Crise migratoire: L'Allemagne menace de sanctions certains pays de l'UE

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Crise migratoireL'Allemagne menace de sanctions certains pays de l'UE

La diplomatie allemande juge que l'accueil des réfugiés dans le cadre des quotas de répartition doit être respecté.

Frank-Walter Steinmeier estime que tous le pays de l'Union européenne doivent se soumettre aux conditions des relocalisations de réfugiés.

Frank-Walter Steinmeier estime que tous le pays de l'Union européenne doivent se soumettre aux conditions des relocalisations de réfugiés.

Archives, Reuters

Le chef de la diplomatie allemande Frank-Walter Steinmeier a menacé samedi de sanctions juridiques les pays de l'Union européenne qui refusent d'accueillir des réfugiés dans le cadre d'un programme de quotas de répartition. Selon lui, la solidarité européenne n'est pas «à sens unique».

«L'Europe est une communauté de droit», a avancé le ministre allemand des Affaires étrangères dans un entretien à l'hebdomadaire Der Spiegel. «La parole donnée compte». Et «si on ne peut pas faire autrement, les choses seront réglées par les voies juridiques prévues à cet effet», a-t-il ajouté.

La Slovaquie et la Hongrie pointées

Frank-Walter Steinmeier vise notamment la Slovaquie et la Hongrie qui ont porté plainte auprès de la justice européenne contre les quotas de répartition de réfugiés entre les Etats membres de l'UE adoptés en septembre.

«La solidarité européenne n'est pas une voie à sens unique», a martelé Frank-Walter Steinmeier. «Ceux qui refusent (d'accueillir ces réfugiés) doivent savoir ce qui est également en jeu pour eux: des frontières ouvertes en Europe», a-t-il souligné.

Vingt-cinq familles chrétiennes

Frank-Walter Steinmeier n'est pas le premier à proférer des menaces contre les pays récalcitrants, qui accueillent pourtant peu de réfugiés. Le chancelier autrichien Werner Faymann a estimé que ces pays, qui reçoivent plus d'argent de l'UE qu'ils n'en versent au budget, pourraient voir la donne financière modifiée s'ils persistent dans leur refus.

La Slovaquie, qui s'est distinguée par son souhait de ne recevoir sur son territoire que des migrants chrétiens, ne compte accueillir, à titre volontaire, que vingt-cinq familles, soit au total 149 réfugiés chrétiens d'Irak.

Dans le cadre d'une relocalisation de 160'000 réfugiés dans différents pays de l'UE, la Slovaquie doit recevoir près de 2300 personnes. Mais le plan européen adopté en septembre a bien du mal à se concrétiser.

Soutien à Frontex

Lors d'un sommet européen jeudi et vendredi, les Etats membres ont fait front commun pour rappeler l'urgence de mieux protéger les frontières extérieures de l'UE. Pour ce faire Berlin devrait envoyer en Grèce une centaine de policiers, des hélicoptères et des bateaux, pour soutenir la mission de l'agence européenne Frontex, chargée de la surveillance de ces frontières, selon Der Spiegel.

Sous la direction de la Grèce, Frontex doit, avec environ 850 hommes, permettre de reprendre le contrôle de la frontière entre la Turquie et les îles grecques de la mer Égée, où sont passés des centaines de milliers de réfugiés en quête d'Europe.

(ats)

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