relativisé le problème, estimant qu'en temps de crise économique, il est normal que les individus cherchent à améliorer leur situation en quittant leur pays.

Système d'informations en place

Toujours à Bruxelles, le Conseil Justice et Affaires intérieures de l'UE a annoncé que la mise en oeuvre de la deuxième génération du système d'informations de Schengen aura lieu le 9 avril.

La conseillère fédérale Simonetta Sommaruga s'est réjouie de cette nouvelle et a rappelé qu'à l'instar de plusieurs autres pays, «la Suisse a critiqué à plusieurs reprises la gestion des coûts» de ce programme, dont la mise en oeuvre a été retardée pendant des années à cause de problèmes techniques.

C'est ainsi qu'au lieu de coûter 15 à 20 millions d'euros (18 à 24 millions de francs), SIS II reviendra à environ 160 millions d'euros.

Tous les Etats Schengen participent au système SIS II, soutenu financièrement par 22 des 27 pays de l'UE et les quatre membres de l'Association européenne de libre-échange (AELE: Suisse, Norvège, Liechtenstein et Islande).

«Frontières intelligentes» au programme

Cette réunion des ministres de l'Intérieur de l'UE devait aussi permettre à la Commission européenne de les informer du projet «frontières intelligentes», qui a été dévoilé la semaine dernière. Ce programme permettra aux voyageurs des Etats tiers de faciliter leurs déplacements, tout en améliorant la surveillance des frontières.

(ats)

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