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Droits humainsL'Arabie Saoudite défend sa «justice pour tous»

En réponse aux critiques d'une ministre suédoise liées à la flagellation du blogueur Raef Badaoui, Ryad a répliqué que «la liberté d'expression est garantie pour tous à l'intérieur du cadre de la charia».

L'Arabie Saoudite est le seul pays au monde où les femmes n'ont pas le droit de conduire.

L'Arabie Saoudite est le seul pays au monde où les femmes n'ont pas le droit de conduire.

AFP

L'Arabie saoudite a assuré lundi 16 mars garantir une «justice pour tous», en réponse aux critiques proférées par la ministre suédoise des Affaires étrangères à la suite de la flagellation du blogueur Raef Badaoui.

Margot Wallström avait dénoncé début mars les «méthodes moyenâgeuses» de la justice saoudienne contre Raef Badaoui, flagellé pour «insulte envers l'islam».

Ryad avait alors qualifié d'«ingérence flagrante» ces déclarations et rappelé son ambassadeur à Stockholm.

Égalité entre les sexes

Le gouvernement saoudien a «renouvelé (lundi) sa condamnation de ces déclarations insultantes». Le système judiciaire du royaume est «basé sur l'islam et assure la justice pour tous», a affirmé le ministre de la Culture et de l'Information Adel ben Zaid al-Toraifi à l'agence de presse officielle SPA.

«La liberté d'expression est garantie pour tous à l'intérieur du cadre de la charia», la loi islamique, a-t-il encore dit.

«En ce qui concerne les droits des femmes, la charia islamique assure l'égalité entre les sexes» et les Saoudiennes «ont fait des progrès significatifs dans de nombreux domaines, tout en maintenant leur identité arabe et islamique», a assuré SPA.

Le blogueur saoudien Raef Badaoui a été condamné en novembre à 1000 coups de fouet pour «insulte à l'islam». Il en a reçu 50 en janvier, mais aucune séance de flagellation n'a depuis eu lieu.

Discours sur les droits des femmes annulé

Le 9 mars, Margot Wallström avait affirmé avoir dû annuler, sous la pression de l'Arabie saoudite, un discours qu'elle devait prononcer au Caire devant la Ligue arabe.

Dans ce discours, elle ne mentionnait à aucun moment l'Arabie saoudite mais évoquait entre autres la question des droits de l'Homme et des femmes. «Les droits des femmes ne bénéficient pas seulement aux femmes, mais à la société dans son ensemble», avait-elle notamment écrit.

L'Arabie, qui applique une interprétation rigoriste de l'islam, est le seul pays au monde où les femmes n'ont pas le droit de conduire. Les Saoudiennes doivent aussi obtenir l'autorisation d'un proche parent de sexe masculin pour travailler, se marier et voyager.

(AFP)

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