04.04.2018 à 15:25

L'ancien «super-flic» repasse devant les juges

France

Le procès en appel de Michel Neyret a débuté à Paris. L'ex-policier a reconnu que «cette affaire avait brisé sa vie professionnelle».

Michel Neyret.

Michel Neyret.

AFP

L'ex-star de la police française, condamnée en premier ressort à deux ans et demi de prison ferme pour corruption, a reconnu mercredi «un aveuglement» dans la gestion de ses indicateurs au premier jour de son procès en appel.

«C'était un aveuglement, j'ai manqué de discernement et commis des erreurs que je n'aurais jamais dû commettre. J'ai été aveuglé par un mode de vie»... Cette affaire a «fini par briser ma vie professionnelle», a reconnu l'ex-super flic devant la Cour d'appel de Paris.

En première instance, celui qui dirigea durant vingt ans la prestigieuse brigade antigang de Lyon (sud-est) a été condamné à deux ans et demi de prison ferme. Cette peine est aménageable, ce qui éviterait à l'ex-policier, incarcéré sept mois en détention provisoire, de retourner en prison. Mais l'accusation, qui avait requis quatre ans de prison, dont deux ans et demi ferme, a fait appel.

La justice reproche à Michel Neyret d'avoir fourni des informations confidentielles à des membres du milieu lyonnais, présentés comme des «indics», en échange d'avantages, de cadeaux et d'argent liquide, et d'avoir prélevé sa dîme sur une saisie de stupéfiants pour rétribuer des informateurs.

«Pour M. Neyret, l'appel est fondé sur le fait que le tribunal l'a relaxé des poursuites pour association de malfaiteurs. Cela a pour conséquence de remettre en débat le quantum de la peine prononcée», a justifié l'avocat général Jean-Christophe Muller.

Une société créée en Suisse

Dans son viseur, la création en Suisse par l'épouse de Neyret, en liaison avec deux «informateurs», d'une société panaméenne destinée à recevoir des commissions sur des affaires via des comptes ouverts dans une banque à Dubaï.

«Je suis entré dans la police pour lutter contre la criminalité organisée, le grand banditisme», a expliqué Neyret parlant de sa vie professionnelle comme d'«une passion».

«90% des affaires de grand banditisme m'ont été apportées par des informateurs, c'était le seul moyen d'être efficace», a-t-il expliqué en parlant «d'un culte de l'informateur». «Oui, tous mes informateurs étaient défavorablement connus des services de police mais c'était précisément ce qui les rendait efficaces», a-t-il justifié.

«Mais quand on regarde le dossier, on se demande qui était l'informateur de qui», s'est interrogé le président de la Cour en se référant aux informations confidentielles fournies par Neyret à certains «indics» qui, en échange, ne lui ont pas donné de renseignements mais des cadeaux: montre de luxe, voyages, espèces...

«Je n'aurais pas dû accepter», a-t-il reconnu. «Je leur donnais des informations pour qu'ils aient confiance en moi. Certains indics ont mis des années à me procurer de belles affaires», a-t-il justifié. Le procès est prévu jusqu'au 11 avril.

(AFP)

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