Justice: L'Allemagne autorise la remise à Madrid de Puigdemont
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JusticeL'Allemagne autorise la remise à Madrid de Puigdemont

La justice allemande a autorisé jeudi la remise à l'Espagne du leader indépendantiste Carles Puigdemont pour malversations. «Nous nous battrons jusqu'au bout», assure celui-ci.

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Le 27 octobre 2017, le Parlement de Catalogne annonçait que la région devenait une République. Une rupture sans précédent en Espagne. Mais le torchon brûle depuis longtemps entre Barcelone et Madrid.

Le 27 octobre 2017, le Parlement de Catalogne annonçait que la région devenait une République. Une rupture sans précédent en Espagne. Mais le torchon brûle depuis longtemps entre Barcelone et Madrid.

Keystone
La tension commence vraiment avec la «guerre des Faucheurs». Les paysans catalans se révoltent en 1640 contre le roi qui les écrase sous les taxes pour financer la guerre contre la France et tuent le vice-roi. Cet épisode constitue l'hymne national catalan.

La tension commence vraiment avec la «guerre des Faucheurs». Les paysans catalans se révoltent en 1640 contre le roi qui les écrase sous les taxes pour financer la guerre contre la France et tuent le vice-roi. Cet épisode constitue l'hymne national catalan.

Antoni Estruch i Bros, Els Segadors, 1907
Mais les choses se gâtent encore plus le 11 septembre 1714. Durant la guerre de succession d'Espagne, Barcelone choisit le camp des Habsbourg contre les Bourbon. Ceux-ci triomphent et leur roi, Felipe V, écrase la ville. Une chute commémorée via la fête nationale catalane.

Mais les choses se gâtent encore plus le 11 septembre 1714. Durant la guerre de succession d'Espagne, Barcelone choisit le camp des Habsbourg contre les Bourbon. Ceux-ci triomphent et leur roi, Felipe V, écrase la ville. Une chute commémorée via la fête nationale catalane.

L'Onze de Setembre de 1714 – d'Antoni Estruch i Br

La justice allemande a autorisé jeudi la remise à Madrid du chef indépendantiste catalan Carles Puigdemont pour malversations. Elle a par contre rejeté le motif plus grave de rébellion pour lequel il est inculpé en Espagne.

«L'extradition pour l'accusation de détournement de fonds publics est recevable, une extradition pour l'accusation de rébellion n'est pas recevable», a indiqué le tribunal du Schleswig-Holstein. Il revient désormais au procureur d'organiser cette remise aux autorités espagnoles.

Dans l'intervalle, «Carles Puigdemont reste libre», a ajouté le tribunal. Il a précisé par la suite qu'il allait «décider sous peu de l'autorisation d'extrader l'accusé pour détournement de fonds».

Carles Puigdemont a assuré qu'il se battrait «jusqu'au bout». «Nous avons vaincu le principal mensonge soutenu par l'Etat. La justice allemande dit que le référendum du 1er octobre n'est pas de la rébellion», a ajouté Puigdemont.

Le successeur de Puigdemont à la tête du gouvernement catalan, Quim Torra, a de son côté assuré sur Twitter que la décision de la justice allemande «démontre une fois de plus les tromperies et les mensonges de poursuites judiciaires qui n'auraient jamais dû être entamées».

Accusation «aberrante»

La décision du tribunal porte un coup aux chefs d'accusations espagnols. Elle peut empêcher un procès pour rébellion, crime passible de 30 ans de prison en Espagne: «la cour part du principe que le tribunal espagnol respectera (la décision allemande) et qu'il ne poursuivra pas l'accusé Puigdemont pour rébellion en plus de l'accusation de corruption».

Les juges ont aussi rejeté les arguments de l'indépendantiste catalan qui estimait être victime de poursuites politiques et que dès lors son extradition devait être interdite. «Il est aberrant de porter (une telle accusation) contre l'Etat espagnol, membre de la communauté de valeur et de l'espace juridique de l'Union européenne», estime le tribunal.

Poursuivi pour rébellion et détournements de fonds en Espagne en raison du référendum d'indépendance catalan organisé à l'automne 2017, Carles Puigdemont s'était réfugié en Belgique après sa destitution de la présidence catalane par Madrid et de là voyageait pour tenter d'internationaliser son combat. Il avait été interpellé fin mars dans le nord de l'Allemagne. Il revenait d'un déplacement en Finlande, en voiture, en route pour la Belgique.

Madrid réagit

(AFP)

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