10.03.2020 à 08:59

RécessionL'Argentine restructure sa dette publique

Buenos Aires doit 121,9 milliards, soit 35% de son PIB, aux détenteurs d'obligations privés et 72,6 milliards, 21,4% du PIB,aux organismes multilatéraux et bilatéraux, dont le FMI.

Une Argentine passe devant une campagne de propagande qui prône la rupture avec la FMI et scande «Je ne paierai pas un centime de plus pour la dette».

Une Argentine passe devant une campagne de propagande qui prône la rupture avec la FMI et scande «Je ne paierai pas un centime de plus pour la dette».

Keystone

Le gouvernement argentin a publié ce mardi le décret ouvrant la voie à la restructuration de 68,8 milliards de dollars de dette publique du pays.

Buenos Aires souhaite retarder l'échéance sur certains de ses emprunts, mais aussi trouver un accord avec des créanciers privés pour en réduire le montant.

Le 4 mars, le gouvernement avait indiqué avoir choisi les banques d'affaires HSBC, Lazard et Bank of America pour l'assister dans ce processus.

Le gouvernement estime ne pas avoir d'autre choix, dans un contexte de récession, que de réduire le poids de cette dette qui s'élève à 311 milliards de dollars et représente plus de 90% du produit intérieur brut, dont plus de 30 milliards de dollars de remboursements à effectuer d'ici la fin mars.

Cela inclut un prêt de sauvetage du Fonds monétaire international (FMI) de 57 milliards de dollars, très impopulaire, négocié par le président Mauricio Macri, en 2018, prédécesseur de centre-droit d'Alberto Fernandez.

Ce dernier, un péroniste de centre-gauche entré en fonction en décembre, a fait de cette restructuration l'un des éléments essentiels de sa politique économique.

La dette totale de l'Argentine inclut 121,9 milliards (35% du PIB) aux détenteurs d'obligations privés et 72,6 milliards (21,4% du PIB) aux organismes multilatéraux et bilatéraux, dont le FMI.

Rigueur budgétaire insuffisante

Le FMI avait affirmé en février que selon son analyse, la dette était en effet trop lourde pour être remboursée dans les conditions prévues actuellement, car cela nécessiterait une rigueur budgétaire qui ne serait «ni politiquement, ni économiquement faisable».

Ce décret intervient au lendemain d'un plongeon de la Bourse de Buenos Aires, avec une baisse de 13,75% de l'indice Merval et des pertes d'environ 15% sur les obligations argentines négociées à New York.

L'indice du risque pays, évalué par la banque JP Morgan, a dépassé 2.700 points, son plus haut niveau en 15 ans.

L'Argentine est en récession depuis 2018, le pays connaissant une forte inflation (53,8% en 2019) et une augmentation de la pauvreté (taux de 40%) et du chômage (10,4%).

(AFP)

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