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SyrieL'armée arrache un bastion aux rebelles

L'armée syrienne a affirmé dimanche contrôler Qousseir, une place forte des rebelles dans le centre du pays. Cette ville se trouve dans un secteur clé pour le régime.

Durant la seule journée de dimanche, bombardements et combats ont fait 52 morts à Qousseir.

Durant la seule journée de dimanche, bombardements et combats ont fait 52 morts à Qousseir.

Keystone

Depuis plusieurs semaines, l'armée tente de reprendre la ville de 25'000 habitants située sur l'axe stratégique reliant la capitale au littoral et qui échappe à son contrôle depuis plus d'un an. Les militaires reçoivent l'appui du Hezbollah libanais et des miliciens pro-régime.

La télévision d'Etat a précisé que l'armée poursuivait "les terroristes dans la ville", selon la terminologie utilisée par le régime pour désigner les rebelles. "Si l'armée parvient à contrôler Qousseir, c'est toute la province de Homs qui tombe" aux mains du régime, a estimé Rami Abdel Rahmane, directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Raids aériens intensifs

Le secteur a une importance stratégique pour le gouvernement de Damas. Celui-ci veut assurer la liaison entre la plaine libanaise de la Bekaa, bastion du Hezbollah, et les régions de la côte syrienne où vivent de nombreux alaouites, membres d'une branche du chiisme à laquelle appartient le président syrien Bachar al-Assad.

Durant la seule journée de dimanche, bombardements et combats ont fait 52 morts à Qousseir, dont trois femmes, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), qui s'appuie sur un réseau de militants et de sources médicales. Au moins quatre combattants du Hezbollah libanais ont été tués, , selon une source proche du mouvement chiite.

Des combats acharnés ont ensuite éclaté aux entrées de la ville défendue par les rebelles face aux chars de l'armée et aux combattants du Hezbollah chiite. Cet allié indéfectible de Damas "joue un rôle central dans la bataille", a indiqué M. Abdel Rahmane.

Le Conseil national syrien (CNS), principale composante de l'opposition, a dénoncé "les tentatives de faire disparaître la ville et ses habitants de la carte". Il a appelé à une réunion urgente de la Ligue arabe en vue d'"arrêter le massacre".

Entretien de Bachar al-Assad

L'assaut est intervenu au lendemain d'un rare entretien de M. al-Assad dans lequel il a martelé son refus de quitter le pouvoir avant l'élection présidentielle de 2014. Le chef d'Etat a même laissé entendre qu'il serait candidat à sa propre succession.

Il s'est en outre dit sceptique quant à la conférence internationale prévoyant un dialogue opposition-régime. Cette rencontre est voulue par Moscou et Washington pour trouver une solution au conflit qui a fait plus de 94'000 morts depuis mars 2011, selon l'OSDH. Le comité de la Ligue arabe sur la Syrie se réunira d'urgence jeudi, dans la perspective de cette conférence de paix internationale.

De son côté, l'opposition décidera le 23 mai de sa participation. Elle a estimé que le silence de la communauté internationale sur l'assaut de Qousseir risquait de "faire perdre tout sens à toute conférence et à tout effort de paix".

Israël pas inactif

Moscou, grand allié d'Assad à qui il fournit des armes, plaide pour son maintien jusqu'à une élection. Washington a réclamé à plusieurs reprises son départ. Un retrait de Bachar al-Assad est posé comme condition sine qua non par l'opposition à toute initiative de paix.

De son côté, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déclaré qu'Israël "agit" pour empêcher le transfert via la Syrie d'armes sophistiquées au Hezbollah libanais. Ces remarques interviennent deux semaines après deux raids aériens israéliens près de Damas.

Ils visaient, selon un haut responsable israélien, à empêcher un transfert d'armes iraniennes au Hezbollah, allié du président Bachar al-Assad.

(ats/reuters/afp)

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