30.05.2012 à 22:40

SyrieL'armée pilonne à nouveau Houla et fait plus de 60 morts

L'armée syrienne bombardait de nouveau mercredi soir Houla, faisant 62 morts, dans cette localité où plus de 100 personnes ont été tuées la semaine dernière.

Les habitants de Houla fuient la ville, craignant de nouveaux massacres.

Les habitants de Houla fuient la ville, craignant de nouveaux massacres.

AFP

Ces violences meurtrières à Houla interviennent malgré les mises en garde internationales.

La principale coalition de l'opposition, le Conseil national syrien (CNS), a accusé la Russie d'encourager le régime de Bachar al-Assad à commettre des «crimes sauvages» après les critiques de Moscou contre les sanctions diplomatiques prises en Occident pour protester contre l'escalade de la violence en Syrie.

L'armée bombardait à l'artillerie lourde Houla, - où 108 personnes ont été tuées vendredi et samedi et 300 blessées - a indiqué le CNS en appelant les observateurs de l'ONU à se rendre dans cette localité du centre de la Syrie et à (...) «protéger les civils qui s'y trouvent encore».

Les habitants prennent la fuite

Les quelque 300 observateurs de l'ONU déployés en Syrie n'arrivent pas à faire respecter un cessez-le-feu préconisé par le plan de paix de l'émissaire international pour la Syrie Kofi Annan, entré théoriquement en vigueur le 12 avril, mais systématiquement ignoré.

L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) a affirmé que «les habitants fuient vers d'autres villages de la région de Houla, par peur de nouveaux massacres», faisant état de colonnes de fumée s'élevant au-dessus du village de Taldo, cible de bombardements.

Mardi 98 personnes ont péri, dont 13 exécutées sommairement à Deir Ezzor (à l'est du pays), dont les corps ont été découverts mercredi. Le chef des observateurs de l'ONU, le général Robert Mood, s'est dit «profondément perturbé» par cette découverte macabre.

Sanctions diplomatiques

En représailles au carnage de Houla, le Japon et la Turquie ont emboîté le pas à de nombreux pays occidentaux en annonçant l'expulsion des diplomates syriens de leurs capitales.

Les rebelles syriens ont de leur côté réagi en donnant 48 heures, mercredi, au président Bachar al-Assad pour appliquer le plan Annan sous peine d'en supporter les conséquences. «Il prend fin vendredi à 12h00 (11h00 en Suisse)», ont-ils averti.

Au Conseil de sécurité de l'ONU, les divisions ont resurgi. Le président français François Hollande, qui reçoit vendredi son homologue russe Vladimir Poutine, a fait part de son ambition d'infléchir la position russe.

François Hollande a relancé le débat sur une intervention militaire, sous mandat de l'ONU, mais Pékin et Moscou ont immédiatement réitéré leur opposition à une telle opération.

Le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU tiendra une session spéciale vendredi sur la situation en Syrie, où les violences ont fait plus de 13'000 morts depuis le début de la contestation il y a plus de 14 mois, selon l'OSDH.

(ats/afp)

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