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Etats-UnisL'Amérique se tourne vers le show Trump

Quatre jours de discours, de folklore politique et de diatribes contre «Hillary-la-crapule»: la convention républicaine débute lundi à Cleveland.

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Le médecin de Donald Trump a réalisé un bulletin de santé en 5 minutes, l'an passé. (Samedi 27 août 2016)

Le médecin de Donald Trump a réalisé un bulletin de santé en 5 minutes, l'an passé. (Samedi 27 août 2016)

Reuters
Une statue peu flatteuse de Donald Trump a fait beaucoup rire, à New York. (Jeudi 18 août 2016)

Une statue peu flatteuse de Donald Trump a fait beaucoup rire, à New York. (Jeudi 18 août 2016)

AFP
Le sénateur démocrate Tim Kaine a été investi candidat à la vice-présidence des Etats-Unis. (Mercredi 27 juillet 2016)

Le sénateur démocrate Tim Kaine a été investi candidat à la vice-présidence des Etats-Unis. (Mercredi 27 juillet 2016)

Keystone

Motards enthousiastes (Bikers for Trump), manifestants exaspérés par la rhétorique trumpiste sur l'immigration et tout ce que Washington compte de journalistes politiques convergent ce week-end vers cette ville de l'Ohio, à moins de quatre mois de l'élection qui désignera le successeur du président américain Barack Obama.

L'homme d'affaires de 70 ans a promis une convention «show-biz» dans la salle omnisports où les basketteurs des Cavaliers de Cleveland, actuel champions de la NBA, jouent leurs matchs. Mais ce rassemblement est risqué pour le magnat de l'immobilier, après des semaines de cacophonie sur l'identité de son colistier qui sera finalement le très conservateur Mike Pence.

La grand-messe républicaine pourrait en effet mettre en relief son superbe isolement et jeter une lumière crue sur les lignes de fracture du «Grand Old Party», déboussolé face à ce candidat novice en politique, franc-tireur et provocateur.

Un nouveau Ronald Reagan

Après 13 mois d'une campagne au cours de laquelle il a brisé tous les codes et déjoué tous les pronostics, le milliardaire populiste a besoin d'une impulsion dans la dernière ligne droite qui lui permettrait de confirmer le léger frémissement de ces derniers jours dans les sondages, restant dans l'ensemble plutôt favorables à sa rivale démocrate Hillary Clinton. Certes, il y aura la musique, les chapeaux à éléphant (le symbole du parti républicain) et le traditionnel lâcher de ballons rouges, blancs et bleus.

Melania, Ivanka, Tiffany, Eric, Donald Jr: les membres de la famille Trump se succéderont sur scène dans la Quicken Loans Arena pour vanter les qualités de leur champion, ainsi que quelques élus et quelques sportifs. Mais la liste des absents donne le tournis. Même si Mike Pence a affirmé dans sa première interview en tant que co-listier de Donald Trump voir dans celui-ci un nouveau Ronald Reagan.

«Comme ce président que nous admirons tant, Ronald Reagan, Donald Trump comprend les angoisses et les aspirations du peuple américain comme personne ne l'a fait depuis Reagan», a-t-il déclaré à la télévision Fox News Channel. Mais nombre de républicains redoutent la défaite de leur candidat et ceux qui visent une réélection au Congrès craignent que s'afficher à ses côtés soit synonyme de déroute électorale.

Snobé par les Bush

Les deux anciens présidents républicains encore en vie, George H.W. Bush et George W. Bush, ont tourné le dos à l'homme d'affaires. Frère de George W. Bush, Jeb Bush, battu lors des primaires républicaines, a lui clairement affiché son aversion envers l'exubérant candidat. Dans une tribune au vitriol publiée vendredi dans le quotidien américain Washington Post, il affirme que Trump «ne représente ni l'avenir du pays, ni celui du parti républicain».

Les deux derniers candidats républicains ayant échoué à conquérir la Maison Blanche, John McCain et Mitt Romney, ont également gardé leurs distances. Après d'interminables tergiversations, le sénateur de Floride Marco Rubio, ancienne étoile montante du parti, a finalement annoncé qu'il n'irait pas à Cleveland. Sur le fond, Donald Trump devrait reprendre, comme il le fait depuis plusieurs jours, le thème de la loi et de l'ordre public qui avait fait le succès de Richard Nixon à la présidentielle de 1968.

Comme après les attaques de Paris, San Bernardino (Etats-Unis), Bruxelles et Orlando (Etats-Unis), il s'est présenté après le carnage de jeudi à Nice (France) comme un homme à poigne, dénonçant le laxisme et l'incompétence supposés du président Barack Obama face à la menace djihadiste, .

Hillary en retrait

Durant cette semaine toute républicaine, la démocrate Hillary Clinton tentera, elle, d'attraper quelques miettes d'attention médiatique. Elle s'exprimera lundi devant la NAACP, plus grande organisation de défense des Noirs américains, qui organise sa convention annuelle à Cincinnati (est), à 400 km au sud-est de Cleveland. Une fois le rideau tiré sur le Trump show, elle tentera de reprendre la main avec l'annonce attendue de son colistier, puis, dès le lundi 25 juillet, la convention démocrate à Philadelphie (est).

Barack Obama observera le couronnement de Trump depuis la Maison Blanche, avant de montrer à son tour en scène, le mercredi 27, pour défendre la candidature de son ancienne secrétaire d'Etat en tentant de dynamiser la campagne d'une candidate qui peine à soulever les foules.

(AFP)

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