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Justice militaireL'affaire du garde-frontière n'est pas terminée

Un garde-frontière a été condamné début décembre pour la mort d'un enfant à naître d'une Syrienne. Les parties font recours du jugement.

Centre d'enregistrement des requérants à Vallorbe (VD) d'où était partie la famille syrienne pour être raccompagnée à Domodossola en Italie.

Centre d'enregistrement des requérants à Vallorbe (VD) d'où était partie la famille syrienne pour être raccompagnée à Domodossola en Italie.

Archives/Photo d'illustration, Keystone

Tant le procureur que le défenseur du garde-frontière et l'avocate de la famille ont fait recours, a indiqué vendredi le porte-parole de la justice militaire, Mario Camelin. Le cas part devant la prochaine instance, le Tribunal militaire d'appel.

Le garde-frontière de 57 ans a été condamné à une peine privative de liberté de 7 mois et à une peine pécuniaire de 60 jours-amendes à 150 francs, le tout assorti du sursis. Il a été reconnu coupable de lésions corporelles par négligence, de tentative d'interruption de grossesse et de violations répétées des prescriptions de service.

La famille syrienne, dont la femme était enceinte de sept mois, avait été interceptée à la frontière franco-suisse début juillet 2014. Elle tentait de gagner la France depuis l'Italie en compagnie d'un groupe d'une trentaine de réfugiés.

Les réfugiés avaient pris place dans un bus afin d'être refoulés en Italie par Brigue (VS). Le garde-frontière assumait seul la responsabilité du groupe pendant ce transport.

Mort-né en Italie

Peu avant l'arrivée à Brigue, la femme enceinte s'était plainte de douleurs et de saignements, problèmes qui s'étaient aggravés rapidement. A plusieurs reprises, son mari avait réclamé en vain une assistance médicale pour sa femme. Ce n'est que lorsqu'il avait fallu la porter dans le train à destination de l'Italie que le militaire avait reconnu que la femme n'allait pas bien du tout.

Au lieu d'appeler un médecin, il avait tout de même fait embarquer les réfugiés dans le convoi qui devait les emmener à Domodossola (I). Le garde-frontière avait ensuite appelé les autorités italiennes pour les informer qu'une femme enceinte souffrante se trouvait à bord. Cette dernière mit au monde à l'hôpital de Domodossola un bébé mort-né prénommé Sarah.

(ats)

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