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EspionnageL'Amérique latine pourrait accueillir Snowden

Les pays sud-américains pourraient accueillir l'ex-consultant du renseignement américain Edward Snowden, bloqué depuis seize jours à l'aéroport de Moscou.

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Des migrants pauvres avaient caché dans leurs appartements à Hong Kong Edward Snowden en 2013. Aujourd'hui, les réfugiés craignent pour leur sécurité et ils demandent l'asile au Canada. (9 mars 2017)

Des migrants pauvres avaient caché dans leurs appartements à Hong Kong Edward Snowden en 2013. Aujourd'hui, les réfugiés craignent pour leur sécurité et ils demandent l'asile au Canada. (9 mars 2017)

archive, AFP
La justice norvégienne a de nouveau débouté mercredi l'ex-consultant de l'Agence de sécurité américaine (NSA), Edward Snowden. Il demandait des garanties contre une éventuelle extradition s'il venait chercher une récompense en Norvège. (Mercredi 28 septembre 2016)

La justice norvégienne a de nouveau débouté mercredi l'ex-consultant de l'Agence de sécurité américaine (NSA), Edward Snowden. Il demandait des garanties contre une éventuelle extradition s'il venait chercher une récompense en Norvège. (Mercredi 28 septembre 2016)

Reuters
Le fondateur du site WikiLeaks Julian Assange a recommandé à l'Américain Edward Snowden d'être «extrêmement prudent» s'il sortait de Russie, pays qui vient de lui renouveler l'asile et de lui permettre de voyager à l'étranger. (7 août 2014)

Le fondateur du site WikiLeaks Julian Assange a recommandé à l'Américain Edward Snowden d'être «extrêmement prudent» s'il sortait de Russie, pays qui vient de lui renouveler l'asile et de lui permettre de voyager à l'étranger. (7 août 2014)

Keystone

Après avoir enfin reçu une offre d'asile politique de pays d'Amérique Latine, l'ex-consultant du renseignement américain Edward Snowden semblait ne pas avoir quitté lundi Moscou où il est bloqué depuis seize jours, sans que l'on puisse en connaître la raison.

Recherché pour espionnage par les États-Unis après la révélation d'informations fracassantes sur un programme américain secret de surveillance des communications mondiales, Edward Snowden pourrait désormais se rendre en Bolivie, au Venezuela ou au Nicaragua, qui se sont dit prêts à l'accueillir.

L'ambassade du Nicaragua à Moscou a confirmé lundi à l'agence russe Ria Novosti avoir reçu une demande d'asile politique de Edward Snowden. Le gouvernement du Nicaragua avait révélé samedi soir que l'Américain avait expliqué dans une lettre de demande d'asile adressée à ce pays sa crainte de ne pas être jugé de façon équitable aux États-Unis et d'y risquer la prison à perpétuité.

Offres d'Amérique latine

A Moscou, les ambassades de Bolivie et du Venezuela ont déclaré à l'AFP n'avoir «aucune information» sur le sort de Edward Snowden, invisible depuis son arrivée le 23 juin dans la zone de transit de l'aéroport de Moscou-Cheremetievo, en provenance de Hong Kong où il s'était rendu après avoir quitté les États-Unis.

Interrogé par l'AFP sur le sort du fugitif américain, le porte-parole du président russe Vladimir Poutine a indiqué lundi que la Russie n'était pas concernée: «ce n'est pas notre affaire», a déclaré Dmitri Peskov. La Russie, qui n'a pas d'accord d'extradition avec les États-Unis, avait indiqué précédemment que Edward Snowden n'avait pas franchi formellement sa frontière, c'est-à-dire le contrôle des passeports, et qu'elle n'avait rien à lui reprocher.

Incertitudes

De nombreuses incertitudes planent cependant sur la manière dont Edward Snowden, qui a vu son passeport annulé par Washington, pourrait quitter l'aéroport de Moscou pour se rendre dans un pays d'accueil sans être intercepté par les Américains. L'avion du président bolivien Evo Morales avait été contraint d'effectuer une escale à Vienne, à son retour de Moscou où il était en visite la semaine dernière, plusieurs pays européens le soupçonnant de ramener avec lui Edward Snowden. Cet incident a scandalisé l'Amérique latine et avant tout le président bolivien qui a déclaré samedi qu'«en signe de protestation», son pays allait accorder l'asile politique à Snowden si celui-ci en faisait la demande. Pendant sa visite à Moscou, Evo Morales s'était dit prêt à examiner une demande d'asile de l'Américain, alimentant les rumeurs sur la présence de Edward Snowden dans son avion.

Une vingtaine de pays

La Bolivie, le Venezuela et le Nicaragua entretiennent des relations politiques tendues avec les États-Unis, et semblent pour l'heure les seules options pour l'informaticien qui a demandé l'asile politique à plus d'une vingtaine de pays et essuyé de nombreux refus.

De son côté, Cuba soutient «le droit souverain» des États d'Amérique latine d'accorder l'asile à «ceux qui sont persécutés pour leur idéal ou en raison de leur lutte pour les droits démocratiques», avait déclaré dimanche le président Raul Castro. Il a aussi condamné l'Espagne, l'Italie, la France et le Portugal qui avaient interdit le survol de leur espace aérien par l'avion du président bolivien entre Moscou et La Paz.

Nombreux obstacles

Ces développements illustrent les obstacles auxquels pourrait faire face Edward Snowden pour quitter la Russie en direction d'un des trois pays d'Amérique Latine prêts à lui accorder l'asile politique.

En outre, il n'existe pas de vol commercial direct au départ de Moscou vers la Bolivie, le Venezuela et le Nicaragua. Edward Snowden devrait donc théoriquement faire une escale à La Havane. Raul Castro n'a jusqu'ici fait aucune allusion à cette éventualité. Si le séjour de Edward Snowden à Moscou devait se prolonger encore pendant des semaines, il pourrait entraîner l'annulation de la visite du président américain Barack Obama dans la capitale russe début septembre, à la veille du G20 à Saint-Pétersbourg, affirme lundi le quotidien «Kommersant» en citant une source au département d'État américain. Interrogé par l'AFP, le porte-parole de Vladimir Poutine a estimé que ces informations étaient «absurdes».

(AFP)

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