Moyen-Orient: L'armée américaine va rester en Syrie

Actualisé

Moyen-OrientL'armée américaine va rester en Syrie

Rex Tillerson a affirmé mercredi que l'armée américaine allait rester en Syrie afin de vaincre l'EI et de contrer l'Iran et Assad.

1 / 150
Des dizaines de milliers de civils déplacés sont rentrés dimanche chez eux dans le sud syrien à la faveur d'un accord entre les rebelles et le régime de Bachar al-Assad. (Dimanche 8 juillet 2018)

Des dizaines de milliers de civils déplacés sont rentrés dimanche chez eux dans le sud syrien à la faveur d'un accord entre les rebelles et le régime de Bachar al-Assad. (Dimanche 8 juillet 2018)

Keystone
L'EI annonce la mort d'un fils de son chef en Syrie. (Mardi 3 juillet 2018)

L'EI annonce la mort d'un fils de son chef en Syrie. (Mardi 3 juillet 2018)

Keystone
Plus d'un quart de million de Syriens ont déjà fui l'offensive du régime sur les régions rebelles du sud de la Syrie, selon l'ONU. (Lundi 2 juillet 2018)

Plus d'un quart de million de Syriens ont déjà fui l'offensive du régime sur les régions rebelles du sud de la Syrie, selon l'ONU. (Lundi 2 juillet 2018)

Keystone

L'armée américaine va rester en Syrie jusqu'à ce que le groupe djihadiste Etat islamique (EI) soit totalement vaincu. Elle compte aussi y contrer l'influence iranienne et, au bout du compte, aider à chasser le président Bachar el-Assad.

«Il est crucial, pour notre intérêt national, de maintenir une présence militaire et diplomatique en Syrie», a affirmé mercredi le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson lors d'un discours sur la politique américaine face à ce conflit prononcé à Stanford, en Californie.

La mission militaire continuera d'avoir comme objectif prioritaire «que l'EI ne refasse pas surface», a-t-il dit. «L'EI a actuellement un pied dans la tombe, et en gardant une présence militaire américaine en Syrie, il en aura bientôt deux», a-t-il estimé. Il a appelé à ne pas «faire la même erreur qu'en 2011», lorsque «un départ prématuré d'Irak a permis à Al-Qaïda de survivre» dans ce pays avant de muer pour donner vie au groupe Etat islamique.

Stratégie détaillée

Selon le chef de la diplomatie américaine, «un désengagement américain» fournirait à l'Iran, bête noire de l'administration de Donald Trump, «une occasion en or de renforcer encore davantage ses positions en Syrie». Téhéran y soutient déjà le régime al-Assad. «Nous devons nous assurer que la résolution de ce conflit ne permette pas à l'Iran de se rapprocher de son grand objectif, le contrôle de la région», a-t-il martelé.

De nombreux observateurs reprochaient à l'administration Trump de n'avoir aucune stratégie pour la Syrie maintenant que la guerre contre l'EI touche à sa fin et que Damas, soutenu par ses alliés russes et iraniens, a repris le dessus sur ses opposants. Or dans son discours mercredi Rex Tillerson a pour la première fois fait le lien entre la présence américaine et la nécessité d'aboutir au départ de Bachar el-Assad.

«Un retrait total du personnel américain à ce stade aiderait Assad à continuer de brutaliser son propre peuple», a-t-il justifié. Or «une Syrie stable, unie et indépendante nécessite, in fine, un leadership post-Assad pour voir le jour», a-t-il insisté, estimant qu'un «départ» du président syrien, dans le cadre du processus de paix sous l'égide de l'ONU, «créera les conditions pour une paix durable».

Rex Tillerson a fait valoir qu'une «présence américaine sur la durée» va «aussi aider des autorités civiles locales et légitimes à exercer une gouvernance responsable dans leurs zones libérées» de l'EI.

«Ce changement finira par se produire»

Mettant l'accent à plusieurs reprises sur la nécessité d'un «départ» du président syrien ou d'une Syrie «post-Assad», le ministre américain des Affaires étrangères a réaffirmé que les Etats-Unis ne donneraient pas un dollar pour la reconstruction dans les zones contrôlées par le régime de Damas et incitent leurs alliés à en faire autant.

«En revanche, nous allons encourager l'aide internationale pour la reconstruction des régions libérées de l'EI par la coalition» des alliés de Washington «et ses partenaires locaux», a-t-il prévenu. L'espoir américain, a-t-il détaillé, est que le «désir d'un retour à une vie normale» incitera les Syriens, y compris au sein du régime, à pousser Bachar el-Assad vers la sortie.

Et si son départ n'est plus un préalable pour les Etats-Unis, Rex Tillerson s'est dit persuadé que des élections libres et transparentes, avec la participation de la diaspora et de tous ceux qui ont fui le conflit, «aboutiront au départ définitif d'Assad et de sa famille du pouvoir». Cela «prendra du temps», «mais ce changement finira par se produire», a-t-il assuré.

Terrorisme: fort recul du nombre de morts en Syrie et Irak en 2017

Au total en 2017, 3378 individus ont trouvé la mort en Irak à la suite d'attaques terroristes, soit un recul de 60% par rapport à 2016, une année particulièrement meurtrière, avec 8437 décès, indique le rapport publié jeudi par le Centre international d'analyse du terrorisme Jane (JTIC), basé à Londres. En Syrie, le nombre de morts a baissé de 44% l'année dernière, avec 3641 décès, contre 6477 en 2016.

Washington assure ne pas créer une «armée» kurde en Syrie

Les Etats-Unis fournissent un entraînement à leurs alliés kurdes des Forces démocratiques syriennes (FDS), mais n'entendent pas en faire une nouvelle armée, a assuré mercredi le Pentagone, dans un geste d'apaisement envers la Turquie.

Dimanche, le porte-parole de la coalition internationale antijihadiste, le colonel Ryan Dillon, avait indiqué que la coalition oeuvrait à la création d'une force frontalière de 30'000 hommes en Syrie. Ces propos avaient provoqué la colère du président turc Recep Tayyip Erdogan, qui a menacé lundi de «tuer dans l'oeuf» cette force frontalière.

(ats)

Ton opinion