Publié

EtudeL'âge d'or des techniques médicales touche à sa fin en Suisse

Face aux défis d'une concurrence toujours plus vive, d'une pression sur les prix accrue et de la vigueur du franc, l'âge d'or des techniques médicales touche à sa fin en Suisse, selon une étude.

La concurrence et la pression sur les prix pèsent sur le domaine des techniques médicales.

La concurrence et la pression sur les prix pèsent sur le domaine des techniques médicales.

Keystone

Au regard de la première analyse effectuée en 2006, la dernière édition de l'étude sur le secteur des technologies médicales présentée jeudi à Zurich par la Fédération de la technologie médicale suisse (FASMED) fait apparaître un contexte entièrement différent. Si le secteur se porte toujours bien, il doit faire face à un plus grand nombre de défis.

Face aux changements des conditions-cadre, la croissance de la branche a été quasiment divisée par deux ces dernières années et elle ne devrait plus qu'afficher un taux à un seul chiffre à l'avenir, estiment les auteurs de l'étude. Cette année, l'industrie des technologies médicales devrait enregistrer des ventes en hausse de 5,9% par rapport à l'an passé.

Pour 2013, la hausse devrait s'établir à 6,6%. Selon l'enquête menée auprès de plus de 320 compagnies, 43% d'entre elles escomptent une croissance de leurs ventes supérieure à 10% en 2012. Pour 2013, elles sont 45% à tabler sur une hausse identique de leurs livraisons.

Ventes supérieures à 12 milliards

Moins optimistes, 27% des entreprises interrogées attendent cette année une expansion de leur chiffre d'affaires jusqu'à 10% (29% pour 2013), alors qu'un près d'un autre quart (24%) estiment que leurs ventes vont stagner (25% pour 2013). Seule une entreprise sur cent s'attend à un déclin modéré cette année, soit entre 0 et 5%, et aucune pour l'an prochain.

Selon l'étude, les quelque 1600 entreprises de ce secteur d'activité, dont 850 sous-traitants et fabricants ainsi que 750 revendeurs et prestataires de services, ont dégagé un chiffre d'affaires de 12,5 milliards de francs. Un montant qui représente 2,1% du produit intérieur brut de la Suisse.

Ces sociétés comptaient plus de 51'000 postes de travail à plein temps à fin 2011, la vaste majorité d'entre elles, soit plus de 90%, employant moins de 250 collaborateurs. Alors que la branche recensait 45'000 salariés en 2007 et 49'000 en 2009, la croissance de l'emploi s'est aussi tassée ces dernières années.

En termes d'employés, la société américaine Johnson & Johnson Medical, laquelle s'est emparée de Synthes, représente la plus grande entreprise du secteur en Suisse, avec 4500 salariés dont plus d'un millier dans le canton de Neuchâtel. Elle est suivie par la bâloise Roche Diagnostics (2110 collaborateurs), une autre américaine, Medtronic (1200), la zurichoise Sonova (1200) et encore une firme d'outre-Atlantique, Zimmer.

Soigner les contacts

Sur les dix plus grandes sociétés, quatre sont des filiales de groupes sis aux Etats-Unis (Johnson & Johnson Medical, Medtronic, Zimmer et Stryker) et une d'une multinationale allemande (B. Braun). A ce titre, il convient de choyer les contacts de haut rang avec les sièges de ces compagnies qui pourraient être tentées par des délocalisations, relève l'étude.

Les exportations de la branche se sont montées à 8,8 milliards de francs, contribuant à 5,5% de l'ensemble des livraisons des entreprises helvétiques à l'étranger. Des envois qui ont pris la direction des Etats-unis pour une valeur de 1,78 milliard de francs, suivis de près par l'Allemagne (1,77 milliard).

Les Pays-Bas occupent le 3e rang (1,13 milliard de francs), devant la Belgique (533 millions). Un classement qui s'explique par le fait que ces deux derniers pays abritent de nombreux centres de distribution. Ils sont suivis de la France (437 millions) et du Japon (334). Premier marché émergent de la liste, la Chine se place en 9e position.

Les obstacles à franchir pour accéder à ces derniers marchés constituent d'ailleurs pour bon nombre d'entreprises suisses un défi de taille. De petite taille, la grande majorité ne dispose pas de ressources humaines et financières en suffisance pour accomplir ce pas.

De ce fait, les auteurs de l'étude estiment que les sociétés suisses doivent participer activement à la consolidation du secteur. Ils recommandent également que la Confédération apporte plus de soutien aux exportations, à l'image de ce dont bénéficient les concurrents français, allemands et américains.

(ats)

Votre opinion