Santé: L'alcool tue plus en Romandie
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SantéL'alcool tue plus en Romandie

On boit deux fois plus de ce côté-ci de la Sarine. Ce qui expliquerait une mortalité plus importante due à des problèmes de foie.

par
Pascale Bieri
On boit plus en pays romand. D'où un nombre plus importants de morts liées à des problèmes de foie.

On boit plus en pays romand. D'où un nombre plus importants de morts liées à des problèmes de foie.

shock/Fotolia

Vivre en Suisse romande ou au Tessin augmente nos risques de mourir d’un problème au niveau du foie. De cirrhose, notamment. C’est ce que démontre une étude réalisée par l’Institut tropical et de santé publique suisse, à Bâle, qui porte sur 700 décès survenus entre 2008 et 2012. L’explication de ce nouveau Röstigraben? Pas besoin de chercher bien loin, pour les experts bâlois. «Le phénomène est clairement lié à la consommation d’alcool plus élevée dans l’ouest de la Suisse», assurait hier l’un d’entre eux, Gerhard Gmel, dans les colonnes de la SonntagsZeitung.

Cirrhose et cancers

Le Pr Beat Müllhaupt, spécialiste du foie à l’Hôpital universitaire de Zurich, abonde dans ce sens, même s’il nuance ses dires, en soulignant que ces différences de mortalité interrégions pourraient également tenir au fait que les médecins romands et tessinois déclarent plus facilement le foie comme cause de la mort sur les certificats de décès. Reste que, concrètement, c’est une réalité. On boit davantage d’alcool de ce côté-ci de la Sarine. Selon une enquête du Monitorage suisse des addictions datant de 2014, la consommation quotidienne d’alcool y est presque deux fois plus importante que du côté alémanique (respectivement 14,7% et 8,2% de la population).

En Suisse italienne, ce sont même 20,8% des habitants qui boivent quotidiennement de l’alcool. Et il est largement reconnu que la consommation de boissons enivrantes est liée à une série de maladies telles que la cirrhose du foie et certains cancers. De là à conclure que les Romands sont tous des poivrots, il n’y a qu’un pas qui fait bondir Jean-Félix Savary, secrétaire général du Groupement romand d’études des addictions (GREA). «Ce genre d’étude ne sert qu’à stigmatiser les Romands, s’enflamme-t-il. Que cherche-t-on à démontrer? Que nous avons des comportements à risque qui font augmenter les coûts de la santé?»

Et d’ajouter: «La consommation d’alcool non problématique est effectivement plus importante en Suisse romande, notamment pour des questions culturelles. En revanche, la répartition entre les différentes régions est nettement moins évidente quand on parle des gros buveurs.» Quant au lien fait entre décès consécutifs à un problème lié au foie et consommation d’alcool, il est un peu réducteur pour le secrétaire général du GREA. «On sait que les maladies sont causées par de multiples facteurs: environnemental, comportemental, génétique…».

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