Actualisé 15.06.2015 à 17:52

EtudeL'Afrique séduit les investisseurs étrangers

Le continent africain est devenu la 2e destination mondiale des investissements étrangers en 2014, réalisant un bond phénoménal par rapport à 2013.

Johannesburg, en Afrique du Sud.

Johannesburg, en Afrique du Sud.

AFP

L'Afrique est la deuxième destination mondiale des investissements étrangers, permettant la création d'un nombre record d'emplois sur le continent l'an dernier, selon une étude du cabinet de conseils et d'audit EY (ex-Ernst & Young).

Le continent noir a attiré 17,1% des investissements directs étrangers dans le monde en 2014, contre 7,8% en 2013. Seule l'Asie-Pacifique a fait mieux, affirme EY.

Les capitaux investis directement en Afrique en 2014 se sont élevés au total à 128 milliards de dollars, en hausse de 136% comparé à 2013, selon cette enquête publiée lundi 15 juin à New York.

De retour en Afrique du Nord

Les investisseurs sont revenus en Afrique du nord, notamment au Maroc et en Egypte, attirés par les projets d'agrandissement du Canal de Suez, du métro du Caire, de la modernisation des chemins de fer égyptiens et de la construction d'installations portuaires, résume EY.

Treize projets de construction en Afrique du nord ont attiré 40 milliards de dollars à eux seuls, selon le cabinet, qui observe aussi des investissements de groupes agroalimentaires comme Nestlé et Almarai qui veulent profiter de l'essor de la consommation.

«Les investisseurs estiment que les incertitudes politiques créées par le Printemps arabe ont commencé à se dissiper», explique à l'AFP James Newlands, responsable chez EY du centre Amériques-Afrique.

Explosion de projets hôteliers

L'Afrique sub-saharienne, qui devrait connaître un des taux de croissance les plus importants dans le monde cette année, devrait rester attirante grâce à ses ressources naturelles et à l'explosion de projets hôteliers, remarque EY. Le groupe Marriott International est en train de s'y développer.

Dans l'ensemble, la plupart des fonds sont allés en 2014 vers des méga-projets: en moyenne, 174,5 millions de dollars ont été injectés par projet contre 67,8 millions de dollars en 2013.

Le géant pétrolier français Total a par exemple investi 16 milliards de dollars dans un projet pétrolier en coentreprise en Angola baptisé Kaombo, dont les réserves pétrolières sont estimées à 650 millions de barils, selon EY.

Nouvelles tendances

Si les infrastructures et les projets énergétiques se taillent toujours la part du lion, EY note l'émergence de nouvelles tendances: l'immobilier, l'hôtellerie, les médias et les télécommunications, la distribution, les services financiers et la technologie.

Ces capitaux ont permis de créer 188'400 emplois sur le continent, soit une hausse de 68% sur un an, selon EY.

La plupart de ces fonds viennent des investisseurs américains, britannique, français, des Emirats arabes Unis, du Portugal, d'Allemagne, de Chine, d'Inde, d'Espagne, mais aussi d'Afrique du Sud.

Encore du travail

Toutefois, l'Afrique a encore beaucoup à faire pour complètement séduire les investisseurs, selon EY.

Sur les 501 entrepreneurs et dirigeants d'entreprises interrogés par EY pour cette enquête, 55% estiment que l'instabilité politique en Afrique reste un frein aux investissements. Viennent ensuite la corruption, l'insécurité, le manque d'infrastructures, le manque de personnels compétents, l'absence de transparence en matière règlementaire et l'absence de mesures incitatives en matières fiscale et financière.

Ces barrières ont affecté le nombre de projets lancés par les investisseurs étrangers en 2014: ceux-ci ont baissé de 8,4% contre 3,1% en moyenne dans le monde.

(AFP)

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