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Nations-UniesL'Arabie saoudite refuse d'entrer au Conseil de sécurité

Face à l'impuissance de cette instance de l'ONU, l'Arabie saoudite a refusé le siège qui lui revenait.

Keystone

Élue membre du Conseil de sécurité par l'Assemblée générale des Nations unies, l'Arabie saoudite a refusé vendredi de prendre son siège. Le poids lourd pétrolier souhaite ainsi protester contre l'impuissance de cette instance à agir, résoudre les conflits et réclame des réformes de son fonctionnement.

«Le royaume estime que la méthode et le mécanisme de travail du Conseil et sa politique de deux poids deux mesures l'empêchent d'assumer convenablement ses responsabilités concernant la paix mondiale», a déclaré vendredi le ministère saoudien des Affaires étrangères dans un communiqué diffusé par l'agence de presse SPA.

Il estime par ailleurs que le fait «de permettre au régime en place en Syrie de tuer son peuple et de le brûler à l'arme chimique au vu et au su du monde entier sans sanctions dissuasives est une preuve claire de l'impuissance du Conseil de sécurité à accomplir son devoir et à assumer ses responsabilités».

Echecs au Proche-Orient

Le communiqué souligne en outre que «la question palestinienne demeure depuis 65 ans sans règlement». Il déplore aussi que le Conseil ait «échoué» à débarrasser le Proche-Orient des armes de destruction massive, faisant allusion à l'Iran et à Israël.

Lors de la session de l'Assemblée générale de l'ONU fin septembre, le ministre saoudien des Affaires étrangères Saoud al-Fayçal avait déjà refusé de s'exprimer à la tribune pour protester contre l'inertie du Conseil en Syrie et dans les Territoires palestiniens.

Le Conseil de sécurité est en effet divisé sur la guerre civile en Syrie, Moscou et Pékin ayant bloqué à trois reprises des résolutions condamnant la répression du soulèvement contre le président Bachar al Assad. L'Arabie saoudite soutient les rebelles.

Tournus de deux ans

L’assemblée générale des Nations Unies a élu jeudi cinq nouveaux membres au Conseil de sécurité dont l'Arabie saoudite, poids lourd pétrolier élu pour la première fois, le Tchad et le Nigeria, critiqués par plusieurs ONG pour leur bilan en matière de droits de l'homme, ainsi que le Chili et la Lituanie.

Le Conseil de sécurité compte quinze membres dont cinq permanents dotés d'un droit de veto: les États-Unis, la Chine, la Russie, la France et la Grande-Bretagne. Les cinq pays élus jeudi doivent remplacer à partir du 1er janvier prochain et pour deux ans l'Azerbaïdjan, le Guatemala, le Pakistan, le Maroc et le Togo.

Moscou critique le refus de l'Arabie saoudite

La Russie a critiqué vendredi la décision de l'Arabie saoudite de refuser d'entrer au Conseil de sécurité de l'ONU. Moscou a jugé «particulièrement étranges» les critiques émises en pleine crise syrienne. «Nous sommes étonnés par la décision sans précédent de l'Arabie saoudite», a déclaré le ministère russe des Affaires étrangères. «Les reproches faits au Conseil de sécurité de l'ONU dans le contexte de la crise syrienne paraissent particulièrement étranges», a ajouté le ministère.

(ats)

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