31.01.2013 à 17:32

MaliL'armée française pilonne Kidal sur la piste des otages?

La France a procédé à des frappes aériennes sur des sites des groupes islamistes à une centaine de kilomètres au nord de Kidal, dans le nord-est du Mali, où pourraient se trouver les sept otages français enlevés.

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Le président français va se rendre à Tombouctou où il ira saluer les troupes franco-maliennes. (1er février 2013)

Le président français va se rendre à Tombouctou où il ira saluer les troupes franco-maliennes. (1er février 2013)

AFP
Les petits vendeurs se préparent à la venue du président français. (1er février 2013)

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Les vendeuses de fruits prêtes à accueillir François Hollande. (1er février 2013)

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Les otages français se trouveraient probablement près de Kidal, où se trouve l'armée française.

Pendant ce temps, Human Rights Watch demande l'envoi d'observateurs internationaux pour enquêter sur les actes de représailles de l'armée malienne.

La région d'Aguelhok a été la cible de l'aviation française, a indiqué le ministère de la Défense. «Les objectifs visés étaient des centres de commandement, des dépôts logistiques, des centres d'entraînement», a précisé le porte-parole de l'état-major français, le colonel Thierry Burkhard. Selon le ministre Jean-Yves Le Drian, le but à terme est de pouvoir «sécuriser» Kidal.

Mercredi déjà, un détachement des forces spéciales françaises avait pris sans combattre le contrôle de l'aéroport de Kidal, ancien fief du groupe islamiste Ansar Dine situé à 1500 km au nord-est de Bamako, mais une tempête de sable avait perturbé les opérations.

Jeudi, 1400 militaires tchadiens se dirigeaient vers Kidal, alors que plus au sud une colonne franco-malienne de blindés et de véhicules 4x4, partie de Gao, prenaient route vers Bourem. Des combattants islamistes auraient été repérés dans des villages de cette zone.

Côté bilan, entre deux et quatre soldats maliens, selon des sources divergentes, ont été tués jeudi par une mine au passage de leur véhicule, entre les villes de Hombori et Gao. «On soupçonne les islamistes d'avoir posé cette mine. C'est arrivé dans une zone qu'ils contrôlaient», a indiqué une source malienne de sécurité.

C'est à Hombori que deux Français avaient été enlevés par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) à fin 2011. «Il est probable» que les otages français, au nombre total de sept, «soient dans la région» du massif des Ifoghas au nord de Kidal, a déclaré Jean-Yves Le Drian.

Zone de repli

Après Gao et Tombouctou, reprises en moins de trois jours entre vendredi et lundi passés, Kidal était une autre grande ville du nord encore aux mains des groupes armés. La ville venait de passer sous le contrôle du Mouvement islamique de l'Azawad (MIA, dissident d'Ansar Dine) et du Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA, rébellion touareg) quand les Français sont arrivés.

Plusieurs experts militaires pensent que c'est dans les montagnes des Ifoghas, justement dans la région de Kidal, berceau des Touareg, que chefs et combattants des groupes liés à Al-Qaïda se sont repliés après avoir fui les raids sur Gao et Tombouctou.

La région d'Aghelhok, dans l'Adrar des Ifoghas, est, selon le colonel Burkard, «assez logiquement une zone de repli des groupes terroristes qui sont en train de remonter vers le nord», selon lui.

Sur Radio France International (RFI), le président malien par intérim, Dioncounda Traoré, s'est de son côté interrogé sur la stratégie des groupes islamistes, se demandant «pourquoi il n'y a pas eu de combats et ce que l'adversaire mijote». Les islamistes «se sont retirés des grandes villes pour ne pas se trouver coincés et ont dû se retirer pas très loin des agglomérations», a-t-il dit.

Représailles

Les ministres européens des affaires étrangères, réunis à Bruxelles, ainsi que l'organisation des droits de l'Homme Human Rights Watch (HRW) se disent, eux, préoccupés par des «meurtres et disparitions à titre de représailles» imputés aux forces armées maliennes. Ces exactions viseraient des populations touareg ou arabe. L'ONG a demandé l'envoi d'observateurs internationaux.

Des organisations internationales comme l'Union africaine (UA) doivent «exercer de réelles pressions» sur les forces maliennes pour qu'elles respectent les droits élémentaires», selon Kenneth Roth, directeur de HRW.

L'ONG a aussi dénoncé «l'application dans sa forme extrême de la charia» dans le nord, HRW citant «des exécutions, des amputations et la destruction de biens culturels».

Enfin, revenant sur la récente attaque du site gazier d'In Amenas, en Algérie, la compagnie pétrolière norvégienne Statoil a confirmé jeudi avoir perdu un cinquième employé norvégien dans cette tragédie, après l'identification de son dernier employé encore porté disparu.

(ats/afp)

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