Aviation: L'aéroport de Genève redémarre en douceur
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AviationL'aéroport de Genève redémarre en douceur

Un semblant de vie est revenu à Cointrin où 2500 passagers sont venus prendre les 15 vols prévus ce lundi.

Cointrin a rouvert ses portes, pour le plus grand bonheur des compagnies aériennes, dont Swiss.

Ce n'était pas l'effervescence des grands jours, lundi matin, à l'aéroport de Genève. Néanmoins, la venue de 2500 passagers durant la journée a redonné un semblant de vie à l'établissement après une crise sanitaire qui l'avait transformé en ville fantôme

Le panneau des départs affichait 15 vols en ce début de semaine, à destination de Paris, Londres, Francfort, Rome, Lisbonne ou encore Munich. Le redémarrage est timide. Mardi, il n'y aura que 9 rotations. Un peu plus mercredi. L'évolution imprévisible de la situation sanitaire rend impossible une planification à long terme.

Le directeur général de l'aéroport de Genève André Schneider a toutefois une certitude: le retour à la fréquentation d'avant la pandémie de coronavirus n'est pas pour demain. Il faudra deux ou trois ans pour retrouver le niveau de 2019, année durant laquelle l'aéroport a accueilli un peu moins de 18 millions de personnes.

Encore loin du compte

En cette saison, le nombre quotidien de passagers oscille normalement entre 40 000 et 60 000. Avec 2500 passagers, l'écart à combler reste considérable. Lundi, la plupart des boutiques et magasins de l'aéroport avaient encore leur rideau tiré, l'affluence n'étant pas suffisante pour rentabiliser une ouverture.

Les passagers étaient accueillis à leur entrée par des employés de l'aéroport qui leur distribuaient des masques de protection et des petits chocolats. Le personnel était visiblement content de revoir un peu de monde aux guichets, aux bornes d'enregistrement et dans les salles d'embarquement.

Masque recommandé le matin

Concernant les mesures sanitaires, l'aéroport a scindé la journée en deux. Le matin, lorsque la majorité des avions partent, le port du masque est recommandé pour tous. L'après-midi, quand l'activité baisse un peu d'intensité, il suffit aux gens de respecter la distanciation sanitaire.

Il faudra attendre au plus tôt le mois prochain pour avoir un choix de destinations plus exotiques au départ de Genève. Personne ne veut toutefois avancer de date précise pour la reprise des vols intercontinentaux. Tout dépendra du virus. Les frontières pourraient rester hermétiques en cas de nouvelle vague épidémique.

50 arrivées et départs à Zurich

Le tableau n'est pas franchement différent à l'aéroport de Zurich, même si sa taille et sa fonction de plaque tournante impliquent un plus grand nombre de vols. Lundi, 50 atterrissages et décollages y étaient programmés, soit à peine plus que le nombre recensé avant la réouverture des frontières. C'est infime, comparé au trafic enregistré avant la crise du coronavirus, indique l'aéroport.

«Nous nous trouvons au début du retour à une nouvelle normalité», souligne la société exploitante de l'aéroport de Zurich. La vie a repris quelque peu son cours dans les commerces du site. Tous les magasins accessibles à chacun sont ouverts. Une partie de ceux qui se trouvent au-delà des contrôles de sécurité sont en revanche encore fermés. Leur réouverture complète est agendée au 6 juillet.

Mieux cibler les vols

La Coordination pour un aéroport respectueux de la population et de l'environnement (CARPE) est sur ses gardes depuis la reprise progressive des vols à Cointrin. Elle demande notamment de mieux cibler les vols et de réduire leur nombre. Pour elle, l'aéroport devrait se concentrer sur les vols stratégiques pour l'économie et la Genève internationale. La coordination rappelle qu'avec l'arrêt des vols pendant la pandémie, la qualité de vie des riverains s'est nettement améliorée.

Le directeur général de l'aéroport de Genève, André Schneider, est conscient des nuisances occasionnées par le trafic aérien. Des réflexions sont menées depuis plusieurs années. Les avions deviennent moins bruyants et moins gourmands en carburant. Une réorientation radicale de l'offre n'est cependant pas envisagée.

Genève a besoin de liaisons aériennes avec des plaques tournantes proches comme Zurich, Francfort ou Paris, relève M.Schneider. Par ailleurs, fait remarquer le patron de l'aéroport genevois, de nombreuses destinations européennes rapidement accessibles en avion nécessitent parfois 20 heures de voyage avec un autre mode de transport.

(ats)

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