Actualisé 25.01.2019 à 01:34

VenezuelaL'armée appuie Nicolas Maduro

Le président vénézuélien s'appuie sur l'armée pour contrecarrer le soutien international apporté au président du Parlement Juan Guaido.

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LEs services de renseignements vénézuéliens ont mené une perquisition dans les bureaux du chef de l'opposition Juan Guaido, actuellement en Europe. (Mardi 21 janvier 2020)

LEs services de renseignements vénézuéliens ont mené une perquisition dans les bureaux du chef de l'opposition Juan Guaido, actuellement en Europe. (Mardi 21 janvier 2020)

AFP
Le secrétaire d'État américain a appelé à en «finir avec la tyrannie» de celui qu'il ne considère plus comme le président du Venezuela. (Lundi 20 janvier 2020)

Le secrétaire d'État américain a appelé à en «finir avec la tyrannie» de celui qu'il ne considère plus comme le président du Venezuela. (Lundi 20 janvier 2020)

AFP
L'opposant Juan Guaido s'est rendu dimanche en Colombie pour rencontrer le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo. (19 janvier 2020)

L'opposant Juan Guaido s'est rendu dimanche en Colombie pour rencontrer le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo. (19 janvier 2020)

AFP

Le président vénézuélien Nicolas Maduro a reçu jeudi l'appui de l'armée pour contrer le soutien international apporté au président du Parlement Juan Guaido. Autoproclamé la veille «président» par intérim, celui-ci a été reconnu par les États-Unis et leurs alliés.

Les Etats-Unis ont ordonné jeudi le départ du personnel «non essentiel» de leurs missions diplomatiques au Venezuela. Dans une «alerte de sécurité» publiée sur un site du département d'Etat américain, l'administration de Donald Trump demande également aux ressortissants américains résidant ou voyageant au Venezuela d'«envisager sérieusement» de quitter ce pays. «Le gouvernement des Etats-Unis n'est en mesure de fournir des services d'urgence aux ressortissants américains au Venezuela que de manière limitée», prévient la diplomatie américaine.

Le ministre de la Défense brésilien, le général Vladimir Padrino, a dénoncé lors d'une conférence de presse, où il est apparu entouré de tout le haut-commandement militaire, un «coup d'État» de la part du président du Parlement. «J'alerte le peuple du Venezuela qu'un coup d'État est perpétré contre les institutions, contre la démocratie, contre notre Constitution, contre le président Nicolas Maduro, notre président légitime», a déclaré le ministre.

«Loyaux toujours, traîtres jamais»

Huit généraux qui commandent des régions stratégiques du pays ont assuré peu auparavant leur «loyauté et subordination absolue» au président dans des messages diffusés par la télévision d'État.

«Loyaux toujours, traîtres jamais», ont lancé certains en terminant leur allocution, où ils n'ont pas manqué de faire allusion à l'ex-président socialiste Hugo Chavez (1999-2013). Lundi, une brève tentative de soulèvement d'un groupe de militaires avait été rapidement réprimée.

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a appelé jeudi au «dialogue» pour empêcher une «escalade menant à un conflit qui serait un désastre pour la population du pays et pour la région».

Soutien russe et chinois

Outre l'armée, Nicolas Maduro a reçu le soutien de ses alliés russe et chinois, qui ont dénoncé les «ingérences extérieures» au Venezuela. Le président russe Vladimir Poutine a exprimé son «soutien» à M. Maduro dans un entretien téléphonique. Cuba et le Mexique ont aussi maintenu leur appui.

De son côté, Juan Guaido, qui se trouvait jeudi «à l'abri» dans un lieu qui n'a pas été précisé, selon une source au sein de l'opposition, continuait à recevoir des messages de soutien de dirigeants d'Amérique et de l'Union européenne (UE), parmi lesquels le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez. Londres a affirmé par la voix de son ministre des Affaires étrangères Jeremy Hunt que Maduro «n'est pas le dirigeant légitime du Venezuela».

Mercredi, devant une foule de partisans de l'opposition, qui ont manifesté par dizaines de milliers contre Nicolas Maduro, Juan Guaido, 35 ans, s'est autoproclamé «président en exercice» du pays, en vue d'installer un «gouvernement de transition» et d'organiser des «élections libres».

Le gouvernement compte également sur la Cour suprême qui devrait se réunir jeudi. Peu avant la proclamation de M. Guaido, la plus haute juridiction du pays, composée de fidèles au régime, avait annoncé avoir ordonné une enquête pénale contre les membres du Parlement en les accusant d'usurper les prérogatives du président.

Nicolas Maduro est le «président légitime» du Venezuela, a déclaré jeudi le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, en dénonçant «l'usurpation de pouvoir» par l'opposition dont le dirigeant, le président du Parlement Juan Guaido, s'est autoproclamé «président» par intérim.

Le Parlement a approuvé mardi une promesse d'«amnistie» aux militaires qui refuseraient de reconnaître le nouveau mandat de Maduro, défiant la Cour suprême laquelle a déclaré nulles toutes ses décisions.

Putsch dans la rue

Mercredi, jour anniversaire de la chute de la dictature de Marcos Perez Jimenez en 1958, M. Guaido avait lancé devant des dizaines de milliers de partisans anti-Maduro à Caracas: «Je jure d'assumer formellement les compétences de l'exécutif national comme président en exercice du Venezuela pour parvenir (...) à un gouvernement de transition et obtenir des élections libres».

Le président américain Donald Trump, suivi par plusieurs alliés latino-américains, a immédiatement annoncé reconnaître officiellement M. Guaido comme «président par intérim du Venezuela».

L'Union européenne a réclamé des élections «libres», sans suivre à ce stade Washington. Pour Madrid, des élections seraient «l'unique» solution «possible» pour sortir de la crise.

La Russie dénonce une ingérence

La Russie a en revanche dénoncé le soutien international apporté à Juan Guaido, fustigeant une «ingérence étrangère» qu'elle considère comme une «voie vers l'arbitraire et le bain de sang». «Nous appelons les hommes politiques vénézuéliens raisonnables, opposés au gouvernement légitime de N. Maduro, à ne pas devenir les pions d'une partie d'échecs étrangère», selon le ministère russe des Affaires étrangères.

Le président américain Donald Trump, suivi par plusieurs alliés latino-américains dont le Brésil et la Colombie, a immédiatement annoncé reconnaître officiellement M. Guaido comme «président par intérim du Venezuela». L'Union européenne a réclamé des élections «libres», sans suivre à ce stade Washington.

M. Maduro a immédiatement annoncé la rupture des relations diplomatiques avec Washington, donnant 72 heures à ses représentants diplomatiques pour quitter le pays. Des milliers de Vénézuéliens exilés ont manifesté mercredi dans les capitales latino-américaines ainsi qu'à Madrid, New York ou Washington dans l'espoir d'une chute prochaine de M. Maduro.

Le secrétaire général de l'Organisation des Etats américains (OEA), Luis Almagro, a assuré à Juan Guaido «sa reconnaissance pour impulser le retour de la démocratie dans ce pays». Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo a appelé jeudi l'Organisation des Etats américains (OEA) à reconnaître Juan Guaido comme «président par intérim du Venezuela», sans toutefois obtenir l'unanimité des 34 pays membres actifs de cette institution. Outre le Brésil et la Colombie, neuf autres pays membres du groupe de Lima ont dit reconnaître M. Guaido: Argentine, Canada, Chili, Costa Rica, Guatemala, Honduras, Panama, Paraguay et Pérou.

Le Mexique, lui, a maintenu son soutien à M. Maduro. Cuba a fait part de son «ferme soutien» face à une «tentative de coup d'État». Et le président turc Recep Tayyip Erdogan a téléphoné à M. Maduro pour le soutenir.

Maduro annonce la fermeture de l'ambassade du Venezuela aux USA

Le président vénézuélien Nicolas Maduro a annoncé jeudi la fermeture de l'ambassade et de tous les consulats de son pays aux Etats-Unis, après avoir rompu les relations diplomatiques avec Washington qui a reconnu l'opposant Juan Guaido comme président par intérim.

«J'ai décidé de rappeler tout le personnel diplomatique (...) et de fermer notre ambassade et tous nos consulats aux Etats-Unis», a déclaré devant la Cour suprême le chef de l'Etat vénézuélien, qui a accusé Washington d'inciter Juan Guaido à perpétrer un coup d'Etat.

les USA réclament une réunion du Conseil de sécurité

Les Etats-Unis ont demandé une réunion d'urgence samedi du Conseil de sécurité sur la situation au Venezuela, a-t-on appris jeudi de sources diplomatiques.

Malgré l'opposition déclarée de la Russie à une réunion sur un sujet «interne» au Venezuela et qui ne menace pas la paix et la sécurité internationales, selon Moscou, Washington a précisé souhaiter une rencontre «publique», selon les mêmes sources.

(AFP)

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